Santé au travail : reconnaître le burn-out comme maladie professionnelle

À l’occasion de l’ouverture du débat parlementaire sur la Loi de modernisation du dialogue social, les Jeunes Socialistes rappellent leur engagement dans la lutte contre les souffrances au travail (physiques, pénibilité, stress, horaires décalés, harcèlement, fatigue, métiers à risques…) et soutiennent notamment, à ce titre, la proposition de reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle.

Plus de 3,2 millions de salariés seraient concernés par l’épuisement au travail. Celui-ci serait lié à la course à la productivité, aux exigences court-termistes actuelles, à la prise de pouvoir de la finance sur les entreprises ainsi qu’à la connexion permanente des salariés à leur téléphone et à internet, ce qui efface peu à peu les frontières entre vie privée et professionnelle. De même, dans un contexte de chômage de masse, la peur de perdre son emploi et du déclassement incite souvent les salarié-e-s à taire leurs mauvaises conditions de travail.

Toute la difficulté réside dans la faculté de prouver l’existence d’un lien « direct et essentiel » entre maladie et travail, ainsi que le respect du critère de soudaineté qui caractérise l’accident du travail. Tandis qu’aucun tableau des maladies professionnelles ne mentionne les maladies dues à des facteurs psychiques, une bataille culturelle doit être menée pour déconstruire l’idée que ces symptômes seraient provoqués par des facteurs intrinsèques (la personnalité, la situation familiale) et pour faire accepter le fait que le travail puisse, dans certaines conditions, être pathogène pour la sphère psychique.

Parce que la définition du burn-out n’est pas unanimement définie, très peu de salarié-e-s parviennent à justifier que leur maladie est due à leurs conditions de travail. Afin d’inciter à la prise de conscience et pour que les employeurs agissent au quotidien sur la prévention de ces souffrances, les Jeunes Socialistes demandent :

– La reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle ; soit en modifiant le tableau des maladies professionnelles, soit en réduisant puis supprimant le seuil minimum pour reconnaître l’IPP (incapacité permanente partielle) qui disqualifie aujourd’hui trop de cas de maladies psychiques ;

– L’instauration d’un droit à la déconnexion ;

– La mise en place d’une réflexion sur la prise en compte des affections résultant d’une exposition à des risques psychosociaux d’origine professionnelle ;

– L’imputation à l’entreprise du coût de la prise en charge, et non pas la branche maladie de la sécurité sociale ;

– La prise en compte des risques psychosociaux dans les principes et politiques de prévention et dans la formation des professionnels de santé ;

– La prise en compte de dommages psychiques dans le compte pénibilité.

Préparez le changement: restez informés!

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