Une santé accessible pour tous et partout

Médecins du monde a lancé cette semaine une campagne intitulée “Le prix de la vie” pour dénoncer les montants exorbitants pratiqués par les laboratoires pharmaceutiques dans la vente de médicaments et des traitements spécialisés. Certains traitements innovants anti-cancéreux ou pour soigner l’hépatite C atteignent des sommes indécemment élevées. La censure subie par Médecins du monde et sa campagne ne peut que nous interpeller et nous oblige à traiter du sujet soulevé.

Cette campagne nous rappelle que rien n’est jamais acquis et que même si la France possède l’un des meilleurs systèmes de santé du monde, certaines personnes ne peuvent se soigner pour des raisons financières. Par ailleurs, la pratique de tarifs excessivement élevés, peut à terme affaiblir notre système de sécurité sociale qui pourrait ne plus être en capacité de rembourser certains traitements ou certains soins.

Les Jeunes Socialistes sont engagés pour l’accès à la santé et aux soins pour tous. Depuis une quinzaine d’années les dynamiques politiques sont allées dans le sens de l’affaiblissement de notre modèle en lui imposant des milliards d’Euros d’économies en déremboursements de soins, des baisses de dotations de fonctionnement des centres hospitaliers et en fermetures d’hôpitaux de proximité, préjudiciables, principalement pour les plus précaires.

Les Jeunes Socialistes considèrent que la santé est un bien commun et non une marchandise. Le secteur de la santé doit être règlementé pour lutter contre la libéralisation toujours plus importante de la médecine et la toute puissance des lobbies.

Pour un système de santé plus égalitaire, nous proposons d’en renforcer l’accessibilité financière et de lutter contre la désertification médicale.

Garantir l’accessibilité financière à la santé

Les français ne sont pas tous couverts par une couverture complémentaire (5% de la population n’est pas couverte) et les jeunes sont 34% à renoncer à se soigner pour des raisons financières.

La généralisation du tiers payant initiée par la gauche au pouvoir est un signal qui prouve l’engagement des socialistes à faire de la santé un véritable droit. En évacuant toute difficulté de trésorerie des usagers, cette mesure participe véritablement à rendre la santé plus accessible.

Cependant, les Jeunes socialistes restent attachés à la suppression des franchises médicales qui, au delà de leur aspect financier véhiculent une volonté de culpabiliser les patients sous prétexte de les “responsabiliser”. Plus globalement, nous invitons à une plus grande restriction des déremboursements en rappelant qu’investir pour notre santé revient à faire des économies pour l’avenir. Par ailleurs, il est nécessaire d’en finir durablement avec les dépassements d’honoraires.

Les laboratoires pharmaceutiques développent des traitements dont le taux de remboursement par l’assurance maladie après autorisation de mise sur le marché est fixé en fonction du service médical rendu (le médicament traite-t-il une pathologie importante ?) et de l’amélioration du service médical rendu (existe-t-il d’autres produits permettant de traiter cette maladie ?), critères qui permettent de classer les médicaments en fonction de leur utilité thérapeutique. Cependant, les laboratoires se sont organisés en groupes de pression qui ont tendance à influencer de manière disproportionnée les acteurs de santé à leur avantage. Les marges effectuées sur la vente de certains médicaments sont inacceptables. Pour lutter contre ce système qui profite du malheur des uns, met en danger l’assurance maladie toute entière et prive les plus précaires de soins, il est impératif de limiter la profitabilité de ces sociétés. Pour cela il faut en priorité repenser le rapport des pouvoir publics aux acteurs pharmaceutiques, rénover notre manière de déterminer le taux de remboursement par la solidarité collective des médicaments, et généraliser la vente à l’unité des médicaments.

Lutter contre la désertification médicale

Il est urgent de lutter contre les inégalités d’accès aux soins en selon les territoires. En 2016, des écarts territoriaux importants de la population médicale sont recensés et une baisse préoccupante des médecins généralistes se confirme. Pour lutter contre la véritable désertification que connaissent certains territoires, trois pistes sont à explorer :

Il est impératif de lever les numérus clausus sélectionnant les médecins en faculté de médecine. L’ordre des médecins estime qu’entre 2007 et 2025, un généraliste sur quatre sera perdu, en raison des grands départs en retraite. Il est impératif d’organiser dès aujourd’hui le renouvellement de cette génération, dont le départ ne fera que creuser les inégalités territoriales.

Une répartition territoriale des praticiens contraignante serait une une réponse permettant de lutter contre les inégalités territoriales. Dans la dernière convention, l’assurance maladie propose d’allouer aux médecins une somme forfaitaire de 50.000 euros pour un contrat de trois ans dans une zone fragile ainsi qu’à ceux qui s’installent dans un “mode d’exercice regroupé”. Cette initiative est à saluer et aura certainement un impact sur la désertification médicale. Du fait du mode de financement de notre système de santé, il serait cependant tout à fait envisageable de contraindre davantage les médecins dans le choix du lieu de leur installation.

La généralisation des maisons médicales regroupant des soignants exerçant en libéral au sein d’un même établissement est à développer. De nombreux efforts ont été réalisés ces dernières années, notamment par les régions. Les maisons médicales sont attrayantes pour les jeunes professionnels car elles permettent un exercice plus confortable (partage des coûts administratifs, remplacements, tours de gardes de nuit et de weekend, vacances, etc). Elles sont aussi très intéressantes dans l’accompagnement des patients puisqu’elles favorisent l’échange entre les professionnels et permet une pluridisciplinarité qui peine à se mettre en place en “médecine de ville”.

Préparez le changement: restez informés!

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