Le rapporteur public du Conseil d’Etat a recommandé, vendredi 21 Octobre, d’autoriser les crèches de Noël au sein même de bâtiments publics. Cette décision semble d’emblée contrevenir à l’article 28 de la loi de 1905, qui précise clairement qu’il est interdit “d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit”. 

                 Le rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité explique cependant qu’il existe quelques exceptions, à l’instar des crèches vivantes ou des processions. Néanmoins, il rappelle qu’afficher au sein d’une mairie une représentation de personnages chrétiens ne relève pas de ces exceptions.

            Le rapporteur public du Conseil d’Etat estime donc que l’article 28 de la loi de 1905 n’interdit pas explicitement d’installer des crèches dans les mairies, sauf si elles relèvent plus d’une “intention religieuse” que d’une intention culturelle. Mais précisément, l’installation de crèches ne semble qu’à la marge revêtir un caractère culturel plus fort que religieux, comme par exemple la tradition des santons en provence.

                Cette décision est d’ailleurs plus surprenante qu’elle contredit une décision de la cour d’appel de Paris qui a récemment donné raison à une association pour faire interdire l’installation d’une crèche à Melun.

                  Quoi qu’il en soit, cette préconisation, qui a toutes les chances d’être suivie, délivre un message qui participe d’une ambiance délétère de la société. En acceptant que des représentations religieuses chrétiennes soient installées au sein de bâtiments publics, la France fait un pas supplémentaire dans la scission et l’exclusion d’une part de la société. La Laïcité, censée garantir l’égalité de tous les citoyens et la liberté de culte, est aujourd’hui utilisée pour asseoir la primauté d’une seule religion : le christianisme catholique.

                   Que l’Etat n’assume plus son rôle de neutralité, pourquoi pas, mais que ce choix soit clair et assumé. Qu’il réalise également que s’il délaisse ce principe, fondateur de la laïcité, il devra être cohérent et accepter tout débordement religieux, de quelque religion que ce soit, s’il ne souhaite pas favoriser encore plus fortement la marginalisation d’une partie de la société, ne pouvant aboutir qu’à des affrontements.

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