À l’aube de 2024 et cent ans après, la France s’apprête à accueillir une troisième fois les Jeux olympiques d’été. Pour les défenseurs de la compétition, cette désignation est une véritable source de satisfaction.

 

Le sport est en effet un formidable canal éducatif, de mixité, de fraternité, et surtout de cohésion sociale comme en témoignent les milliers de gens qui communiaient dans les rues françaises après la récente victoire des Bleus en coupe du monde.

Le sport est également primordial en termes de santé publique, on le sait capable de lutter contre des fléaux qui menacent au quotidien les français, obésité, maladies cardiaques, etc. Les Français en sont bien conscients et près de 45% font du sport plus d’une fois par mois, la plupart du temps de la marche ou de la course à pied (chiffres issus du portail economie.gouv.fr).

 

Malheureusement, le paysage du sport en France semble être de plus en plus entaché par des conflits d’intérêts financiers et politiques. Cette situation suscite la question logique et qui mérite d’être posée : la France a-t-elle vraiment les épaules pour accueillir les J.O d’été en 2024 ?

Le sport en France, toute une histoire

Si le sport français existe depuis la période gallo-romaine, il faut dire que ce n’est qu’après l’armistice de 1918 qu’il a réellement commencé à se moderniser. Très vite, le gouvernement a compris qu’il fallait mettre les moyens à disposition des différentes fédérations sportives du pays pour leur permettre d’exceller.

 

Malgré l’intérêt pour cet enjeu national, il faut attendre la cuisante défaite du pays lors des J.O de Rome 1960 (aucun titre olympique) pour assister à un vrai réveil. C’est alors qu’un programme de constructions sportives fut mis en œuvre pour favoriser la création en 1974 des brevets d’État d’éducateurs sportifs (BEES) du premier et du second degré.

Rappelons qu’avant cette initiative des efforts se faisaient déjà pour améliorer l’image sportive de la France. C’est le cas par exemple avec Léo Lagrange (socialiste sous-secrétaire d’État aux sports et à l’organisation des loisirs lors du premier mandat du président Albert Lebrun) qui avait plaidé à plusieurs reprises pour le développement d’une politique publique du sport.

 

Pour lui, il n’était pas question de favoriser ce qu’il a appelé « la pratique de sports restreints à un nombre relativement petit de privilégiés. » Au contraire, il est impératif de concentrer les efforts sur la masse et mettre les ressources nécessaires à la disposition des organisations en charge pour donner un nouveau visage au sport français.

Ces résolutions ont largement contribué à la compétitivité de la France dans toutes les disciplines sportives. En dehors de ses records à domicile en 1900 et en 1924 avec respectivement 26 et 13 titres olympiques, la France a également montré de bonnes performances à bien d’autres olympiades.

 

C’est le cas par exemple des J.O d’été de 1996 à Atlanta où la délégation française a remporté au total 37 médailles dont 15 en or, 7 en argent et 15 en argent. Depuis lors, les résultats évoluent en dent-de-scie.

Les résultats biaisés se justifient entre autres par le manque de stades. De leur côté, les jeunes préfèrent s’adonner aux jeux vidéo (beaucoup considèrent l’E.-sport comme un sport à part entière), aux séries télévisées au lieu d’aller se perdre dans le monde du sport.

 

Et pour ceux d’entre eux qui prennent le risque de s’aventurer dans une discipline sportive, il y a ce problème de manque d’instructeurs et d’entraineurs qui tue vite leur passion encore embryonnaire.

 

Chez d’autres, c’est plutôt les frais de formation trop élevés qui empêchent les jeunes d’exceller dans le sport.

Un système en pleine remise en question ?

Le déclin du sport français se justifie à plusieurs niveaux. Certes le gouvernement nourrit de grandes ambitions sportives. Mais, sa gouvernance du sport laisse à désirer. C’est du moins ce que sembler traduire le récent départ de Laura Flessel-Colovic (après celui du ministre de l’Écologie) de son poste de ministre des Sports.

 

Pour la quintuple médaillée olympique de l’épée féminine, les découpes budgétaires récurrentes constituent un véritable blocage. De même, le système de gestion (pas forcément optimal) ne permet pas de réaliser le rêve français en ce qui concerne le sport.

Peut-on voir dans cette démission un signal d’alarme pour la gouvernance du sport en France ? Selon Régis Juanico, ancien chargé des sports lors de la campagne présentielle de Benoît Hamon, la réponse est oui.

 

Pour lui, il y a un grand mur qui s’érige entre les ambitions sportives prônées et la modicité des moyens mis à la disposition des acteurs sportifs. On voit donc qu’il y a de quoi s’inquiéter pour nos jeux olympiques censés être une grande source de bénéfices pour le peuple français.

 

On risque en effet d’injecter de gros budgets dans la construction de structures qui ne serviront pratiquement à rien après 2024.

Ce que proposent les socialistes

Selon sa coutume depuis ses origines et en particulier depuis 2012, le parti socialiste inspire et soutient de nombreuses initiatives du gouvernement en faveur du sport. C’est le cas par exemple de son programme « citoyens du sport ».

 

Il s’agit en effet d’une mesure qui se traduit par la création de 400 emplois supplémentaires d’éducatrices et éducateurs sportifs pour augmenter la main-d’œuvre et donner la chance à tous les jeunes désireux de faire carrière dans le sport de se faire former.

 

De plus, les socialistes ont largement contribué à :

  • la formation de 1 500 jeunes en insertion aux métiers du sport ;
  • l’accueil de 15 000 missions de service civique dans le domaine du sport sur la période 2015 – 2017 ;
  • la création de 1000 emplois d’éducateurs sportifs entre 2015 et 2017.

 

En dehors de ces actions, le parti socialiste soutient les efforts du gouvernement dans la lutte contre les discriminations dans le sport. Pour les socialistes, il faut donner les mêmes chances aux jeunes afin de dénicher les vrais talents. C’est d’ailleurs pourquoi ils demandent qu’une réflexion sérieuse soit engagée sur la gouvernance actuelle du sport. Ce n’est qu’en impliquant tout le monde (sans distinction d’origine ou de sexe) dans les instances sportives qu’on parviendra à relever les différents défis du sport français.

 

 

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