Depuis leur mainmise sur le Puy du Fou, les de Villiers brassent des millions d’euros au nez et à la barbe de tous.

Après une carrière prématurée en politique, Philippe de Villiers s’est trouvé une nouvelle vocation qui lui réussit très bien. En une quarantaine d’années, Le Puy du Fou est devenu le 2e parc d’attractions français, avec 2,26 millions de visiteurs rien que pour l’année 2017. C’est un impressionnant succès qui le classe juste derrière Disneyland Paris et ses 14,8 million de visiteurs par an.

Le village historique, les restaurants, les spectacles et les hôtels ont permis au Puy-du-Fou de réaliser un chiffre d’affaires estimé à 117 millions d’euros pour la même année 2017. Cette évolution notable intervient au moment de la diversification du château en 2015 et de son développement à l’international, alors que le chiffre d’affaires à l’époque oscillait entre 7 et 9 millions d’euros.

Une machine bien huilée

Le spectacle du Puy du Fou fonctionne selon un système de bénévolat. C’est ce qu’on lit sur le site internet du château : « Cette aventure demeure à son origine une initiative privée autofinancée à 100 %. Le Puy du Fou n’a pas d’actionnaires une personne pas de subvention publique. C’est un groupe composé d’une association loi 1901 et d’une SAS. L’association organise la Cinéscénie et détient la SAS qui gère le grand parc. Ce modèle est l’une des forces du Puy du Fou à l’action conjuguée de 400 bénévoles à la Cinéscénie et plus de 2 150 employés permanent et saisonnier du grand parc. »

La réalité qui se cache derrière cette note est tout autre. Depuis que le château est la propriété de la famille De Villiers, de discrets montages sont réalisés pour verrouiller les structures du groupe. C’est Philippe de Villiers lui-même qui assure la présidence alors que son fils Nicolas est le président délégué et son frère Bertrand est devenu le patron de la radio alouette. Le contrôle total du conseil d’administration a permis à la famille de Villiers de dissoudre en 2012 le GIE créé depuis 1989.

La même année, Nicolas De Villiers est nommé président à la tête d’une grande partie des entités alors même que son père et son oncle siègent au conseil d’administration. L’Association Puy du Fou figure parmi les structures qu’il préside. Elle a perdu au fil du temps son pouvoir et son patrimoine à cause de la cession de ses parts au sein de la société mère du groupe. Cela a permis l’entrée discrète du château du Puy du Fou dans la société mère du groupe en 2015.

Les bénéfices de ses représentations sont reversés au capital des sociétés du groupe alors qu’elle doit payer les dettes contractées par le Puy du Fou à raison d’un montant total 25,7 millions d’euros à la date du 30 septembre 2017. C’est pourtant la même association qui gère le travail des bénévoles qui ne sont pas payés. Les bénéfices sont purement et simplement réinvestis pour permettre au parc de se renouveler chaque année. Toutes les recettes du Puy du Fou sont gérées par la société mère, la SAS grand parc du Puy du Fou, que préside Nicolas De Villiers.

Une totale mainmise

Des augmentations de capital ont été réalisées à quatre reprises depuis 2012. Le capital du SAS Grand Parc du Puy du Fou est passé à 50 millions d’euros en 5 ans. Cette montée en puissance est essentiellement dû aux droits d’exploitation des scénarios écrits par Philippe et Nicolas de Villiers, estimés à un montant de 13,59 millions d’euros. Une revalorisation du montant de chaque scénario est faite de 2012 à 2016. Les droits d’auteurs  sont passés de 1,046 million d’euros à 3,2 millions d’euros.

Pourtant, en mars 1978, Philippe de Villiers affirmait que « Tant que le Puy du Fou vivra,  la Cinéscénie sera bénévole. Il n’y aura jamais de droits d’auteur pour les scénarios à venir. Il n’y aura jamais de dividendes, le modèle associatif restera l’épine dorsale».

Le capital de la société mère était de 114 millions d’euros en 2016 et continue de grimper. Des parts de l’association Puy-du-Fou international et de la SAS accueil prestations lui ont  été cédées en toute discrétion.

La famille de Villiers détient désormais 47,2 % des parts de la SAS grand parc contre 34,2 % il y a quelques années. La part du capital de l’Association Puy du Fou dans la SAS grand parc, quant à elle, se réduit progressivement. Elle est passée de 65,8 % à 52,8 %. Les années à venir seront dures pour l’association qui perdra très vite la majorité qu’elle a encore. La famille de Villiers possède aujourd’hui entièrement le château du Puy du Fou dont la valeur est estimée à deux millions d’euros en 2015.

Un modèle économique controversé

Avec les nouvelles entités qu’intègre le groupe Puy du Fou, il brasse énormément d’argent. En plus des associations des filiales et de participation à l’étranger, les entités du groupe Puy-du-Fou sont au nombre de 6. Pourtant, les questions financières sont complètement taboues. Nicolas De Villiers affirmait en 2017 que le modèle économique du Puy du Fou est « un communisme réussi ». Il se félicite d’avoir créé de la richesse sans capital, évoquant une montée en puissance naturelle grâce au patrimoine incorporel du Puy du Fou stratégie.

Il assurait au micro de Mediapart que son père n’a jamais touché 1 € ni en droits d’auteur ni de dividendes. « Nous ne sommes pas des capitalistes qui veulent s’enrichir », affirme Nicolas De Villiers. Lui autant que son père seraient tous bénévoles. Sa rémunération en tant que PDG serait issue du grand parc et du Puy du Fou international dont il est le mandataire social. Son travail depuis des années au Puy du Fou serait motivé par la passion. « On ne le fait pas pour l’argent », affirme-t-il.

Le contrôle de la famille De Villiers sur le Puy du Fou est pour Nicolas De Villiers totalement naturel au même titre que la sphère de pouvoir sur l’association. Il assure que « le Puy du Fou ne sera jamais vendu quoi qu’il arrive ». Pendant ce temps, la prise du pouvoir des de Villiers ne fait pas que des heureux. De nombreux de bénévoles ont quitté le Puy à la suite de la refonte en 2009

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