Il n’y a plus qu’une seule politique possible : vite, la justice climatique

Récemment, le GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) a publié son 5ème rapport, dont les conclusions sont sans appel, planifiant des hausses de 4° à 5°C si aucune volonté politique n’intervient : il faut agir fortement et dès maintenant, sans quoi l’inaction coûtera beaucoup plus cher. Pour les Jeunes Socialistes, cette mise en garde directe des chefs d’Etats doit impérativement déboucher sur une accélération et une amplification des négociations en vue de la Conférence mondiale sur le climat de Paris en 2015.

Aux quatre coins du monde, les dirigeants s’engagent…

Quelques jours avant cette publication se tenait un sommet européen sur le climat, à Bruxelles. Les 28 États de l’Union européenne sont parvenus à des engagements chiffrés : la baisse de 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, la hausse de la part d’énergies renouvelables à 27 % du mix énergétique total et une augmentation de 27 % des économies d’énergie. Si cet accord signale à la communauté internationale que notre continent, ciblé comme l’un des principaux responsables des émissions de gaz à effet de serre, est prêt à s’engager, il reste critiquable et bien loin des objectifs nécessaires pour limiter le dérèglement climatique à +2 degrés. De plus, la nomination de l’espagnol Arias Canete au poste de commissaire à l’énergie et au climat, alors qu’il a des actions dans l’industrie pétrolière, est clairement inacceptable.

Tout d’abord, les ambitions initiales de l’accord ont dû être revues à la baisse pour obtenir la signature de la Pologne, qui produit 90% de son énergie par le charbon, hautement émetteur de gaz à effet de serre. De plus, cet accord fixe un objectif global (et non pas par État) qui n’est en aucun cas contraignant. Sa réussite sera donc soumise aux aléas des bonnes volontés politiques nationales. Or, si l’on souhaite une transition énergétique efficace, de coupler un tel accord à des outils juridiques et financiers dissuasifs et contraignants. Pourtant, l’actuel marché carbone n’est toujours pas remis en cause. L’Union européenne compte sur ce mécanisme pour réduire de moitié les réductions de CO2 prévues dans le cadre de l’accord, ainsi que sur ses revenus pour aider les pays les moins riches et les plus dépendants aux énergies fossiles à financer la transition énergétique. En plus d’être contestable sur le principe, ce marché est d’une utilité nulle puisque le cours de la tonne de CO2 apprivoise les 6€. Autant dire qu’un prix aussi bas ne contraint pas les industriels à réduire leurs émissions.

Depuis, les États-Unis et la Chine ont, pour la première fois, entériné des objectifs de réduction des émissions de GES. La Chine s’est engagée à faire passer à 20% d’ici 2030 la part d’énergies renouvelables dans sa production énergétique. De leur côté, les Etats-Unis se sont engagés à réduire de 26-28% leurs émissions d’ici 2050 par rapport à 2005. Si cet engagement est historique, il ne doit être qu’un point de départ. En effet, une réduction des émissions ne peut attendre 2030 pour le premier émetteur d’émissions ! De même, les objectifs américains actuels ne permettent pas de résorber la crise climatique et il ne nous reste que peu de temps, avant que celle-ci ne s’enlise, et devienne hors de portée.

A l’échelle mondiale, les négociations climatiques piétinent. Réunis à Bonn du 19 au 25 octobre, les États devaient avancer dans la rédaction du premier accord mondial contraignant pour lutter contre le dérèglement climatique, qui doit être entériné à l’occasion de la Conférence de Paris. En effet, l’ONU souhaite obtenir de la part de tous les pays signataires – et plus seulement des pays développés – des engagements concrets pour réduire leurs émissions de GES. Principale raison de ce nouvel échec : les crispations autour du financement. Pour les pays les moins avancés, il est indispensable que des moyens financiers importants soient débloqués. Les 100 milliards de dollars promis doivent alimenter le Fonds vert, sans quoi il leur sera impossible de s’engager. La prochaine rencontre, qui aura lieu en décembre à Lima, hérite d’un échec supplémentaire qu’il faudra au plus vite résoudre pour que l’ensemble des pays autour de la table s’engagent fortement et rapidement.

…mais devront répondre à l’urgence de la situation

Le même rapport du GIEC comporte une bonne nouvelle : nous connaissons toute une batterie de mesures pour enrayer le dérèglement climatique. La transition vers une économie bas-carbone est techniquement faisable ! Les Jeunes Socialistes sont particulièrement vigilants sur l’évolution des négociations et sur la nécessité d’atteindre l’objectif zéro émissions en 2100, comme le préconise le GIEC.

Nous continuons à apporter des propositions et à nous mobiliser sur l’ensemble des territoires pour une transition énergétique efficace, qui allie impératif écologique et justice sociale. Parce que nous pensons que la mobilisation des politiques mais aussi des citoyens et citoyennes est essentielle pour changer de système, nous avons participé à la Marche pour le climat fin septembre, à l’écriture d’amendements sur le projet de loi transition énergétique ainsi qu’à diverses « simulations de négociations ». Nous travaillons désormais à la constitution d’une plateforme de mobilisation et de propositions avec la jeune gauche pour ensemble, relever le défi climatique.

Préparez le changement: restez informés!

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