Le plan Juncker : un plan de relance en trompe l’œil

Ce mercredi 26 novembre, le président de Commission Européenne Jean-Claude Juncker a annoncé devant le Parlement Européen un « Fonds Européen pour les investissements stratégiques » de 315 Milliards d’€uros destiné à relancer la croissance et l’investissement qui font cruellement défaut à la zone euro en cette période de crise.

À l’heure où même le FMI et l’OCDE appellent l’Union Européenne à un assouplissement de sa politique de rigueur pour enfin permettre une sortie de crise à la zone euro et où l’Organisation International du Travail (OIT) a décrété l’état d’urgence social en Grèce jusqu’en 2038, un plan d’investissement massif est effectivement d’une nécessité absolue.

Si ce plan semble valider tardivement les propositions portées par les socialistes lors des élections européennes, les jeunes socialistes restent inquiets concernant les modalités de ce plan de la Commission Juncker. En effet, ce Fonds Européen, qui entrera en vigueur en juin prochain, ne sera doté que de 21 milliards d’€uros à son lancement. Chaque pays pouvant contribuer avec des fonds supplémentaires, qui ne seraient pas comptabilisés dans le calcul de leurs déficits pour des projets destinés à leurs territoires.

Ces 21 milliards devraient être investis dans des secteurs comme le transport, l’énergie et l’économie numérique et les 315 milliards d’€uros seraient atteints d’ici 2017 grâce aux retombées des entreprises privées à qui cet argent serait destiné. Pour atteindre ce montant, la Commission Européenne espère donc que ces retombées soient quinze fois supérieures à sa mise initiale. Un tel effet multiplicateur semble peu crédible tant il apparaît comme miraculeux.

D’autre part, ce mécanisme se veut fédéral. En effet la composition du Conseil d’Administration de ce Fonds sera paritaire entre la Commission Européenne et la Banque Européenne d’Investissements. Les investissements seraient concentrés principalement sur les pays et les secteurs les plus en difficultés bien qu’aucun choix n’ait encore été communiqué. Néanmoins, face à la très faible mise de départ, ce Fonds à minima est en partie conçue pour ne pas déplaire à l’Allemagne et aux membres les plus libéraux de la Commission.

Les Jeunes Socialistes expriment donc leurs réserves face à ce montage complexe et flou. En effet, avec le TSCG en vigueur, peut-on être sûr que les investissements des états ne seraient pas limités et ne seraient effectivement pas comptabilisés dans leurs budgets nationaux sous la pression des Conservateurs ?

Au cours des dernières élections européennes, le Mouvement des Jeunes Socialistes et les Jeunes Socialistes Européens (YES) dans leur campagne pour Martin Schulz ont portés des propositions concrètes pour relancer l’Europe : une véritable politique de relance publique financé par la Banque Centrale Européenne ; une autre modèle de développement basé sur la transition énergétique accompagné par une véritable politique européenne de l’énergie et du numérique ; un budget européen largement supérieur à 1% du PIB pour mettre en place ces politiques européennes et un SMIC européen pour tendre vers une meilleure harmonisation sociale dans l’Union. Avec ce plan Juncker à minima, ces propositions apparaissent comme étant plus que jamais d’actualité et les Jeunes Socialistes continueront de les porter pour enrayer la spirale de la récession dans laquelle l’Europe s’enfonce.

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