30 ans de Tchernobyl : à quand la sortie du nucléaire ?

Le 26 avril 1986, le réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl, explosait à 1h23, causant la plus grave catastrophe de l’histoire du nucléaire civil. L’histoire, se répétait, à Fukushima le 11 mars 2011. En 2016, les leçons du passé n’ont pas été tirées, faisant peser sur les populations du monde, et notamment en France un risque inconsidéré.

L’organisation internationale “Médecins pour la prévention de la guerre nucléaire” (IPPNW) considère que le bilan de l’ONU sur la catastrophe nucléaire de Tchernobyl était sous-estimé. De 50 morts directs, nous devrions surtout considérer le travail des liquidateurs, ces personnels envoyés nettoyer le site après la catastrophe, dont 60 000 sont morts et près de 170 000 restés handicapés sur les 600 000 présents, ainsi que dans la population civile les 10 000 personnes atteintes d’un cancer de la thyroïde, les 5000 nouveaux-nés décédés et 10 000 nés avec des malformations en Europe. Les conséquences n’ont pas encore été toutes parfaitement évaluées et se poursuivent, alors que la Russie souhaite investir dans la construction de centrales nucléaires.

Si la France a des personnels qui ont une formation de qualité, elle ne peut se prétendre à l’abri d’un accident nucléaire, alors qu’en ce début d’année, deux accidents techniques imprévus ont eu lieu à la centrale de Paluel. C’est d’ailleurs ce que dit le président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), Pierre-Franck Chevet : “En France, nous pouvons avoir des séismes ou des inondations supérieurs à ceux qui étaient prévus, des actes de malveillance contre une centrale… Penser que cela n’arrive qu’aux autres revient à ne pas tirer les conséquences d’un accident.” (1). Mais surtout, la période est devenue cruciale, car les centrales arrivant en fin d’exploitation prochainement, l’investissement et le contrôle pour leur sûreté est primordial. Ces derniers risquent de faire défaut alors que la filière n’a pas terminé des projets de construction d’EPR à Flamanville et Olkiluoto en Finlande dont les coûts prévisionnels explosent, passant de 3 milliards à plus de 10 milliards d’euros chacun. C’est bientôt à Hinkey Point, au Royaume-Uni, qu’EDF va construire un nouvel EPR. Cette stratégie économiquement et environnementalement risquée, qui cause déjà des difficultés financières, est malheureusement confirmée par le renflouement d’EDF par l’Etat de 3 milliards d’euros.

“Nous sommes entrés dans une période d’enjeux sans précédent. La plupart des 58 réacteurs français, mais aussi des sites d’Areva (combustible et retraitement) et des réacteurs de recherche du CEA, soit quelque 150 installations, ont été mis en service dans les années 1980 et approchent donc de leurs quarante ans de fonctionnement.” (1) nous dit le président de l’ASN. Ainsi, un choix clair est devant nous : prolonger ou sortir du nucléaire. Le gouvernement s’est donné un objectif louable de réduction de la part du nucléaire de 75% à 50% dans le mix énergétique global d’ici 2025. Les Jeunes Socialistes appellent à la vigilance : cela ne saurait se faire par une simple mécanique d’augmentation des énergies renouvelables dans le mix énergétique, les plafonds de production nucléaire doivent baisser avec un calendrier de fermeture des centrales. Fessenheim devra ainsi apporter une expertise du démantèlement et de la reconversion de centrales à l’industrie nucléaire française, en tenant compte des erreurs faites sur le site de Brennilis.

Les Jeunes Socialistes saluent l’arrêté pris aujourd’hui par Ségolène Royal fixant des objectifs d’augmentation de la production d’énergies renouvelables d’ici 2023. Le développement de la biomasse, de l’éolien terrestre et du solaire photovoltaïque sont ici des priorités, et nous appelons à un accompagnement soutenu des projets menés par les PME et coopératives sur nos territoires. Les Jeunes Socialistes approuvent également l’annonce faite en clôture de la Conférence Environnementale de l’extension de 10 à 20km du périmètre des Plans particuliers d’intervention autour des centrales nucléaires.

30 ans après Tchernobyl, les Jeunes Socialistes demandent la transparence par la publication par les Etats et organisations internationales de toutes les données relatives à cette catastrophe ; une augmentation indispensable des moyens humains et logistiques de l’ASN ; et de faire enfin le choix courageux mais nécessaire de la sortie progressive du nucléaire, en commençant par la fermeture du site de Fessenheim comme s’y est engagé le Président de la République.

(1) Le Monde, 22 avril 2016 http://www.lemonde.fr/energies/article/2016/04/22/un-accident-nucleaire-majeur-ne-peut-etre-exclu-nulle-part-dans-le-monde_4907303_1653054.html#i3pF8xmIie0bx6ZP.99

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