Le manque de moyen des services publics est souligné depuis plusieurs années, directement par son personnel. De nombreux signaux d’alarme ont été lancés, à la fois par le personnel, mais aussi par les usagers. Il y a quelques semaines, c’était à la Cour des comptes de tirer le signal d’alarme sur le manque de moyen relevé.

Les urgences hospitalières pointées du doigt

Les urgences hospitalières accueillent chaque année près de 21 millions de patients, chiffre en hausse permanente. En effet, en quatre ans l’augmentation du nombre de personnes visitant les urgences a augmenté de 15 %. Parallèlement à cette croissance des passages aux urgences, on observe une diminution de l’effectif médical créant des tensions au sein des établissements hospitaliers.

Les témoignages fusent dans les journaux, sur les réseaux sociaux. Des professionnels de santé mettent en ligne des vidéos montrant la difficulté des conditions de travail. Des patients font part d’un manque d’écoute dû à du personnel débordé par le nombre de personnes dans la salle d’attente. Dans certaines régions, les urgences sont devenues monnaie courante pour les habitants qui perdent peu à peu leurs médecins de campagne. Comment faire pour une otite, pour une gastro-entérite, lorsque le premier médecin est à 40 kilomètres de chez soi et qu’il travaille toute la journée sans pause pour répondre au mieux aux demandes des patients.

Les urgences ne représentent plus aujourd’hui un lieu d’URGENCE, mais une étape du parcours de santé des individus. Cette réalité est le reflet d’une difficulté pour les gouvernements passés et actuels de désengorger les urgences. La désertification médicale, la stagnation du nombre de médecin pour une population qui n’a de cesse de croître et vieillir, et par conséquent la difficulté d’obtenir rapidement un rendez-vous, sont d’autant plus de raisons pour lesquelles les patients se déplacent aux urgences. On estime que plus de 20 % des personnes présentent en salle d’attente des urgences relèvent de consultation classique.

Des établissements de santé au cœur des problèmes ?

Le sous-effectif au sein des services de soin pousse les administrations à engager des professionnels de santé intérimaires, à payer des heures supplémentaires. Ce système coûte de l’argent aux établissements du fait d’un tarif horaire plus important de ce type de contrat.

Plus qu’un problème de médecin, les dernières révélations de la cour des comptes et des syndicats du monde hospitalier montrent la mise en place d’un appel financier à la surpopulation des urgences. Ainsi un établissement voit ses recettes augmenter proportionnellement au nombre de visites. Ainsi lorsqu’un hôpital tente de créer des liens avec des médecins extérieurs pour les consultations non urgentes, ses recettes chutent. L’hôpital Robert-Debré à Paris a mis en place une politique de désengorgement des urgences et a perdu 2,3 millions d’euros d’aides financières.

Dans un climat tendu, comment expliquer qu’une politique de triage intelligente et adaptée aux patients n’est pas valorisée ? La santé semble être un chantier qu’il est urgent de remanier pour permettre une offre de santé optimale sans gâchis.

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