Les congés payés ont 80 ans !

Le 11 juin 1936, un mois après l’accession au pouvoir du Front Populaire, les députés français votaient à l’unanimité une loi généralisant les congés payés. Elle stipulait : « Tout ouvrier, employé ou apprenti occupé dans une profession industrielle, commerciale ou libérale ou dans une société coopérative, ainsi que tout compagnon ou apprenti appartenant à un atelier artisanal, a droit après un an de services continus dans l’établissement à un congé annuel continu payé d’une durée minimum de quinze jours comportant au moins douze jours ouvrables ».

Grâce à cette innovation sociale et à l’instauration des 40 heures réglementaires de travail hebdomadaire, l’émergence d’une société du temps libéré avec le développement du tourisme, la pratique du sport et plus généralement les loisirs, s’amplifie et s’ouvre à une plus grande partie de la population.

Alors qu’un récent sondage a montré que 84% des français estiment nécessaire de partir en vacances au moins une fois par an pour le bien-être collectif et individuel, ces mesures ont considérablement amélioré les conditions de travail et de vie des salariés.

Les congés payés et la semaine de 40 heures de travail ont accompagné les accords de Matignon conclus sous l’arbitrage du gouvernement Léon Blum. Signés entre l’Etat, le patronat et les syndicats, ils prévoyaient non seulement une augmentation des salaires de 12% mais aussi la fixation d’un salaire minimum. Ils confirmaient les libertés et droits syndicaux avec l’ instauration de délégués du personnel et de contrats collectifs de travail.

Lors d’un rapport de force inégal, comme celui entre le patronat et les salariés, le recours à un tiers, à savoir la loi, est souvent essentiel pour rééquilibrer la situation au profit du plus faible. Cette reconnaissance du droit syndical a ainsi été une avancée majeure dans la protection des salariés.

Depuis 80 ans, à chaque fois que la gauche a été au pouvoir, elle s’est évertuée à renforcer ces acquis sociaux et à l’accès au temps libre pour tous, comme en témoigne la création d’un Ministère du Temps libre sous le Gouvernement Mauroy, dont on a hérité les chèques vacances. Généralisation de trois semaines de congés payés en 1956, quatre semaines en 1969, passage aux 39h hebdomadaires et à 5 semaines de congés payés en 1982 puis généralisation des 35 heures en 2000, c’est à chaque fois par une volonté politique de la gauche que ces avancées ont été possibles.

Les congés payés sont un acquis social fort, au cœur du modèle de société auquel nous aspirons : un modèle où le travail est partagé, qui permet à chacune et chacun de sortir de la centralité du travail pour valoriser son épanouissement personnel et collectif. Le triptyque « métro, boulot, dodo » ne devrait plus être subi par autant de travailleurs. Plusieurs études ont montré une corrélation entre la possibilité de prendre des congés régulièrement et la qualité du travail effectué. Une société du temps libéré, où chacun peut pratiquer un loisir, se cultiver ou s’engager dans une association, est ainsi autant bénéfique à la productivité qu’à l’émancipation personnelle et à la cohésion sociale.

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