Au revoir primes et 13e mois, bonjour baisse des salaires

 

Le travail fourni par un.e salarié.e n’est pas rémunéré uniquement par le salaire net, inscrit en bas de la feuille de paie. Une part de la richesse qu’il ou elle produit est socialisée : ce sont les cotisations sociales, salariales ou patronales, qui permettent de financer la protection sociale (chômage, retraite…).

Les salarié.e.s peuvent bénéficier de primes, grâce à leur ancienneté, ou à l’occasion d’événements particuliers : ancienneté, naissance, départ à la retraite, … La plupart des conventions collectives de branche prévoient ainsi des primes, un 13e mois, ou encore des jours des congés en plus.

Demain, avec les ordonnances Macron, l’ensemble de ces primes seront remises en cause négociées au niveau de chaque entreprise.

Cette mesure ouvre la voie à une baisse des salaires. Les primes ne sont pas du bonus, elles font partie de la juste rétribution de notre travail. Les remettre en cause entraînera une véritable baisse des salaires au niveau national. Alors que pendant ce temps, les dividendes des actionnaires atteignent des records !

Cette mesure va favoriser le dumping social et généraliser les inégalités entre les salarié.e.s. Dans chaque entreprise, les employeur.euses pourront remettre en cause toutes les primes. La concurrence entre les entreprises va se faire sur les salaires et non sur ce qu’elles produisent.
Cette mesure va aggraver la situation des salarié.e.s des petites entreprises. Dans une entreprise, a fortiori dans les PME où les syndicats sont peu présents, le rapport de force entre employeur.euse et salarié.e.s est très déséquilibré. Sans véritable contre-pouvoir, la mainmise des employeur.euse.s va être étendue puisqu’ils seront libres de décider ou non de mettre en place des primes.


Plutôt que le dumping social généralisé, les Jeunes Socialistes appellent au contraire à grande revalorisation des salaires. Le capital capte aujourd’hui une partie de plus en plus grande de la richesse produite, au détriment des salaires.

Macron veut baisser les primes, alors que le SMIC n’a pas connu de revalorisation substantielle depuis des années ! Pour un véritable partage des richesses, les Jeunes Socialistes revendiquent un SMIC à 1700 € brut et le maintien des primes au niveau de la branche.

Plutôt que d’encourager le chantage au niveau de l’entreprise, les Jeunes Socialistes demandent une véritable démocratie dans l’entreprise, une meilleure représentation et un plus grand pouvoir de décision des salarié.e.s, et le renforcement des moyens et de la présence syndicale, notamment dans les petites entreprises.