Air France : ni sanctions, ni licenciements.

Quelques jours après les incidents qui se sont produits lors du premier comité central d’Air France, et après l’annonce de la suppression, même en cas d’accord, de 1000 emplois sous forme de « départs volontaires », les Jeunes Socialistes tiennent à exprimer leur solidarité avec les salarié-e-s d’Air France.

Les annonces de l’actuel DRH sont une nouvelle provocation. Celui-ci propose de mettre en place des contrats de travail différenciés en fonction de la productivité, calqués sur l’idéologie sarkozyste qui propose de « travailler plus pour gagner plus ».

Les salari-é-s, victimes d’un système injuste

Les Jeunes Socialistes comprennent la colère et l’exaspération des salarié-e-s, alors que la direction de la compagnie leur a annoncé par voie de presse, 2 900 suppressions d’emploi. Ils sont victimes depuis des années d’une politique d’entreprise où ils sont au service d’une rentabilité amoindrie par un contexte concurrentiel inéquitable et de responsables qui ont oublié l’humain et l’investissement dans de nouveaux secteurs innovants, au profit de toujours plus de bénéfices et d’augmentation des marges.

Dans ce contexte, les « voyous » sont-ils réellement ceux qui subissent cette violence presque invisible qui se fait sans cris, sans heurts, sans tumulte, qui se décide dans la discrétion et l’entre soi d’un Conseil d’Administration, mais qui frappe et précipite des milliers de familles dans la précarité ? Pour les Jeunes Socialistes, les « voyous » sont ceux qui font subir cette violence et imposent des conditions de travail de plus en plus dégradées (cadences infernales sans contrepartie décente, salaires gelés ou en baisse…)

Les Jeunes Socialistes trouvent inacceptables les arrestations volontairement spectaculaires qui sont survenus le 12 octobre contre six salariés de la compagnie, interpellés à 6h du matinà leur domicile puis déférés au parquet 48h plus tard.

D’autres solutions sont possibles

Les Jeunes Socialistes refusent la financiarisation de ce secteur clé. Le transport aérien ne peut être qu’un vulgaire produit financier aux projets à court terme. Plutôt que des réponses de fermeté et de répression, les Jeunes Socialistes souhaitent voir émerger une solution politique afin de sortir du conflit d’Air France et de concilier, sur le temps long, le maintien des les emplois et le développement de la qualité de cette entreprise stratégique.

C’est pourquoi les Jeunes Socialistes demandent la levée des poursuites et des procédures disciplinaires engagées contre les salariés, afin de favoriser le retour de la sérénité et d’un dialogue social apaisé et l’abandon du plan de licenciements. Des reclassements à des postes dignes peuvent être effectués. C’est le rôle de l’État que de permettre aux salarié-es de conserver leur emploi et de les former à de nouvelles missions.

En effet, le secteur aérien français dispose d’immenses atouts : image prestigieuse, première destination touristique mondiale, infrastructures aéroportuaires de qualité, premier constructeur aéronautique mondial (Airbus), et représentent des centaines de milliers d’emplois et une forte attractivité pour notre économie.

Dans un contexte de croissance du transport aérien, il est absurde de réduire son personnel (au sol et en vol), ses investissements (renouvellement d’appareils) et son offre (fermetures de lignes). Plutôt qu’un plan de licenciements, Air France doit investir pour conquérir de nouveaux marchés aériens et permettre une formation professionnelle de qualité tout au long de la vie de ses salariés à qui ils doivent tant.

Plutôt qu’un plan de licenciements, Air France et l’Etat en tant qu’actionnaire de la compagnie, peuvent agir et pérenniser les investissements dans le secteur aérien en s’appuyant sur une véritable stratégie d’intérêt national et une véritable régulation de l’environnement économique très concurrentiel. Les Jeunes Socialistes soutiennent Ségolène Royal, Ministre de l’Écologie et notamment des Transports, qui a demandé à la direction de suspendre son projet de réduction d’effectifs pour permettre la reprise du dialogue social.

Air France n’est malheureusement pas une exception. La politique de l’entreprise se fait au détriment des salarié-e-s, et sans même que ceux-ci soient associés aux décisions stratégiques. Cette situation nécessite de repenser, plus globalement, la place des salarié-e-s dans leur entreprise. Les Jeunes Socialistes condamnent ce système et, face à ces événements souhaitent rappeler que la démocratie et la dignité ne s’arrêtent pas aux portes de l’entreprise.

Préparez le changement: restez informés!

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