De la provocation à l’indécence : Gérard Collomb doit démissionner

D’après les informations du Canard Enchaîné du mercredi 10 décembre, Gérard Collomb aurait comparé les associations d’aide aux migrant.e.s à « des militants d’extrême-gauche » qui seraient « à l’origine de millions de mort en URSS » lors d’un dîner privé. Au même moment, une trentaine d’associations portent plainte contre la circulaire Collomb.

Les Jeunes Socialistes apportent tout leur soutien à ces associations et s’alarment qu’elles doivent en arriver à saisir la justice. Ils et elles demandent la démission de Gérard Collomb, l’arrêt d’une politique répressive qui porte atteinte aux droits des réfugié.e.s et des migrant.e.s, et la mise en place urgente d’une politique d’accueil enfin cohérente et financée.

Ces derniers mois, le Ministre de l’Intérieur a multiplié les prises de positions en totale contradiction avec les discours du Président de la République et ses promesses de campagne. A Calais en juin, il reprenait les éléments de langage de l’extrême-droite en parlant d' »appel d’air », et en demandant aux associations d’aller « exercer leur savoir-faire ailleurs ».

Dans toutes ses expressions, le gouvernement reprend systématiquement une insupportable logique de tri entre « bons » et « mauvais » réfugié.e.s, entre migrant.e.s économiques et demandeur.euses d’asile, remettant en cause en permanence la tradition d’accueil de notre pays. La seule boussole du gouvernement est l’objectif technocratique et déshumanisé d’augmenter le nombre de reconduites à la frontière.

De façon très alarmante, les mots de Gérard Collomb viennent corroborer la réalité de la politique de répression qui est menée. A Calais, les associations qui viennent en aide aux migrant.e.s ont maintes fois dénoncé des tentes lacérées, des empêchements à l’approvisionnement en eau, en nourriture, en vêtements, en aide humanitaire de base. Elles s’élèvent contre un véritable harcèlement policier menant à des atteintes aux droits élémentaires des migrant.e.s. Elles ont déjà attaqué l’Etat en justice en juin pour « inhumanité ».

A nouveau, le 11 janvier 2018, vingt-sept associations ont ainsi annoncé qu’elles saisissaient le juge des référés du Conseil d’Etat pour réclamer la suspension de la circulaire Collomb qui « remet en cause le principe légal d’accueil inconditionnel en hébergement d’urgence » et institutionnalise un tri dangereux entre les migrant.e.s selon leur nationalité et leur situation administrative. Les Jeunes socialistes leur apportent tout leur soutien dans cette démarche inédite et grave.

A de multiples reprises, des militant.e.s qui viennent en aide aux migrant.e.s sont attaqué.e.s en justice au nom d’un sordide « délit de solidarité ». Les procès se multiplient, à l’image de celui de Martine Landry, responsable d’Amnesty International qui comparaissait lundi 8 janvier à Nice. La criminalisation des militant.e.s n’est pas plus tolérable que celle des migrant.e.s. Les Jeunes Socialistes sont aux côtés de ces héros et héroïnes ordinaires.

Plus le temps passe, plus le grand écart entre les discours d’Emmanuel Macron et la réalité de la politique menée devient évident. Cette semaine, une nouvelle embarcation s’est abîmée en Méditerranée avec une centaine de personnes à son bord. La dérive répressive d’Emmanuel Macron et de son gouvernement est une honte pour notre pays. Au-delà des associations, ce sont désormais les Nations Unies et la Cour Européenne des Droits de l’Homme qui s’en inquiètent.

La gauche et la société engagée ne doivent rien laisser passer. Les exactions policières doivent cesser. Plutôt qu’une politique désorganisée et inefficace menant à des évacuations régulières, violentes et bâclées, les Jeunes Socialistes appellent à un vaste plan de régularisation et d’intégration de tou.te.s les sans-papiers.

Il est plus que temps d’élaborer un vaste plan national d’accueil, cohérent et financé, et d’en porter l’ambition à l’échelle européenne. Il est nécessaire de mettre les moyens permettant la réduction des délais administratifs, de lever l’interdiction de travailler pour les demandeurs.euses d’asile, de permettre l’hébergement de tou.te.s celles et ceux qui en ont le besoin et de faire en sorte qu’aucun enfant ne dorme dans la rue. Il en va de notre humanité et de l’honneur de la France.