À Versailles, Emmanuel Macron s’arroge tous les pouvoirs et humilie le Parlement

Le Président de la République, après avoir humilié son Premier ministre en convoquant le Congrès la veille de son discours d’investiture, a choisi d’humilier aussi le Parlement et de remettre en cause l’équilibre des pouvoirs.
En prononçant un discours assumé comme n’étant qu’une opération de communication, fait de formules creuses et sans idées fortes et structurantes, dans une ambiance glaciale, le Président de la République montre son mépris pour le Parlement et pour les contre-pouvoirs.
Pire, cette dérive se manifeste à travers les injonctions qui sont faites au Parlement. Emmanuel Macron est venu à Versailles dire aux députés et sénateurs quoi voter, et comment le voter. Finalement, il considère qu’il ne s’agit là que de chambres d’enregistrement dont il convient qu’il détermine lui-même les règles. L’ouverture de la possibilité de voter la loi en commission est une remise en cause grave du rôle du Parlement et de sa souveraineté. Non, monsieur le Président de la République, le Parlement n’est pas le Conseil d’administration d’une entreprise, mais l’incarnation de la souveraineté populaire. Refuser les clivages au sein du Parlement, prétendument au nom de l’avenir, c’est aussi refuser le pluralisme et le rôle d’une opposition qui contrôle l’action de l’exécutif, conformément aux impératifs démocratiques. 
 
En s’arrogeant le monopole du « réel » Emmanuel Macron dépolitise le débat public et défend l’idée selon laquelle aucune alternative ne serait possible. L’utilisation des seules valeurs de patriotisme et de défense de « l’homme » ne suffiront pas à masquer les 60 milliards de coupes dans les dépenses publiques annoncées. Non « l’émancipation des individus » ne passera pas par un discours qui légitime la stigmatisation des chômeurs au nom d’une stratégie de la relance par la compétitivité du coût qui a conduit les pays européens à créer une armée de travailleurs pauvres.
 
Si les Jeunes Socialistes soutiendront l’introduction d’une dose de proportionnelle pour l’élection des députés et la suppression de la Cour de justice de la République, force est de constater que ces avancées ne compenseront pas une pratique personnelle et autoritaire du pouvoir. La Vème République atteint avec ce quinquennat son paroxysme. Alors que les élections législatives ont été marquées par une abstention record qui traduit la défiance des citoyens, les Jeunes Socialistes s’engagent pour une VIème République, parlementaire, primo-ministérielle et citoyenne.
La suppression de l’état d’urgence annoncée sera un leurre si les mesures liberticides qu’il contient sont transcrites dans le droit commun.
Sur l’immigration, en opposant les souffrances de ceux qui fuient les persécutions ou les guerres et ceux qui fuient la misère, Emmanuel Macron montre clairement qu’il cautionne les discours de son ministre de l’intérieur et une vision étriquée du rôle de la République et du devoir d’accueil de la France.
Dans ses rares propos sur le fond des questions économiques et sociales, Emmanuel Macron trahit la véritable nature de son projet politique : le libéralisme à outrance. En présentant l’égalité comme un dogme qui s’oppose à la « réussite », il rompt avec les valeurs et les traditions de notre République. Les Jeunes Socialistes s’engagent pour lui opposer une gauche qui portera l’égalité au coeur de tous ses combats pour transformer la société.
En conséquence, les Jeunes Socialistes appellent tous les députés de gauche à voter contre la confiance au gouvernement demain.