Après ses propos publics controversés, Hans-Georg Maassen est démis de ses fonctions, mais est nommé secrétaire d’État au ministère de l’Intérieur.

Alors qu’il était à la tête des services de renseignement allemand, Hans-Georg Maassen a soutenu, à l’encontre de nombreux rapports vérifiés et des propos de la chancelière allemande, qu’aucune chasse à l’homme raciste n’avait lieu à Chemnitz. Ce sont ces propos publics qui lui ont valu d’être démis, le mardi 18 septembre 2018, de ses fonctions.

Cela n’a pas empêché qu’il soit nommé au secrétariat d’État du ministère de l’Intérieur du pays. L’homme qui est au centre de nombreuses polémiques depuis le 7 septembre 2018 semblait pourtant à la limite de l’évincement de tout le pouvoir politique allemand.

Un affrontement ouvert

Le 7 septembre 2018, Hans-Georg Maassen avait ouvertement démenti l’existence de chasses collectives à connotation raciale d’étrangers qu’avait dénoncés Angela Merkel. Il avait aussi démenti une vidéo relayée par les médias allemands, qui avait pourtant été authentifiée, au sujet des manifestations à Chemnitz.

Depuis ses propos publics, l’homme de 55 ans a été indexé comme n’étant plus indépendant ni totalement impartial. Il a été accusé de liens étroits avec le parti d’extrême droite et ses membres, supposés être les auteurs et instigateurs de la fameuse chasse à l’homme. Il a d’ailleurs été accusé d’avoir transmis des documents et informations confidentiels à ce parti.

Certains membres des partis SPD avaient publiquement annoncé qu’ils feraient tout pour son éviction de son poste. Il a alors été démis de ses fonctions. Le gouvernement a annoncé cette décision à la suite d’une rencontre entre la chancelière, ses partenaires du Parti social-démocrate SPD et du parti bavarois CSU. Il n’a pourtant pas été rejeté par tous les membres du gouvernement, notamment du parti bavarois et aussi du parti de l’AFD.

Des soutiens importants

Après avoir longuement contesté toutes les accusations qui pesaient contre lui, l’ancien patron du renseignement allemand et l’actuel président de l’Office fédéral de protection de la Constitution a pu bénéficier d’un grand nombre de soutiens. Alors que ses propos ont longtemps fait polémiques, il n’a pas manqué de soutien au sein du corps politique allemand. D’un côté, son ministre n’a pas cessé de le soutenir en ce qui concerne ses compétences.

De l’autre côté, les partis de l’opposition à la chancelière y voient une occasion pour l’attaquer à leurs tours. Étant donné que la fin de ses fonctions est due en grande partie à sa défiance envers les déclarations de la chancelière Angela Merkel, les membres du parti de l’extrême droite AfD précisent au contraire qu’il serait l’objet de la véritable chasse à l’homme politique menée par la chancelière.

C’est d’ailleurs cette instrumentalisation politique que l’AfD fait de la crise en mettant l’accent sur les manquements de la chancelière ainsi que son parti en baisse de popularité dans les sondages. Puisque les élections régionales auront lieu le 14 octobre 2018, le parti de l’extrême droite semble prêt à utiliser toutes ses ressources pour que le parti bavarois perde sa majorité absolue.

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