Fin de la trêve hivernale et reprise des expulsions : pour un logement pour tous !

Le 31 mars marque la fin de la trêve hivernale, période de 5 mois durant laquelle les locataires ne peuvent se faire expulser de leur logement même si une mesure d’expulsion a été prononcée à leur encontre par la justice, ou se voir couper l’eau, le gaz ou l’électricité.

Ainsi pour plus de 120 000 locataires le 1er avril n’est pas la journée du poisson d’avril ; mais malheureusement une date fatidique marquant le sinistre retour des expulsions locatives sans solution de relogement.

Entre 2002 et 2012, le nombre de décisions de justice relatives à des expulsions locatives a augmenté de 37%. En 2013, la Fondation Abbé Pierre qui rend chaque année un rapport sur la situation du (mal) logement en France, recensait 126 000 expulsions prononcées. La Fondation Abbé Pierre alerte sur le fait que ces chiffres ne tiennent pas compte du nombre important de ménages qui partent d’eux mêmes sous la pression du propriétaire et par crainte du recours à la force publique. Selon le Ministère de l’Intérieur, en 2014, 11 604 ménages ont été expulsés avec le concours de la force publique, marquant une augmentation de 15% par rapport à 2013. Ils s’élèveraient à 40 000 si on tenait compte des familles qui partent d’elles mêmes, et à plus de 50 000 en tenant compte des évacuations des occupants sans titre (squatteurs) et des bidonvilles.

En 2012, sur 120 363 décisions de justice d’expulsions, 115 086 étaient motivées par des impayés de loyers. Cette situation illustre les conditions de grande précarité dans laquelle vivent de nombreuses personnes. Les ménages les plus précaires consacrent plus de 56% de leurs revenus à leur logement (loyer, assurance, factures d’énergie), soit trois fois plus que la moyenne (17,5%).

Lorsque le logement ne se contente pas de refléter les inégalités qui traversent notre société, mais les amplifie, comme l’illustre le dernier rapport de la Fondation Abbé Pierre, la pertinence de notre politique du logement doit être interrogée.

Alors que le chômage se maintient et que le nombre de travailleurs pauvres augmente, les Jeunes Socialistes s’inquiètent de l’augmentation de nombre de foyers touchés par le mal logement, et du nombre croissant de sans domicile fixe malgré la construction de centres d’hébergements d’urgence – qui restent insuffisants.

Nous condamnons par ailleurs fermement les propos stigmatisants, insultants et profondément réactionnaires tenus le 14 mars dernier par des habitants du 16ème arrondissement de Paris, et encouragés par le maire d’arrondissement Claude Goasguen, lors d’une réunion d’information relative à la création d’hébergements d’urgence.

Il convient en effet de repenser nos politiques de logement à l’aune de la question des inégalités sociales et de faire de la lutte contre les inégalités un objectif central de l’action publique.

Il n’est plus acceptable qu’en 2016 des individus puissent se retrouver à la rue faute de moyens suffisants, alors que la France reconnaît le logement comme un droit.

Les Jeunes Socialistes souhaitent que le Gouvernement se saisisse rapidement de l’ensemble de ces enjeux en poursuivant son action en matière de construction de logements, d’accessibilité des logements, de facilitation d’accès à la propriété et d’encadrement des loyers en le généralisant à toutes les grandes villes comme cela était initialement prévu.

Ils rappellent également leur attachement aux APL, à l’encadrement des frais d’agence et à un système de garantie universelle des loyers pour éviter les situations d’impayés.

Il revient à l’Etat de s’assurer du respect des obligations des maires en matière de construction de logements sociaux et de mixité sociale.

Ils se saisiront ainsi pleinement du projet de loi « Égalité Citoyenneté » qui comportera un volet « logement et mixité sociale », et de leur campagne relative à la lutte contre la pauvreté pour présenter leurs propositions en matière de logement.

Préparez le changement: restez informés!

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