Pas sans nos quartiers

Lors du récent anniversaire de l’ANRU (Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine), la politique de rénovation urbaine et ses résultats ont été salués.

Malheureusement, la situation des populations ne s’améliore pas au rythme des destructions des grands ensembles datant des années 1970.

C’est d’ailleurs l’ONZUS (Observatoire National des Zones Urbaines Sensibles) qui a démontré par ses études annuelles que l’objectif de mixité sociale par la rénovation urbaine n’a jamais abouti.

Avec l’arrivée de la gauche au pouvoir, de nouveaux objectifs ont été mis en œuvre à travers la loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine. La carte des zones prioritaires a été redessinée, mais cette loi était surtout attendue par les associations et les acteurs des quartiers comme un moyen de redonner du pouvoir aux habitants, de les inclure aux prises de décisions ayant un impact sur leur lieu et mode de vie.

« L’empowerment », dont les objectifs étaient tracés dans le rapport Bacqué/Mechmache remis au Ministre de la ville, avait été conçu après consultation et audition de plus de 300 citoyens et de près de 120 responsables associatifs.

Si une seule de ces mesures a été retenue ; la création des conseils de quartier, celle ci n’a pas été suivie de mesures d’application fortes.

C’est d’ailleurs ce constat qui a impulsé la création d’une plateforme des quartiers populaires le 8 février dernier: un regroupement d’associations ayant pour revendications le socle des propositions du rapport Bacqué/Mechmache, ainsi que le projet de lancement d’un appel à la création d’un fond de dotation pour la démocratie d’interpellation citoyenne.

Au début du mois de septembre, cette initiative a conduit à la réunion de 150 associations à Nantes, qui ont officialisé la création de « Pas sans nous », une organisation en passe de devenir un véritable syndicat des banlieues.

S’entourant de membres associatifs spécialisés, de chercheurs universitaires, de professionnels urbanistes et de citoyens, le collectif a l’intention de mener le rapport de force avec les élus locaux et les partis politiques. Ils demandent aussi la création d’un ministère de la ville aux compétences transversales afin que toute politique soit une politique d’égalité et d’inclusion.

Myriam El Khomri, Secrétaire d’Etat à la Politique de la ville, présente lors de l’événement, promet alors de rencontrer le collectif une fois par trimestre, puis annonce qu’une série de mesures sera dévoilée d’ici la fin de l’année sur la base d’un rapport qui lui sera remis en octobre par le député Yves Blein.

Les Jeunes Socialistes estiment que la gauche doit tout mettre en œuvre afin d’inclure les citoyens les plus éloignés des lieux de pouvoir à la chose publique. Cet objectif à atteindre doit se traduire par l’ouverture du débat démocratique à tous, redonner confiance et pouvoir d’agir aux plus exclus.

Conscients des quelques avancées effectuées depuis 2012, nous pensons que l’amélioration du service public, dans l’intégralité de ses domaines, au sein des quartiers populaires doit s’accélérer: de l’éducation à la santé, en passant par la culture.

Les futures mesures ne devront plus accompagner le vide politique et social mais combler réellement les besoins des citoyens. Car nous le savons, partout ou l’Etat recule, ce sont le repli sur soi, l’ethnocentrisme et l’extrême droite qui montent.

Parce que l’égalité républicaine, c’est aussi l’émergence de nouveaux élus réellement représentatifs de la population française, nous soutenons le non cumul des mandats dans le temps, nécessaire au renouvellement.

Parce que l’égalité passe par la fin des discriminations au faciès, nous continuons à porter le projet d’Attestation de Contrôle d’Identité (ACI), soutenu par tant d’associations et de citoyens et à l’engagement 30 de François Hollande en 2012 .

Parce que l’égalité c’est faire le redressement économique et productif partout, nous demandons à ce que le gouvernement amplifie son accompagnement auprès des jeunes entrepreneurs des quartiers, plein d’idées et de talents, mais bien souvent seuls lorsqu’il s’agit de trouver des financements.

Enfin, l’égalité républicaine appelle à la reconnaissance par l’Etat des populations qui contribuent à son développement économique et culturel: cela doit passer par le droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales, une promesse de la gauche depuis 1981.

Préparez le changement: restez informés!

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