Améliorer les salaires et l’égalité femme-homme ? Quelle importance !

 

Jusqu’à présent, les employeurs.euses ont l’obligation de négocier chaque année avec les représentant.e.s syndicaux autour de plusieurs sujets. Tous les ans, il y a donc dans chaque entreprise des négociations sur les salaires, et sur l’amélioration de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.

Demain, les ordonnances permettent à une entreprise de choisir elle-même le thème et la périodicité des négociations. C’est à dire qu’une entreprise pourra désormais déroger à la loi et décider du calendrier des négociations, ainsi que des thèmes négociés. La loi oblige uniquement les parties prenantes à se revoir tous les 4 ans !

De plus, du fait de l’inversion de la hiérarchie des normes, ces accords d’entreprise pourront désormais réduire les droits des salarié.e.s par rapport au code du travail.

Ce sera donc un accord d’entreprise qui décidera de quand et comment on discute de l’égalité salariale et des conditions de travail, et non plus la loi.

 

Cette mesure induit des négociations moins nombreuses et un dialogue social amoindri. Très concrètement, les salarié.e.s perdent la possibilité de mettre à l’ordre du jour, chaque année, la négociation sur des sujets structurants en milieu professionnel. Moins de discussions, amenant moins de protection et moins de nouveaux droits.

Cette mesure risque d’aggraver les inégalités femmes-hommes. On sait bien que si on n’oblige plus les patron.ne.s à tenir compte des inégalités femmes-hommes dans l’entreprise, ils ne le feront pas d’eux.elles-mêmes ! En 2016, les femmes gagnaient encore entre 10% et 20% de salaire de moins que les hommes à poste égal.

Cette mesure va encore limiter la parole des salarié.e.s dans l’entreprise. Après les IRP, on retire encore un espace dans lequel les salarié.e.s peuvent prendre la parole et peser sur les décisions. D’autant que le niveau de vie des salarié.e.s baisse, alors que les dividendes, eux, explosent !

Cette mesure va aggraver les différences entre les entreprises. A l’instar de toutes les mesures allant dans le sens du renversement de la hiérarchie des normes, celle-ci va généraliser des différences dans les conditions de travail des entreprises. Les entreprises pourront donc se faire concurrence non plus sur leurs produits, mais sur les salaires, voire même par des salaires particulièrement faibles pour les femmes.

Passer les négociations salariales et sur l’égalité femme-homme au niveau de l’entreprise, c’est abandonner tou.te.s les salarié.e.s, et en particulier les femmes.


Les Jeunes Socialistes s’opposent à la fin de l’obligation de négociations annuelles dans les entreprises, en particulier sur les questions salariales et d’égalité femme-homme.

Au contraire, il est temps d’encadrer les salaires, dans le public comme dans le privé. Au sein d’une entreprise, personne ne doit pouvoir gagner plus de 20 fois ce que gagne un.e autre !

Les Jeunes Socialistes refusent l’abandon de la lutte pour réduire les écarts salariaux entre les femmes et les hommes. Il est nécessaire de renforcer les sanctions contre les entreprises qui mènent des politiques discriminantes, que ce soit en termes de salaires comme de carrière et de responsabilités.