Dix ans.

Il y a dix ans jour pour jour, Zyed Benna et Bouna Traoré, deux jeunes adolescents de Clichy-sous-Bois trouvaient injustement la mort alors qu’ils tentaient d’échapper à un contrôle de police. Ce drame a alors donné lieu à une révolte sociale sans précédent dans de nombreux quartiers populaires à travers le pays. Cette séquence révéla au grand jour l’échec des politiques de la ville et le sentiment d’abandon des habitants de ces quartiers qui accumulent les difficultés et les souffrances.

Le Ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, avait préféré faire porter aux habitants de ces quartiers populaires la responsabilité de cet échec. Ses propos incitant à « passer les cités au karcher », ou encore à « se débarrasser de la racaille »…, ont contribué à stigmatiser et à véhiculer les amalgames les plus nauséabonds.

Dix ans plus tard, la situation est toujours aussi alarmante et le sentiment d’injustice est d’autant plus fort, que les policiers poursuivis dans cette affaire pour non-assistance à personne en danger ont été relaxés. Dix ans plus tard, ces territoires de relégation sociale restent touchés par le chômage, la précarité, le décrochage scolaire, et les difficultés d’accès au logement et aux services publics.

François Hollande, dont la victoire a été rendue possible par une mobilisation forte des électeurs des quartiers populaires et des jeunes notamment, a incarné un changement des pratiques (notamment en rétablissant la police de proximité) et l’espoir d’une amélioration des conditions de vie. Si de nombreux moyens ont été mobilisés en faveur de la rénovation urbaine, force est de constater qu’ils restent insuffisants pour endiguer l’ampleur et la diversité des maux dont souffrent ces territoires.

En effet, les « impératifs de rigueur budgétaire » conduisent trop souvent l’Etat à se désengager, à réduire les dotations des collectivités territoriales et les subventions aux associations qui réalisent pourtant des missions essentielles au plus proche des habitants.

Ce drame aurait dû conduire les pouvoirs publics à restaurer un climat de confiance entre les jeunes des quartiers populaires et les forces de l’ordre plutôt que de laisser percevoir une approche militarisée de ces territoires, accentuée depuis les attentats du 11 janvier.

À l’heure où la cohésion sociale et républicaine est menacée par la montée de l’extrême droite, la banalisation des propos racistes et de la tentation du repli, il est temps de se saisir pleinement des enjeux des quartiers populaires et de prendre les mesures pour mettre un terme aux inégalités et aux injustices que subissent leurs habitants, confortant leur sentiment d’être des citoyens de second rang.

La République ne peut être perçue comme une et indivisible, si les valeurs dont elle se réclame ne sont pas une réalité pour toutes et tous. Aujourd’hui, les responsables politiques participent à la construction d’un mur qu’ils prétendent vouloir abattre.

Il est impératif de lutter activement contre toutes les formes de discriminations, notamment les contrôles au faciès, comme nous y encourage la Cour Européenne des droits de l’Homme, qui a récemment condamné la France sur le sujet. Agir, c’est redonner aux citoyens une capacité d’action contre ces injustices, et remettre de la sérénité, de l’égalité dans les relations citoyens-police.

Les Jeunes Socialistes soutiennent le gouvernement dans sa volonté de renforcer les sanctions des maires refusant de construire des logements sociaux. Cela doit néanmoins s’accompagner de mesures pour favoriser l’accès à un logement de qualité pour tous et la mixité, dans le parc locatif privé comme social.

Les Jeunes Socialistes se saisiront pleinement du volet sur la lutte contre les discriminations, inclut dans le projet de loi Taubira «La justice du XXIe siècle» pour formuler à nouveau les propositions portées depuis plusieurs années aux côtés des associations et collectifs impliqués : anonymisation des demandes de logements et des attributions de places en crèche, attestation de contrôle d’identité pour lutter contre les contrôles au faciès, ou encore l’action collective en matière de lutte contre les discriminations. Ils demandent aussi la légalisation du cannabis pour mettre fin à l’économie parallèle qui gangrène de nombreux quartiers de notre pays.

Enfin, parce qu’il est urgent de sortir les jeunes de la précarité et de l’exclusion, les Jeunes Socialistes militent pour un Acte 2 de la Priorité Jeunesse, avec le versement automatique des aides sociales pour les bénéficiaires, l’augmentation des bourses et l’extension du RSA-socle aux jeunes de moins de 25 ans dans un premier temps, puis la mise en place d’une allocation d’autonomie universelle et individualisée.

Préparez le changement: restez informés!

Commentaires

Soyez le premier à réagir !

Les commentaires sont fermés.