Génération Changement - Le Pacte pour les Jeunes

Fusionner les universités et les grandes écoles

Mutualiser les moyens, recruter des enseignants, généraliser les cours en travaux dirigés et le contrôle continu. Lutter contre l’injustice d’un État qui investit 14 000 € pour un étudiant en grande école, contre 8000€ pour un étudiant à l’université.

Le service public de l’enseignement supérieur français est un système unique au monde, qui a plus d’une fois prouvé son archaïsme et son inefficacité. Il ne forme pas assez d’étudiants qualifiés, et contribue à favoriser la reproduction sociale à travers ses principes de financement et l’existence d’un système dual avec des Universités et des Grandes Ecoles.

L’investissement de l’Etat dans l’Enseignement supérieur français est l’un des plus faibles d’Europe. D’après l’OCDE, la dépense annuelle par étudiant s’élève ainsi en France à 11 568 équivalents dollars en moyenne en 2006.

Pays France Finlande Allemagne Belgique Autriche Royaume- Unis Danemark Suède
Dépense annuelle par étudiant (en équivalents dollars, en 2006) 11 568 12 845 13 016 15 148 15 148 15 447 15 391 16 991

Cette moyenne recouvre des réalités bien différentes selon les filières puisqu’en France, la dépense moyenne par étudiant en université s’élevait à un peu moins de 8 000 euros en 2006 tandis qu’elle atteint plus de 14 500 euros pour un étudiant en CPGE. De fait, une scolarité complète dans le système des grandes Ecoles bénéficie d’un investissement public quatre fois plus important qu’une scolarité complète universitaire en droit ou sciences économiques. De plus, les grandes écoles sont, année après année, des lieux de reproduction sociale. Le nombre d’enfants d’ouvriers ou de salariés faiblement rémunérés ne cesse de baisser, tandis que les enfants de cadres sont de plus en plus nombreux. Loin d’être un lieu de méritocratie républicaine, les grandes écoles sont le symbole de la reproduction perpétuelle des élites.

Des années de politique de droite n’ont cessé d’améliorer la structure de ces établissements d’élite (création des classes préparatoires aux grandes écoles, système toujours plus sélectif, budget sans cesse grandissant…) tandis que les universités plongent petit à petit dans l’oubli le plus total. En plus d’accroître les inégalités durant le parcours scolaire et, plus tard, face à l’emploi et de créer deux classes d’étudiants, les grandes écoles ne font qu’accentuer le manque de moyens criant dans les universités (manque de chargés de td, locaux délabrés, manque de matériel informatique, bibliothèques universitaires pas assez fournies, etc).

Ce système, loin d’être un ascenseur social, ne fait qu’accentuer plus encore les inégalités d’origine sociale ; les élèves des grandes écoles étant majoritairement issus des classes sociales et intellectuelles les plus aisées (les enfants de cadres supérieurs et professions intellectuelles représentent 68% des élèves des grandes écoles de commerce). Une fois encore, le gouvernement en place fait le choix d’investir pour les plus riches d’entre nous, tandis que nous constatons pour cette année 2011, une baisse de 14% du budget de fonctionnement des formations de licence, une diminution de 9,5% du budget du FNAU (Fond National d’Aide d’Urgence) et de 10% de celui du CNOUS, etc. L’enseignement supérieur doit redevenir une priorité afin de permettre aux étudiants de vivre et apprendre dans des conditions décentes, puisque ce sont eux-mêmes qui feront demain la richesse du pays.

La tendance à l’augmentation du niveau d’études répond donc à de nombreuses influences, et est un enjeu important pour notre pays.

En premier lieu, elle répond à une soif de savoir qu’on néglige trop souvent. En second lieu, elle répond à une nécessité économique : quand le diplôme a une telle importance, il est fort compréhensible que tous les jeunes essayent d’atteindre le plus haut niveau de qualification. Enfin, c’est un enjeu pour notre pays : l’augmentation du niveau de qualification a des retombées positives pour la société elle-même grâce à une amélioration significative de la productivité des jeunes diplômés.
Ainsi, nous souhaitons la fusion des universités et des grandes écoles, afin, tout d’abord, d’effacer le fossé budgétaire entre les deux structures, mais surtout, de revaloriser le niveau de l’université, permettant à chacun de bénéficier d’un enseignement de haute qualité et atteindre en 5 ans l’objectif de 50% d’une classe d’âge à la licence :

- professeurs à la formation égale pour les deux structures
- systématisation des cours en TD à faible effectif sur le schéma des prépas et grandes écoles
- favoriser le suivi individualisé des élèves en diminuant drastiquement les cours magistraux
- développer le contrôle continu et multiplier les temps d’évaluations lors des premières années de licence qui seront pluridisciplinaire (modèle des classes préparatoires et des grandes écoles)
- vaste plan de recrutement de maîtres de conférences et de professeurs d’université pour augmenter le taux d’encadrement qui est l’un des plus faibles de l’OCDE.

La fusion entre Universités et Grandes Ecoles est avant tout une mutualisation des moyens existants pour favoriser la réussite du plus grand nombre. Elle doit s’accompagner de l’augmentation du budget de l’enseignement supérieur français, tant pour recruter de nouveaux enseignants que pour améliorer significativement les conditions d’études (bibliothèques, multiplication des salles de TD et d’études, laboratoires, logements sur les campus). Ces nouvelles dépenses sont en réalité un investissement pour l’avenir dans une société de la connaissance afin que les jeunes de France puissent bâtir l’avenir dont notre pays a besoin.

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