Chers dirigeants européens…

Chers dirigeants européens,

Nous vous adressons une lettre d’espoir. C’est l’espoir de voir les dirigeants issus du processus démocratique se battre pour notre génération. C’est l’espoir de vous voir faire le bon choix en vous tenant aux côtés du peuple grec, dont les droits démocratiques font l’objet d’un immense déni. 

C’est jeudi et les banques grecques sont fermées.  Les négociations avec l’Union européenne ont brusquement été suspendues et un referendum aura bientôt lieu dans le pays. L’incertitude semble être le mot d’ordre jusqu’aux résultats du 5 juillet.

Qu’est ce qui nous à amené dans cette situation ?

Cela fait déjà six longues années que l’austérité est apparue en Europe à la suite de la plus grande crise en sur le continent depuis la Grande Dépression. Depuis, nombre d’événements se sont produits que pourtant nous ne pensions voir arriver en Europe : 

en Italie, un gouvernement non élu a été mis au pouvoir, rendant impossible le choix démocratique pour les italiens ; 

en Grèce, un gouvernement issu du processus démocratique s’est vu forcé de démissionner après les menaces européennes contre sa proposition de porter un referendum concernant les termes d’un plan de sauvetage de la zone euro. 

Dans le même temps, les pays aidés financièrement se sont vu contraints d’appliquer une austérité aveugle à travers des coupes budgétaires ainsi que des réformes néolibérales imposées par la dite Troïka. Ils sont donc tombés dans un marasme économique sans constater quelque amélioration de leur situation. Le taux de chômage, au contraire, ainsi que le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté ont explosé. En Grèce, la mortalité infantile a progressé, l’épidémie du SIDA  a de nouveau augmenté et plusieurs centaines de milliers de jeunes ont du quitter leur pays pour trouver un emploi. Tout ceci s’est produit pendant que la dette publique a continué d’augmenter et les réductions du déficit ont été tellement minces qu’elles en étaient à peine perceptibles.

Mais le fait le plus remarquable est que les conséquences de ces politiques non-démocratiques initiées par la Troïka ont fait le lit des mouvements d’extrême-droite qui ont gagné en popularité, en nombre de voix, en sièges au Parlement européen et en représentation dans les différents gouvernements européens. Ils ont commencé par gagner le cœur des jeunes qui peinent à trouver un avenir en Europe et qui sont à la recherche d’une alternative politique.

L’économiste Paul Krugman a dit que « La Troïka a fait une offre à Tsipras qu’il ne peut accepter, et probablement l’a-t-elle fait en toute connaissance de cause. », c’est-à-dire que l’Union européenne et la Troika disent au peuple européen qu’il n’y a pour eux d’autre alternative possible que ces politiques qui les rendent davantage au chômage, pauvres et en mauvaise santé. 

En tant que Jeunes Socialistes européens, nous nous opposons avec véhémence à ce que des dirigeants européens forcent l’un des États membres à accepter un accord inacceptable. 

Nous vous demandons donc de faire les efforts nécessaires à ce que la Grèce puissent rester dans son espace politique naturel tout en respectant la légitimité démocratique de son gouvernement. Nous croyons nécessaire de comprendre la demande du gouvernement grecque de reconsidérer une partie de la dette notamment celle créée par les politiques d’austérités qui rendent à présent le remboursement impossible. 

Les hommes et les femmes politiques en Europe doivent se recentrer sur les gens plutôt que sur les chiffres. Nous appelons les dirigeants européens qui invoquent en permanence leur attachement aux valeurs européennes à les mettre en pratique en choisissant clairement la démocratie. Dans cette situation, il est impossible de demeurer spectateur ou de rester entre deux positions, c’est votre devoir comme dirigeants démocratiquement élus d’être du côté du peuple européen. 

En tant que Jeunes Socialistes, nous voulons vous dire que votre choix déterminera si la relation que notre génération entretiendra avec le projet européen ces prochaines années sera de l’ordre du rejet ou bien si cette relation trouvera un sens. 

Le Prix Nobel Joseph Stiglitz a déclaré récemment « Cette préoccupation pour la souveraineté populaire (le référendum initié par le gouvernement grec) est incompatible avec les politiques menées par la zone euro, qui n’a jamais été réellement un projet démocratique. » Vous pourriez être la génération de dirigeants européens qui donne à l’Europe cette légitimité démocratique en construisant une vraie solidarité entre ses états membres et son peuple.

The Young European Socialists – Les Jeunes Socialistes Européens

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