L’Arabie Saoudite a annoncé en fin de semaine dernière le retrait de sa candidature pour devenir membre-observateur de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

logo organisation international de la francophonieSi aucune raison officielle n’a été donnée pour expliquer le renoncement saoudien, il s’inscrit dans un contexte diplomatique fortement dégradé pour Riyad suite à la disparition, et au potentiel assassinat, selon des sources journalistiques, du journaliste Jamal Kashoggi à Istanbul.

La candidature de l’Arabie Saoudite à l’OIF faisait polémique avant-même que n’éclate l’affaire Kashoggi. Le royaume, qui avait déjà tenté de devenir membre de la francophonie en 2016, était confronté à de nombreuses critiques et résistances de la part des états-membres, qui considéraient qu’une adhésion de l’Arabie Saoudite renverrait une mauvaise image de l’OIF, eu égard aux supposées violations répétées aux droits de l’Homme et aux nombreuses exactions commises par le régime saoudien.

La disparition du journaliste Jamal Kashoggi, un critique du prince-héritier Mohamed Bin Salman qui aurait été enlevé, torturé et tué dans les locaux du Consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul par un commando des forces spéciales envoyé par Riyad, a rendu inconcevable pour l’OIF d’accepter la candidature de l’Arabie Saoudite. Qui a pris bonne note de cette nouvelle donne et qui a retiré sa demande de candidature en fin de semaine dernière.

mbs arabie saoudite trumpL’émotion internationale suscitée par la disparition de Jamal Kashoggi a fortement affaibli la position diplomatique de l’Arabie Saoudite, comme en atteste son retrait des négociations avec l’OIF, mais également les propos menaçants tenus par le président américain Donald Trump et par les chancelleries européennes, Londres et Paris en tête, ainsi que la mobilisation sans précédent des médias occidentaux.

Selon des sources américaines, Riyad devrait d’ailleurs reconnaître dans les prochaines heures le meurtre de M. Kashoggi, l’imputant à des officiers ayant agi sans ordre, avec la volonté de dédouaner le prince-héritier Mohamed Bin Salman, considéré par de nombreux observateurs comme le donneur d’ordre incontournable d’une telle opération. Le président Trump a également envoyé son Secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, en Arabie Saoudite, pour désamorcer une situation explosive.

En ce qui concerne sa candidature à l’OIF, l’Arabie Saoudite a déclaré reporter sa demande d’adhésion au prochain sommet de l’organisation, en 2020 à Tunis. Rien ne garantit que les réserves émises depuis plusieurs années par de nombreux états-membres de la francophonie soient alors levées, mais l’Arabie Saoudite veut croire que la crise Kashoggi ne va pas remettre en cause de manière durable sa position internationale. L’avenir nous le dira.

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