Le Brexit, bien que voté il y a plusieurs mois, n’est toujours pas acté et reste la source de critique dans les discours des différents acteurs. En particulier, il est fait ressortir les difficultés de l’Irlande du Nord au sein de son propre pays.

Un pays découpé mais réuni

L’Irlande, comme tout pays, a connu des guerres sur ses terres et des difficultés entre les communautés. Cependant à la sortie de la première guerre mondiale, ces tensions au sein du pays et la fragilité suite à la grande guerre qui venait de faire rage, pousse à la séparation de l’Irlande en deux parties : l’Irlande du Nord et l’Irlande du Sud.

L’Irlande du Sud est toujours aujourd’hui une région autonome du Royaume Uni, au contraire de l’Irlande du Nord qui au lendemain de la séparation du territoire a décidé de se rattacher au Royaume Uni.

Avec les années cette frontière va s’effacer physiquement et dans les esprits, allant jusqu’à effacer partiellement cette frontière en 1998 avec les accords du Vendredi Saint. Cependant il reste toujours aujourd’hui l’Irlande du Nord et du Sud, mais la paix a été retrouvée et cette situation semblait convenir à tout le monde en particulier grâce à la libre circulation entre les deux contrés. En effet, la frontière n’était plus un sujet politique, il n’était plus repris par la presse et ne semblait plus être un sujet de discorde entre les indépendantistes et unionistes.

Le Brexit et l’Irlande du Nord. Un casse tête?

Pourtant le vote du Brexit a fait resurgir l’ensemble de ces questionnements et les tensions qu’il pouvait exister autour de cette frontière partiellement effacée. En effet, la république d’Irlande n’a pas décidé de quitter l’Union Européenne, au contraire du Royaume Uni. Or l’Irlande du Nord fait toujours partie du Royaume Uni. Doit-elle donc quitter l’Union Européenne? Doit-elle se séparer du reste de son ïle qui sera toujours un membre de l’Union Européenne?

Plus qu’une question d’appartenance à l’UE, il se pose des questions sociétales et économiques. Pour ne prendre qu’un exemple, les habitants de l’Irlande du Nord avait le choix de demander un passeport Irlandais (donc membre de l’UE) ou un passeport britannique (qui ne sera plus considéré comme faisant parti de l’UE). Les conséquences seront alors multiples pour les habitants d’Irlande du Nord. Pour ceux possédant un passeport Irlandais, ils seront considérés comme résidant étranger. Pour ceux possédant un passeport britannique il sera plus contraignant de se rendre dans les pays de l’union européenne c’est à dire de traverser la rue.

C’est aujourd’hui, l’Irlande du Nord et son statut, qui empêche l’achèvement du traité sur le Brexit, mais bien plus c’est la réouverture d’une blessure entre les deux contrés de l’Irlande. Bien que les générations actuelles ne l’ait pas connu, le déchirement entre le Nord et le Sud a été très fort et violent. Ces déchirements semblent revenir chaque jour un peu plus, privant les habitants d’Irlande du Nord d’une véritable identité que l’appartenance à l’Union Européenne leur apportait. Il est en plus important de noter que l’Irlande du Nord a voté contre le Brexit, ne voulant pas quitter l’UE.

A la mi-octobre 2018, aucun scénario n’est exclu mais aucun de semble ravir chacun des partis. Une des possibilités qui semble se dessiner est un statut quo, pendant un an, sur le sort de l’Irlande du Nord. Cependant tout comme le Brexit, il serait la porte ouverte à une nouvelle lutte entre les communautés de ce pays et une nouvelle déchirure pour ses habitants.

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