La vague de protestation contre l’utilisation du glyphosate n’est pas prête de s’atténuer alors que se préparent bientôt de nouvelles plaintes (60) à l’endroit des différents fabricants et des décideurs européens qui en ont approuvé la reconduction.

A la mi-octobre, l’association de la campagne du glyphosate envisage à nouveau de saisir le tribunal de Foix (Ariège) en introduisant distinctement les plaintes nominatives : « mettre en danger la vie des autres » et « nuire à l’environnement ».

Le moins que l’on puisse dire c’est que cette polémique prend de l’ampleur alors même que précédemment, pour des motifs identiques, d’autres plaintes (8) avaient déjà été déposées le 15 juin dernier auprès de la même juridiction.

A l’origine, un produit, le pesticide Roundup de Monsanto, utilisé dans le cadre du jardinage par les professionnels de l’entretien. Ce produit contiendrait du glyphosate, un pesticide nuisible pour la santé. Celui-ci en serait même la substance principale.

Mais, au-delà du Roundup, ces plaintes s’adressent en réalité à toute l’industrie de fabrication de produits à base de glyphosate et aux différents décideurs en Europe mais aussi, de par le monde entier. Ainsi, sont conjointement concernés des particuliers, les membres de conseils d’administration de grands groupes fabricants de pesticides et différentes agences pour la sécurité alimentaire en France et en Europe.

Une bien triste histoire que celle du glyphosate

La campagne contre le glyphosate intervient alors même que des études scientifiques ont démontré récemment  le caractère dangereux de cet herbicide pour l’homme. En effet, en juin dernier, un juge fédéral américain a autorisé des centaines de plaintes accusant le pesticide du Groupe américain Monsanto (Roundup) d’être à la base de nombreux cas de cancers enregistrés.

Par ailleurs, le 10 août, un jury californien s’est prononcé en faveur d’un agent d’entretien (jardinier) souffrant d’un cancer en phase terminal contre Monsanto. Ce dernier devra lui verser en tout la somme 290 millions de dollars pour sa probable implication dans l’état de précarité sanitaire du jardinier par le fait de l’utilisation de son pesticide tueur d’herbes.

De nombreux cas de cancer aux Etats-Unis impliquant ce produit ont été enregistrés depuis l’année dernière. Mais, il s’emblerait qu’il ne s’agisse pas vraiment de cas isolés puisque d’autres découvertes vont suivre et donner lieu par la suite à ce qu’il serait opportun d’appeler le « scandale du glyphosate ».

En France, on assiste quelque peu à un scénario identique avec des cas d’empoisonnement au glyphosate, enregistrés sur des volontaires. On est alors en 2017, où une campagne a débuté en Ariège pour dénoncer le caractère cancérogène du produit de Monsanto pour l’homme.

Quelques volontaires (300) se sont livrés à des analyses d’urines. Le moins que l’on puisse dire à ce sujet, c’est que les résultats apparaissent tout de même inquiétants. Les prélèvements montrent un dosage très élevée de ce herbicide dans l’urine, soit 14 fois la dose autorisée dans de l’eau potable (0,1 ng / ml).

Les cas d’empoisonnement et d’autres cas encore sont légions et les plaintes à l’endroit de ce produit ne cessent d’être enregistrées dans toute l’Europe et aux Etats-Unis.

Un rapport détaillé de l’Organisation Mondiale de la Santé sur le glyphosate

La polémique sur le pesticide de Monsanto est née d’un rapport sur le glyphosate publié par l’Organisation Mondiale de la Santé en mars 2015. Elle y faisait clairement le lien entre l’utilisation du glyphosate et des risques de cancer. En effet, dans son rapport, l’OMS a déclaré que : « le glyphosate, très utilisé par les exploitants agricoles serait cancérogène ‘’probable’’ ».

A la suite de ce communiqué, les plaignants et détracteurs du glyphosates démontrent que les études épidémiologiques de l’OMS en la matière font état d’un risque accru de 50% du cancer des nœuds lymphatiques chez les personnes en contact permanant avec le glyphosate.

Mais, ce rapport ainsi que les résultats auxquels il aboutit n’ont visiblement pas entamé les ardeurs de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et celles de la Commission européenne qui a réaffirmé son soutien aux  différentes industries de fabrication de produits à base de glyphosate (notamment Monsanto) en se prononçant en faveur du renouvellement de son autorisation de commercialisation.

Des campagnes de boycott et de protestation

Avec ces nouvelles plaintes (60) qui vont être déposées à la mi-octobre prochaine en France, c’est tout un arsenal de protestations qui s’est enclenché partout en Europe. Les avis sont partagés sur la dangerosité de cet herbicide. Des voix s’élèvent donc pour dénoncer le mutisme et la position de la communauté internationale sur ce sujet.

Des ONG, défenseurs de l’environnement ont pris l’initiative d’introduire deux (2) pétitions auprès des autorités européennes à l’effet de bannir ce pesticide ou plus exactement le produit Roundup des usages. Ces moyens de pression sont d’autant plus importants que l’une des pétitions qui invite expressément – les gouvernements des pays membres de l’UE a voté contre le renouvellement de l’autorisation – a déjà réuni plus de 160.000 signatures. L’autre pétition dont l’objectif est la suspension de l’autorisation du glyphosate par les autorités en charge des politiques sanitaires et environnementales a réunie plus de 1,4 million de signatures.

Par ailleurs, d’autres associations comme le collectif d’ONG amené par l’organisation autrichienne Global 2000, sont également à pied d’œuvre pour faire annuler cette décision de la Commission européenne d’autoriser la commercialisation du glyphosate. Selon l’avocat de Global 2000, Josef Unterweger : « les autorités européennes et les industriels ont cherché, via des interprétations faussées d’analyses, à maintenir le glyphosate sur le marché ».

Ils dénoncent la mainmise de Monsanto et ont décidé de porter plainte contre le géant industriel ainsi que l’EFSA pour distorsion d’analyses scientifiques.

On assiste partout à des mouvements de protestations tant et si bien que certains Etats étudient vraiment la possibilité d’interdire l’utilisation du glyphosate dans ses différents usages. C’est le cas de la France, de l’Argentine, du Salvador et du Sri Lanka.

En France ou les plaintes n’ont pas arrêté de se multiplier, le gouvernement a décidé de ne pas rester insensible à la torpeur et aux alertes de sa population. D’ici l’horizon 2021, tous ces produits seront interdits d’utilisation. Par ailleurs, la société allemande Bayer qui a récemment racheté Monsanto est visée par une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Lyon pour « administration de substances nuisibles » suite à la découverte de glyphosate dans le miel.

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