Rapport de la Fondation Abbé Pierre : guérir une « France malade du mal-logement »

Le 28 janvier dernier, la Fondation Abbé Pierre présentait son 21e Rapport annuel sur l’état du mal-logement. Cette journée était également l’occasion pour son directeur général d’interpeller les pouvoirs publics sur l’urgence à agir en matière de droit et d’accès au logement, ainsi que sur les enjeux connexes notamment en terme de mixité sociale et de santé publique.

  • Une situation qui se dégrade

Le rapport de la Fondation Abbé Pierre dresse une nouvelle fois un constat alarmant de la situation du logement en France. L’an dernier, 3,8 millions de personnes étaient non ou très mal logées, et 12 millions étaient touchées à des degrés divers par la crise du logement ( surpeuplement, impayés de loyers, absence de chauffage et d’eau courante etc).

Entre 2001 et 2012 le nombre de personnes sans domicile a augmenté de 50% et atteint le nombre record de 141 500 sans abri, et le nombre de personnes contraintes d’être hébergées par des tiers ou de la famille (notamment les jeunes) continue d’augmenter.

  • Le logement facteur de creusement des inégalités 

Ce rapport a également pour intérêt de démontrer que si le logement reflète les inégalités, il peut également en être un facteur d’accroissement. Il démontre ainsi que l’élévation continue du coût du logement et des frais qui y sont liés (assurance, électricité, loyers) pénalise fortement les ménages les plus modestes. Ainsi, les ménages les plus pauvres (premier décile) consacrent 55,9 % de leurs revenus au logement, soit trois fois plus que la moyenne – 17,5 %), et sont 8,8 fois plus nombreux que les plus aisés (dernier décile) à vivre dans des logements qui ne disposent pas de tous les éléments de confort de base : eau courante, WC intérieurs, chauffage, etc.  Il en va de même de l’exposition à l’humidité sur les murs, les nuisances sonores, et au surpeuplement.

Par ailleurs, le mal-logement n’est pas sans conséquences sur la santé des individus qui, par leur environnement insalubre, sont plus exposés aux maladies respiratoires, psychologiques et à des difficultés à accéder aux soins.

Le mal-logement entretient également les inégalités en matière de mobilité résidentielle et de ségrégation urbaine qui conduisent nécessairement à une sollicitation croissante du parc locatif social.

  • Repenser notre politique du logement

Lorsque le logement ne se contente pas de refléter les inégalités qui traversent notre société, mais les amplifie, comme l’illustre le rapport de la Fondation Abbé Pierre, la pertinence de notre politique du logement doit être interrogée.

Il convient en effet de repenser celle-ci à l’aune de la question des inégalités sociales et de leurs conséquences, et de faire de la lutte contre les inégalités un objectif central de l’action publique.

Il n’est pas acceptable qu’en 2016 des individus ne puissent vivre dans un logement faute de moyens suffisants, ou pire, qu’ils vivent dans un logement qui les rend malades !

Aussi, les Jeunes Socialistes souhaitent que le Gouvernement se saisisse rapidement de l’ensemble de ces enjeux en poursuivant son action en matière de construction de logements, d’accessibilité des logements, de facilitation d’accès à la propriété et d’encadrement des loyers en le généralisant à toutes les grandes villes comme cela était initialement prévu.

Ils rappellent également leur attachement aux APL et à la question de la mixité sociale qui doit désormais être pensée à l’échelon des quartiers et non plus des villes.

Par ailleurs, depuis les dernières élections municipales, les cas de discriminations liées au logement se multiplient. Le Parquet de Nanterre vient ainsi d’ouvrir une information judiciaire visant le FN pour discrimination. Cela fait suite à une plainte de la Maison des Potes de mai 2014 contre les recommandations d’un guide destiné aux élus FN demandant la mise en place de la préférence nationale dans l’attribution des logements sociaux. Pour éviter ce genre de dérives, les Jeunes Socialistes militeront activement pour étendre l’anonymisation des demandes de logement, déjà appliquée dans certaines villes en matière de logement social.

Ils se saisiront ainsi pleinement du projet de loi « Égalité Citoyenneté » qui comportera un volet « logement et mixité sociale » afin de défendre une politique de la ville plus humaine, et vectrice de transformation écologique et sociale dans notre société.

Préparez le changement: restez informés!

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