Le 8 septembre, selon les estimations faites par les ONG, ils étaient des dizaines de milliers à manifester dans les rues de Paris avec le mot d’ordre #RiseForClimate. 

Retour sur la première marche pour le climat

La marche pour le climat a réuni des milliers des personnes dans les rues de Paris. Cette mobilisation est la réponse à un appel sur Facebook qui a réuni des milliers de likes. La mobilisation virtuelle a laissé place à la mobilisation physique. Elle est solidaire aux manifestations se déroulant dans 90 pays à travers le monde, suite à l’appel du mouvement pour le climat.

Les chiffres de ce cortège de la marche pour le climat dépassent toutes les espérances.  Ce samedi, la police a évalué le nombre de manifestants à 18 500 alors que l’ONG 350.org a dénombré au moins 50 000 manifestants.

Un mouvement citoyen

C’est en silence que le cortège des manifestants de la Marche pour le climat a parcouru les rues de la capitale. Les participants ont pris départ sur la place de l’Hôtel de Ville du 4e arrondissement de Paris. Cette mobilisation silencieuse les a menés jusqu’à la Place de la République.

L’instigateur de ce mouvement, Maxime Lelong, a été lui-même agréablement surpris par une telle mobilisation. C’est l’intervention du journaliste sur Facebook, après la démission de Nicolas Hulot, qui a suscité l’intérêt de plusieurs dizaines l’internaute. La page Facebook « Marche pour le Climat » créée par M. Lelong a été le porte-voix de l’ancien ministre de l’Écologie qui a affirmé au moment de sa démission : « Est-ce que j’ai une société structurée qui descend dans la rue pour défendre la biodiversité (…) ? Est-ce que j’ai une union nationale sur un enjeu qui concerne l’avenir de l’humanité et de nos propres enfants ? »

La mobilisation citoyenne s’est alors faite autour d’un simple mot d’ordre : « L’appel est lancé ! Face aux lobbies et à un modèle économique détruisant la nature, réunissons-nous pour montrer que la réponse est OUI ! ». La marche, prévue pour le 2 septembre, est finalement organisée le 8 septembre afin de coïncider avec la Journée Mondiale d’Action pour le Climat.

Un événement Facebook a été lancé par un étudiant qui a lu l’appel à manifester du journaliste. Sur les 110 000 personnes qui se disaient intéressées la veille du 8 septembre au soir, 26 000 ont confirmé leur participation. Le cortège était majoritairement composé de femmes. Parmi les manifestants, on retrouve de nombreux sympathisants de la France insoumise, Alternatiba ou encore de France Nature Environnement ; des partis politiques qui se sont rendus solidaires du mouvement.

Le revirement politique

Des dizaines d’organisations ainsi qu’une partie des syndicats et partis politiques ont apporté leur soutien à l’événement. Depuis la page de Marche pour le climat, l’un des porte-paroles du mouvement Alternatiba, Johan Laflotte, a proposé une aide logistique à Monsieur Lalong. L’association de Marie Toussaint s’est occupée de la demande d’autorisation de la manifestation parisienne à la préfecture.

Europe Ecologie les Verts, la France Insoumise, le Parti social et le Parti communiste ont appelé leurs sympathisants à une véritable mobilisation pour la Marche pour le climat. Pour Jean-Luc Mélenchon, « Il faut y aller ». Pour Clémence Dubois, la responsable des campagnes de 350.org, « C’est du jamais vu ». La présidente de Notre Affaire à Tous, Marie Toussaint, déclare : « Que des citoyens prennent l’initiative de cette manière, et que les organisations suivent, c’est le signe que quelque chose est en train de se passer ». Elle rajoute « On s’est mis à leur service ».

Ces hauts responsables se sont joints aux civiles pour former une fronde contre le pouvoir. Les banderoles « Stop Macron » trônaient au côté des nombreuses affiches les slogans tels que «Planète en danger »,  «Productivisme = mort » ou encore « Glyphosate bas les pattes ».

L’effet Hulot

L’économiste et le militant Maxime Combes, auteur de Sortons de l’âge des fossiles,  affirme que la démission de Nicolas Hulot a été « une dure confrontation avec la réalité ». C’est la désillusion qui en résulte qui a suscité un tel engouement. Une bonne nouvelle pour les syndicats, qui jusque-là, étaient restés inaudibles. Pour lui, « les gens ont enfin compris qu’il n’y aura pas d’homme providentiel pour nous sauver». La solution est de « se mobiliser pour soi-même ». David Cormand, le secrétaire national d’Europe Ecologie les Verts, parle, lui, de « prise de conscience ».

Le chiffre de 50 000 personnes est un record dans l’histoire des manifestations en France. Seulement 5 000 personnes s’étaient mobilisées en 2014 lors d’une marche similaire à Paris. C’est tout à fait spontanément que les participants ont répondu à cet appel citoyen. La plupart d’entre eux en étaient à leur première manifestation pour le climat.  Dans le rang des syndicats et organisations de défense de l’environnement, il y a eu beaucoup de nouveaux. Ils représentent 75% des participants de la réunion organisée le 6 septembre en marge de la marche parisienne.

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