Naufrages en Méditerranée : Face à la répression meurtrière de l’immigration, réagir

Frontex

  • Agence européenne semi-privatisée
  • Création en 2004
  • Objectif : « gestion intégrée des frontières extérieures » = réguler l’immigration clandestine et préserver les frontières européennes.
  • Budget : 90 millions d’euros par an

Opération Mare nostrum

  • Gérée par l’Italie
  • Territoire couvert : frontières italiennes
  • Octobre 2013 – Décembre 2014
  • Objectifs : mission humanitaire, identification des bateaux submersibles et sauvetage des migrants et transfert en Sicile, poursuites engagées contre les passeurs.
  • Budget : 9 millions d’euros par mois
  • Résultats : a permis de sauver 113 000 migrants et plus de 500 passeurs traduits en justice et condamnés

Opération Triton

  • Gérée par l’Agence Frontex
  • Territoire couvert : frontières italiennes
  • Lancée en novembre 2014
  • Objectifs : répondre de manière opérationnelles aux missions de Frontex, c’est-à-dire le contrôle des frontières, et non de sauvetage en mer.
  • Budget : 3 millions d’euros par mois
  • Pourquoi cette politique est un échec

    En verrouillant les frontières dans le cadre de la lutte contre l’immigration irrégulière, les pays européens donnent, en réalité, plus de pouvoir aux passeurs et aux trafiquants d’êtres humains. Une telle politique pousse des hommes et des femmes en droit d’obtenir une protection internationale, mais ne parvenant pas à y avoir accès par les voies légales, à emprunter des itinéraires toujours plus dangereux et toujours plus meurtriers. Leur barrer la route se traduit, pour les refugiés, par davantage de difficultés à trouver une protection.

    La ligne directrice de Frontex est marquée par une volonté de protection du système et de « l’équilibre » économique européen où la question de l’humain n’est que peu considérée dans sa gestion des migrants.

    Cette agence, censée protéger les migrants et faire diminuer le nombre de morts en Méditerranée, essuie le triste constat d’une multiplication par deux du nombre de décès depuis sa mise en place et avec plus de 1 776 disparus depuis le début de l’année 2015.

    Entre l’Union européenne, ses États-membres, ou les pays membres de l’espace Schengen, Frontex ne possède pas d’autorité de tutelle identifiée ce qui rend les recours à son encontre impossibles. Une telle aberration est incompatible avec la Charte des Droits Fondamentaux, à laquelle elle est sensée être soumise au même titre que toute institution et organe de l’Union européenne. Par exemple, le manque de validation démocratique des mesures mises en place par Frontex est contraire au principe de légalité. De la même façon, s’il n’y a pas de possibilité de recours contre une décision, c’est contraire au droit au procès équitable.

    De même, son budget reste relativement faible, face à la mission qu’elle s’est donnée : à peine 90 millions d’euros par an, là où l’Italie seule en investissait plus de 100 pour la seule opération Mare nostrum. Pire, sur ces 90 millions, seuls 55 sont affectés aux opérations c’est-à-dire seulement la moitié de ce que l’Italie était prête à investir pour le sauvetage de migrants en danger. Ainsi, Frontex n’investit qu’un tiers des moyens mis à disposition de l’Italie pour Mare nostrum avec un budget de 3 millions d’euros par mois seulement. Une telle différence de moyens, conséquence de la politique d’austérité de l’Union Européenne, se traduit autant dans la diminution de la taille des bateaux de sauvetage, signifiant une efficacité amoindrie lors des opérations de sauvetage en mer, qu’un manque de personnel, autant que de ressources nécessaires d’urgence, tels que l’eau, la nourriture, des couvertures.

    Enfin, le système de Dublin prévoit qu’un migrant demande l’asile dans le pays où il arrive, ce qui produit le fait que l’Italie et la Grèce rassemblent la plupart des demandes d’asile.

    Nos propositions

    Les Jeunes Socialistes souhaitent un revirement de politique d’immigration européenne, et notamment une redéfinition des prérogatives de Frontex. Cette politique de refoulement aux frontières et de méthodes paramilitaires a prouvé son échec. Il est grand temps de changer de trajectoire.

    Les Jeunes Socialistes encouragent notamment une politique sensiblement proche de l’opération Mare nostrum : à la fois une politique humaniste de secours des migrants et de rapatriement de ceux-ci en Sicile et une politique de condamnation des passeurs et de démantèlement des réseaux. L’Union européenne ne peut nier les difficultés auxquelles sont confrontés des pays comme Malte, l’Italie, Chypre, etc. Comme Amnesty International, nous demandons une opération plus importante que Mare nostrum, incluant la participation des 28 États de l’Union européenne.

    De même, les Jeunes Socialistes dénoncent l’absence de possibilité de recours face aux actions perpétrées par Frontex, et l’absence de contrôle juridique extérieur, et de légitimité démocratique a priori, qui placent Frontex en contradiction directe avec les principes édictés par la Charte des Droits Fondamentaux. Dès lors, nous soutenons la mise en place d’un mécanisme de dépôt et de traitement de plaintes, qui permettrait à tous les migrants et victimes d’engager la responsabilité de l’agence et de l’Union européenne face leurs manquements.

    Un contrôle extérieur du respect des Droits de l’Homme apparaît fondamental, mécanisme rendu possible par une adhésion de l’Union européenne à la Convention européenne des Droits de l’Homme et qui permettrait l’engagement par les particuliers de Frontex et de l’Union européenne devant la Cour européenne des Droits de l’Homme pour ses violations de droits fondamentaux.

    De même, les Jeunes Socialistes revendiquent une possibilité de contrôle par le vote au Parlement européen sur les opérations d’ampleur mises en place par Frontex.

    Les Jeunes Socialistes se mobilisent

    Il est temps que l’Union européenne fasse face à ses propres responsabilités. Ce samedi 9 mai, les Jeunes Socialistes mèneront des actions pour alerter nos concitoyen-e-s sur les naufrages de migrant-e-s en Méditerranée. Cette action, organisée par YES (les Jeunes Socialistes Européens), aura lieu au même moment partout en Europe. Dans le même sens, les jeunes socialistes mènent depuis plusieurs mois une campagne pour défaire les idées reçues avec un « vrai/faux » de l’immigration et montrer qu’une autre politique migratoire est possible : solidaire, respectueuse et coordonnée.

    Ces drames relancent le débat sur l’accueil des immigrés en Europe et sur les conditions de vie de tous ces citoyens du monde prêts à risquer leur vie dans l’espoir d’un futur meilleur. Les Jeunes Socialistes refusent d’utiliser les étrangers comme bouc-émissaires des problèmes économiques et sociaux de la France. De la même façon, l’Union européenne ne peut pas accepter que des milliers de personnes meurent à ses frontières et doit agir vite. Pour faire face à ces défis, la meilleure garantie de prévention demeure celle d’un accueil solidaire.

Préparez le changement: restez informés!

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