Fin de vie : Vite, l’engagement 21 !

Le projet de loi sur la fin de vie revient à l’Assemblée nationale aujourd’hui, après avoir été détricoté lors de son passage au Sénat. Si le texte comporte des avancées, comme permettre une sédation profonde en fin de vie et rendre contraignante la directive anticipée écrite par le patient, les Jeunes Socialistes regrettent que ce texte ne respecte pas l’engagement 21 du Président de la République.

Appliquer la loi Leonetti

Si depuis 2005, les personnes en fin de vie bénéficient de la loi Leonetti interdisant l’acharnement thérapeutique et permettant l’arrêt des traitements dans certaines circonstances, cette loi est loin d’être appliquée correctement. En effet, l’acharnement thérapeutique est encore une réalité en France, comme en témoigne le cas médiatique de Vincent Lambert.

Comme l’affirmait la Cour de Comptes en 2008, l’accès aux soins palliatifs est parfois limité du fait de disparités géographiques. Seulement 20% des patients concernés bénéficient réellement de ces soins, ce qui conduit parfois les personnes les plus aisées à se tourner vers l’euthanasie clandestine vers des pays comme la Suisse, la Belgique ou les Pays-Bas, qui ont déjà autorisé l’euthanasie active.

Le gouvernement doit garantir des moyens suffisants aux établissements de santé pour qu’ils puissent mettre pleinement en œuvre la loi Leonetti de 2005, et un accès universel aux soins palliatifs.

Revenir sur le détricotage du Sénat

Le Sénat a voté que la sédation profonde ne soit plus « continue jusqu’au décès », alors que la loi proposée assumait que la sédation terminale pouvait avoir pour conséquence d’accélérer le décès du patient, tout en continuant de garantir que ce n’était pas son objectif.

Autre régression, le Sénat a proposé également que l’hydratation et l’alimentation artificielles d’un patient en fin de vie soient considérées comme des soins plutôt que des traitements, et ne pourraient donc plus être stoppées au titre du non-acharnement thérapeutique.

Respecter l’engagement 21

La proposition de loi adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale le 17 mars 2015 prévoit que les directives anticipées données par le patient au médecin s’imposent à ce dernier et ce, sans limite de validité. À défaut de directives anticipées, la volonté du patient pourrait être relayée par une personne de confiance préalablement désignée. Aussi, la nouvelle loi permettrait de faire entrer le patient dans une sédation profonde et continue afin d’accompagner le patient jusqu’à son décès.

L’engagement 21 promettait « que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité ».

Régulièrement, nous assistons à un emballement médiatique autour d’un cas de fin de vie. La Loi doit permettre de prévenir ce type de situation, qui laisse aujourd’hui les familles dans une situation extrêmement difficile. Les Jeunes Socialistes regrettent que la loi ne permette pas aux médecins un cadre juridique pour qu’ils ne se mettent plus, par compassion dans l’illégalité.

Face aux personnes que l’on ne peut plus guérir, le respect de la dignité́ humaine doit guider les choix politiques et éthiques. C’est pourquoi, les Jeunes Socialistes seront au rassemblement prévu aujourd’hui à 15h devant l’Assemblée nationale, aux côtés des associations mobilisées, pour rappeler notre attachement au droit à mourir dans la dignité.

Préparez le changement: restez informés!

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