La composition des produits intimes est mise en cause dans la dernière étude réalisée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Entre la présence des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) cancérogènes et de perturbateurs du système immunitaire, des pesticides tels que le lindane et le quintozène ou encore des dioxines et des furanes, substances hautement toxiques, la question est posée : est-ce qu’une utilisation régulière de serviettes hygiéniques et de tampons peut se révéler dangereuse ? Quelles sont les autres alternatives ?

Des substances toxiques identifiées

On sait que depuis 2000, l’utilisation de pesticides dans les procédés de fabrication de produits industriels est interdite, mais il semblerait que certains fabricants de serviettes hygiéniques ont fait l’impasse sur cet impératif. On retrouve en effet certains produits considérés comme étant toxiques mais pouvant aussi provoquer des réactions allergiques et des perturbations endocriniennes dans la composition des protections intimes. Dans son rapport publié le 19 juillet 2018, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) revient sur l’importance d’un suivi plus approfondi des matières premières utilisées pour la fabrication des serviettes hygiéniques, des tampons et des protège-slips. Pour en arriver à cette conclusion, l’Anses s’est appuyée sur les résultats de l’étude effectuée par les services de la Répression des fraudes (DGCCRF) et les analyses de 60 Millions de Consommateurs.

Même si le rajout de pesticides n’a pas été fait de manière intentionnelle, il reste que les fabricants doivent améliorer leurs procédés de fabrication et s’assurer que les matières premières ne soient pas contaminées par les pesticides. Pour information, les pesticides s’infiltrent dans les produits d’origine naturelle utilisés et c’est ainsi qu’ils se retrouvent dans les composants des protections féminines. Dans son rapport, l’Anse a évalué le risque sanitaire encouru pour l’utilisation régulière des serviettes hygiéniques et les résultats tendent à rassurer les consommateurs. La concentration de substances potentiellement cancérogènes de certaines molécules telles que le glyphosate ou les HAP dans les serviettes hygiéniques est apparemment faible, mais les effets perturbateurs endocriniens de certaines molécules restent tout de même à craindre, tout comme les risques d’allergie.

Mieux vaut prévenir que guérir

Face au mutisme et au manque de transparence des grandes marques de serviettes hygiéniques et de tampons sur les différents composants de leurs produits, l’Anses s’indigne et annonce qu’il est désormais impératif que la règlementation européenne soit durcie et s’accorde au modèle américain. Aux États-Unis, les protections intimes sont notamment classées comme étant des dispositifs médicaux, ce qui fait que leur commercialisation suit une règlementation spécifique. En France, tout est encore à faire et l’Anses déplore ce retard qui se ressent sur le confort et le bien-être des consommateurs qui n’ont aucune idée des effets secondaires de certains produits qu’ils utilisent régulièrement.

Dans les pages de son étude, l’Anses avance également que les fabricants doivent améliorer leurs procédés de fabrication et surtout, mentionner sans équivoque tous les composants contenus dans leurs produits sur leur emballage. À cela s’ajoutent des notices d’utilisation claires et faciles à comprendre. L’idée est de proposer des produits qui ne contiennent pas de composants toxiques susceptibles d’entrainer des réactions allergiques ou des problèmes de santé plus grave.

Quid des autres alternatives ?

Existe-t-il des alternatives sans résidus chimiques pour celles qui souhaitent abandonner la serviette hygiénique classique ? De plus en plus de marques indépendantes proposent des solutions bio, à ne citer que les serviettes hygiéniques lavables qui permettent à la fois de réduire son empreinte écologique et de profiter d’un meilleur confort. D’une part, comme elles sont fabriquées avec des fibres naturelles, on n’a plus à souffrir des irritations et autres inconforts dus aux substances chimiques dans les protections féminines classiques. D’autre part, une utilisation régulière de serviettes hygiéniques jetables n’est pas ce qu’il y a de plus écologique si l’on sait qu’il leur faut 500 ans pour se dégrader.

Enfin, il convient de rappeler que le plus grand des risques provoqués par l’utilisation de serviette hygiénique jetable est le syndrome du choc toxique. L’Anses évoque d’ailleurs le problème dans son rapport d’étude. Il semblerait que le port prolongé d’une serviette hygiénique classique ou d’un tampon risque de favoriser la croissance de la bactérie staphylocoque dorée, une bactérie déjà présente dans le vagin, et peut entrainer le syndrome du choc toxique (SCT). Même si la maladie est rare, il reste que vingt cas sont déclarés chaque année en France et qu’elle a valu au mannequin américain Lauren Wasser la perte de sa jambe gauche.

https://www.lemonde.fr/pollution/article/2018/07/19/des-substances-toxiques-dans-les-tampons-et-les-serviettes-hygieniques_5333356_1652666.html

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