Pour récupérer 1.2 million d’électeurs, les dirigeants des partis RN, LR et LREM courtisent le lobby des chasseurs.

Alors que les Européennes approchent à grands pas, les électeurs représentant le lobby des chasseurs sont de plus en plus cajolés par les partis politiques. Tous les stratagèmes sont bons pour que le lobby apporte une masse quantitative importante de votants. De simples promesses politiques, aux engagements plus importants, les représentants des parties s’en donnent à cœur joie.

De leurs côtés, les représentants des chasseurs, sentant leur importance, ne manquent évidemment pas de présenter à qui le leur demande, leurs différentes revendications et les attentes qui sont les leurs, quant à la politique future des gouvernants et des députés européens.

Le pari de la ruralité

Le secteur de la chasse représentant la porte d’entrée dans la ruralité, tous les acteurs politiques se lancent dans le pari de la ruralité. La tentative de séduction, qui a débuté depuis les présidentielles et qui s’est soldée sur un nouveau mouvement anti-front national, ne s’est pas encore achevée. En effet, le RN, ancien FN, avait réussi à obtenir 31 % des voix des chasseurs au premier tour des élections.

Dès lors, tous les partis rivalisent d’ingéniosité pour que les promesses parviennent aux oreilles des dirigeants du lobby. Le président français Emmanuel Macron, principal acteur de cette séduction, avait promis durant sa campagne, une réforme de la chasse afin que les revendications des chasseurs soient prises en compte. À l’approche des Européennes, cet engagement doit être relancé. La réforme est alors de nouveau au sommet des priorités du gouvernement.

Pourtant, fin mars 2018, le député LREM Alain Perea a dû se confronter au député LR Pierre Charron pour rappeler les engagements du gouvernement en présentant le projet de réforme de la chasse. Alors que le président considérait les chasseurs comme les premiers écologistes de France, Laurent Wauquiez, pour sa part, annonçait son attachement aux chasseurs, véritables acteurs de la biodiversité.

Les engagements sont de plus en plus pratiques. Quand le RN de Marine Le Pen place en tête de liste Paul-Henry Hansen-Catta, ancien président de l’association départementale des chasseurs, soutien évident de la cause des chasseurs, Wauquiez débloque près de 4 millions d’euros pour l’association des chasseurs.

Cette danse du ventre qui passe d’un parti à l’autre est logique selon le politologue Jérôme Fourquet. Le président de la fédération de chasse est, selon lui, une figure locale importante. Cependant, la parade semble négliger d’autres acteurs de l’écologie, moins adeptes de la portée de la chasse.

Entre la chasse et l’écologie

Pour Frédéric Malvaud, administrateur de la ligue de protection des oiseaux, la classe politique des chasseurs est en décalage avec la société française. Depuis le départ de l’écologiste Nicolas Hulot du gouvernement, la voix des protecteurs des animaux semble en effet de moins en moins entendue.

Il faut rappeler que pour se maintenir dans les bonnes grâces des chasseurs, les différents partis de centre et de droite qui soutenaient les fondations de protection des animaux font un fulgurant changement de position. Pour exemple, le FN, nouvellement RN, soutenait bien la cause animale, tout en se projetant vers le soutient de la cause des chasseurs.

La reconquête du cœur des chasseurs devient un enjeu politique qui ne manque pas de satisfaire le puissant lobby des chasseurs. Il faudra sans doute attendre la fin des élections, pour que les autres causes animales reviennent en tête des priorités.

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