Le Premier Ministre souhaite interdire, temporairement, les financements extérieurs pour la construction de mosquées en France. La question se pose alors : qui va aider les musulmans à se doter de mosquées, qui font cruellement défaut dans de nombreuses régions de France? 

        L’idée de M. Valls serait de relancer une Fondation, à l’image de la Fondation des Oeuvres de l’Islam de France créée en 2005 et rapidement mise en sommeil, pour rassembler et contrôler les financements à destination du culte musulman. A vrai dire, l’idée ne date pas de cette semaine, puisque Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, a déjà présenté en Novembre dernier un nouveau directeur du projet, en la personne de Christian Poncet. La nouvelle Fondation était donc déjà dans les cartons.

       Mais que va-t-elle changer concrètement ? Presque rien ou quasiment tout suivant la forme que prendra cette Fondation. Presque rien si elle n’a que pour objectif d’empêcher les financements étrangers, mission qui était déjà confiée à l’ancienne Fondation. Presque tout si cette Fondation permet aux collectivités d’aider plus sereinement à la construction de mosquées. En effet, des villes comme Nantes, Bordeaux ou Créteil ont recouru à des aides indirectes pour permettre la construction d’un lieu de culte. Cela va de la délivrance d’un bail emphytéotique à des subventions pouvant aller jusqu’à des centaines de milliers d’euros, pour financer les activités culturelles à l’intérieur de ces lieux de culte comme des bibliothèques, du soutien scolaire ou des salons de thés.

        Et si cette Fondation permettait à ces subventions locales de se multiplier, sans lever de bouclier de quelques politiques opportunistes ? Certains diraient alors que la loi de 1905 est bafouée, puisque l’Etat ne doit financer aucun culte. Mais ce serait oublier que cette loi affirme “garantir” le libre exercice du culte, et comment l’Etat peut-il garantir le libre exercice du culte musulman s’il ne favorise pas la construction de mosquées dans des régions qui en sont dépourvues ? La vraie question est là, et les nouvelles mesures annoncées tendent, à demi-mot, à y répondre.

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