A l’heure où les débats entre pro et anti-homéopathie font rage, cette nouvelle vient sonner le glas d’une époque annonçant aussi du coup, les prémices d’une nouvelle ère au niveau de l’Université de l’Ille. En effet, le doyen de la faculté lilloise, a annoncé la suspension du cours sur l’homéopathie dès la rentrée universitaire 2018-2019 dans l’attente des résultats des travaux conduits par la Haute Autorité de la Santé (HAS) sur le sujet.

En attendant février 2019 qui accouchera certainement des conclusions de la HAS, la faculté de médecine de Lille ne sera plus en mesure de délivrer ce diplôme l’année prochaine. Pour le doyen de cette faculté, les raisons qui justifient la prise d’une telle décision sont évidentes. Pour lui : « on enseigne une médecine fondée sur les preuves ». Maintenir cet enseignement serait donc « le cautionner » a-t-il conclut par la suite.

La décision intervient presque au lendemain des distensions qui opposent les médecins homéopathes à 124 praticiens, signataires d’une tribune invitant l’ordre des médecins à bannir les médecines alternatives de l’univers de la médicine, les traitant surtout de « Fake Medecine ».

C’est donc dans ce contexte qu’intervient cette décision. On comprend dès lors pourquoi elle a suscité tant de polémiques.

Une décision pas si inédite

L’Université de Lille, par la voix de son doyen a pris la décision de suspendre les cours d’homéopathie alléguant un manque de rigueur scientifique dans la pratique, une existence en marge du mouvement scientifique et une insuffisance de preuves.

Mais, force est de constater qu’en réalité, l’Université de Lille n’est pas vraiment la première Université à prendre une décision de ce genre. En effet, il y a quelques années, en 2009 précisément, l’Université de Bordeaux avait déjà réussi à faire annuler les cours d’homéopathie. La faculté de médecine de cette ville ne forme plus désormais les homéopathes via un diplôme universitaire.

Tout commence en 2009, quand le doyen de cette faculté entre dans ses nouvelles fonctions. Il se pose alors un problème de reconnaissance. Il se faisait qu’aucun des enseignants qui délivraient les cours d’homéopathie n’étaient en réalité des universitaires. Dans ce contexte, l’Université a donc renoncé d’emblée à délivrer un diplôme universitaire dans cette spécialité n’étant pas garante du contenu des enseignements.

On peut donc lire dans la décision de l’Université de Lille de suspendre aussi le diplôme d’homéopathie, le désir de s’aligner un peu sinon d’intégrer complètement cette démarche. Les historiens parleraient de prémices là où des juristes auraient été tentés de parler de jurisprudence.

Cependant, à l’analyse de cette vague de négation du métier d’homéopathe, une question subsiste : quel avenir pour cette spécialité de la médecine ?

Vers une censure de la pratique

Est-on réellement en mesure de recaler l’homéopathie au rang des médecines alternatives ? On est parfaitement en droit de se poser cette question comme bien d’autres encore au vue de toute cette polémique sur la pratique et l’essence même de cette pratique médicale.

Mais, en quoi ne répond-t-elle pas aux exigences de la science ? Certains praticiens anti-homéopathie la traite de « dangereuse », de « fantaisiste», etc. Ce sont en réalité autant d’adjectifs qui ne sont pas caractéristiques de ces pratiques scientifiques ayant toutes des approches cartésiennes. Pour d’autres encore, détracteurs de l’activité en tant que profession médicale, cette pratique est basée sur des croyances promettant somme toute une guérison miraculeuse exempte de douleurs.

Dans ce rythme effréné, on n’en oublie certainement pas les cibles, qui sont les médecins homéopathes. Ces derniers évidemment tentent de se défendre des accusations pour lesquelles ils se constituent victimes et de faire abandonner dans le même temps, les soupçons qui pèsent sur toute la profession et qui n’augure rien de positif pour la suite. Mais, les choses sont loin d’être aussi simples surtout quand on peut constater la révolte des praticiens signataires de cette tribune contre les coûts qu’engendrent cette pratique, qu’ils traitent désormais de « Fake Med ».

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