23 ans après le génocide des Tutsi : la France doit reconnaître sa grave part de responsabilité

Les Jeunes Socialistes réaffirment chaque année leur volonté d’entendre enfin un discours de vérité sur le génocide des Tutsi au Rwanda. Les preuves de l’implication de plusieurs hauts responsables politiques et militaires français sont de plus en plus étayées. Elles montrent le soutien de ces responsables au régime génocidaire issu du Hutu Power avant, pendant et après le génocide de 1994.

La Revue XXI publiée ce mois-ci apporte un élément nouveau mettant directement en cause le rôle qu’a joué Hubert Védrine dans un ordre de réarmement des génocidaires en fuite alors que les trois quarts des Tutsi du pays avaient déjà été massacrés. Un réarmement souvent dénoncé par Guillaume Ancel, ancien militaire engagé au sein de « l’opération turquoise ».

Dans le même temps, l’association Sherpa appuyée par le Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda (CPCR) et Ibuka porta plainte, en cette fin de mois de juin 2017, contre la BNP Paribas pour «complicité de génocide» et «crimes contre l’humanité». Cette banque française a en effet autorisé un transfert de fond de la Banque nationale du Rwanda les 14-16 juin 1994 vers le compte d’un marchand d’armes, ce qui a servi à réarmer les milices Interahamwé, alors qu’un strict embargo sur les armes était mis en place par l’ONU.

Pour la société engagée, ainsi que pour les associations de défense des familles de victimes et des rescapés du génocide perpétré contre les Tutsi, les responsabilités françaises ne font plus de doutes. Elles restent difficiles à prouver tant la volonté d’étouffer ce secret d’Etat est forte au sein de l’Elysée, et ce malgré les alternances politiques.

23 ans après, les Jeunes Socialistes demandent la justice.

Pour ce faire, les Jeunes Socialistes exigent à nouveau que l’Elysée rende publique les archives de la présidence Mitterrand concernant le Rwanda, plus précisément les archives militaires concernant l’opération turquoise.