Cannabis : Légaliser pour diminuer les risques

Les Jeunes Socialistes participent aux rassemblements à l’Appel du 18 Joint pour la légalisation du cannabis. Loin de considérer que fumer du cannabis est sans risque, les Jeunes Socialistes réaffirment néanmoins que la légalisation du cannabis est une nécessité pour réduire la délinquance et s’assurer que la consommation du cannabis soit soumise à un contrôle et sujette aux moins de risques possibles. Une légalisation permettra un meilleur contrôle de la production et de la consommation, notamment chez les jeunes.

L’échec des politiques répressives

Plus de 50% des jeunes de 17 ans déclarent avoir déjà consommé du cannabis contre 42% en 2002 et les Français font partie des plus gros consommateurs de cannabis d’Europe. Il est nécessaire que la question d’une légalisation du cannabis soit amenée au cœur du débat public, à une heure où près de 1,2 millions de français, en tant que consommateurs, sont considérés comme des délinquants. De plus, cette consommation élevée entraîne donc un trafic souterrain intense pour se procurer un produit qui génère plus de 1 milliards d’euros par an. Les différentes et coûteuses politiques de répression n’ont mené à rien. Il est donc temps d’agir autrement.

Lutter contre la criminalisation des consommateurs

En 2013, les interpellations pour usage de cannabis représentaient plus de 90% des interpellations pour usage de stupéfiants. Les saisies de pieds de cannabis (141 tonnes) sont en augmentation et atteignent un niveau sans précédent. La répression n’a ainsi entraîné qu’une augmentation de la délinquance liée au trafic du cannabis.

Le résultat ? Une incarcération massive de jeunes en difficulté. Des petits dealeurs se retrouvent alors en prison à côtoyer de gros criminels et récidivent à plus grande échelle, incitant une plus forte criminalisation des trafics. Dans les quartiers sensibles, le trafic de cannabis entraîne guerres de gang et insécurité pour les habitants.

Légaliser, mais comment ?

La nécessité paraît évidente, mais la forme d’une éventuelle légalisation fait débat. Il existe plusieurs écoles, plusieurs possibilités :

À titre d’exemple, une dépénalisation complète de la consommation et de la possession de petites doses, comme dans 20 états américains et aux Pays-Bas, peut être une piste vers une légalisation totale. Cependant, une telle solution ne répond pas tout à fait aux nécessités de santé publique et de maîtrise de l’État sur cette économie souterraine (les fameux « coffee shops » d’Amsterdam s’approvisionnent encore au marché noir), que les Jeunes Socialistes considèrent comme prioritaires.

D’autre part, si une libéralisation de la vente de cannabis comme dans le Colorado permettrait à l’État d’organiser la distribution à travers des intermédiaires indépendants et de percevoir près de 1,8 milliard d’euros tout en créant des centaines d’emplois, il est pourtant prévisible qu’elle encouragerait un regain de consommation, notamment chez les jeunes. Soumis aux lois du marché et considéré comme un produit anodin, le cannabis sera plus accessible pour les populations à risques. La libéralisation d’un produit qui reste un produit dangereux entraîne de facto une négation des problématiques de santé et de prévention, au profit des recettes.

Une solution à la fois efficace et protectrice des consommateurs serait celle d’une légalisation de la production, de la vente, et de l’usage, dans le cadre d’un monopole public, comme en Uruguay. La vente se ferait alors en pharmacie ou en parapharmacie et rapporterait plus de 1,6 milliards en divers impôts et taxes à l’État. Cette forme de légalisation permet de répondre tout autant aux problématiques de santé publique que de prévention de la délinquance, amenant une disparition du marché noir, avec une acquisition du cannabis sous le contrôle de professionnels de santé.

Pour une véritable politique de prévention

La légalisation permettrait d’en finir avec l’économie souterraine autour du cannabis, souvent coupé avec d’autres substances très nocives qui augmentent les risques sanitaires. C’est pourquoi il faut contrôler la qualité et réguler la vente du cannabis, par la puissance publique.

Parallèlement, une vraie politique de prévention permettrait d’informer les consommateurs et de les sensibiliser directement aux risques liés à la surconsommation ou au mélange avec d’autres substances (alcool, médicaments…). Les professionnels de santé pourraient, au sein des « coffee shop », d’avoir un contact régulier et individualisé avec les consommateurs.

Préparez le changement: restez informés!

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