Pour un meilleur accompagnement de la perte d’autonomie


En France, plus de 8 millions de personnes accompagnent au quotidien un proche fragilisé par l’âge, la maladie, ou le handicap. Ceux qu’on appelle aujourd’hui les « proches aidants » ont un rôle déterminant dans l’accompagnement des personnes en perte d’autonomie, et pour leur « maintien à domicile ». 

 

La politique de maintien à domicile date de 1962, et fait écho à un réel projet de société, celui de répondre au souhait des personnes en situation de dépendance de continuer à vivre à leur domicile. Cette politique est également pensée comme une « solution de crise ». La demande devenant trop importante du fait du vieillissement de la population, les pouvoirs publics ne sont plus en capacité d’accueillir toutes les personnes en perte d’autonomie en établissements (manque de places disponibles, cherté supposée de ce mode d’accompagnement,etc).


A partir des années 80, les solidarités familiales sont à nouveau fortement sollicitées pour pallier l’offre professionnelle insuffisante. Les structures familiales ayant évoluées (émancipation des femmes, exode rural des jeunes pour trouver un emploi), la problématique de l’épuisement des aidants devient un sujet de préoccupation majeur.


L »aide aux aidants »  va ainsi émerger sous la pression du lobbying des associations telles que France Alzheimer. Un statut de l’aidant ainsi qu’un droit au répit son enfin reconnus et des dispositifs à destination des aidants voient progressivement le jour.

 

Les politiques d’autonomie telles qu’elles sont pensées aujourd’hui présentent cependant de nombreux écueils. 

 

Les femmes, culturellement cheffes de file des solidarités familiales, se trouvent ainsi trop souvent être celles qui endossent, de manière choisie ou de manière contrainte, le rôle d’aidant (57% des aidants sont des femmes), ce qui participe aux difficultés qu’elles rencontrent pour  concilier vie professionnelle et vie personnelle.

 

Il faut également savoir que 47% des aidants occupent un emploi. Le rôle d’aidant entraîne une forme d’absentéisme qui peut créé des tensions avec l’employeur et mettre en péril le projets professionnels. 

 

En outre, l’épuisement qui découle de cet investissement personnel a un véritable impact sur la santé des aidants (60% d’entre eux déclarent avoir des douleurs physiques liées à leur rôle d’aidant, 60% ont également des troubles du sommeil, et 60% ont un fort sentiment de solitude) ,et près de 40% des aidants décèderont avant leur proche aidé. La question de la situation des aidants est donc une problématique majeure de santé publique à laquelle il devient urgent d’apporter des réponses.

 

En cette journée du 6 octobre, Journée Nationale des Aidants, les Jeunes Socialistes, se félicitent de l’instauration d’un « droit au répit » par la Loi d’Adaptation de la Société au Vieillissement. Ils invitent le Gouvernement à amplifier ce dispositif qui reste encore insuffisant, et à l’ouvrir aux aidants de personnes fragilisées par le handicap ou une pathologie chronique, afin de pas cantonner ce service aux seules personnes âgées. 


Par ailleurs, dans un contexte de vieillissement de la population, les Jeunes Socialistes se questionne sur la viabilité d’un système qui s’appuie de manière aussi importante sur les seules solidarités familiales. Ils sont favorables à l’instauration d’un cinquième risque de la sécurité sociale qui permettrait de financer la perte d’autonomie par une assurance publique et collective, seule solution viable et durable à une sortie de crise du « care ».   

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