Résolution – Conflit Israélo-Palestinien

Jaurès : «Le courage, ce n’est pas de laisser aux mains de la force la solution des conflits que la raison peut résoudre …»

Alors que l’opération « Bordure Protectrice » lancée par Israël se poursuit et que les tirs de roquettes depuis Gaza ne semblent pas cesser durablement, le bilan de ces attaques s’alourdit chaque jour de part et d’autre, ayant déjà causé la mort de plus de 2100 personnes, très ma- joritairement côté palestinien, notamment civils. En tant que militants humanistes, nous nous indignons de la résignation dont semble faire preuve la communauté internationale dans son ensemble face à ce conflit, d’essence bien plus politique que religieux.
L’escalade de la violence, à laquelle nous assistons depuis ces dernières semaines, doit être fermement condamnée : tout acte de guerre, ainsi que tous les actes de violence doivent être rejetés. Ni la peur et l’insécurité créées par les tirs de roquettes du Hamas, ni l’offensive mi- litaire israélienne, catastrophique par ses conséquences et totalement disproportionnée par ses moyens, ne peuvent être soutenus ou tolérés. Nous ne pouvons nous résigner à voir ainsi des populations entières ensanglantées dans une logique de vengeance, alimentant chaque jour un peu plus l’engrenage de la haine. Ces attaques et l’usage de la violence sous toutes ses formes ne font que renforcer les extrémistes des deux côtés et réduisent toujours plus les espoirs de paix. L’extrême-droite israélienne, déjà puissante au sein du Gouvernement Ne- tanyahou, se voit ainsi confortée dans sa logique sécuritaire et répressive, et ne s’interdit plus de laisser libre cours à son discours haineux et à des actes de violence contre les manifestants pacifistes en Israël ; Côté palestinien, seuls les éléments les plus violents du Hamas ainsi que les groupuscules les plus extrémistes à Gaza bénéficient de cette situation dès lors qu’il s’af- firment comme figures de proue du monde arabe face à Israël, et au détriment de l’Autorité Palestinienne, acteur principal des négociations de paix.
Le Likoud fait ainsi le jeu d’un Hamas qui était en perte de vitesse, et le Hamas fait le jeu du nationalisme guerrier du Likoud.
Socialistes et internationalistes, nous appelons : à un cessez-le-feu immédiat et durable sous l’égide de l’ONU et à la levée du blocus maritime et terrestre ; à l’implication de la commu- nauté internationale pour mettre un terme à cette spirale de la violence – en particulier les principaux bailleurs de fonds des deux camps, dont l’UE- ; ainsi qu’au respect du droit inter- national, seul garant d’une paix durable. Ceci implique en premier lieu la fin de la colonisation israélienne, sans laquelle tout aboutissement du processus de paix vers la coexistence de deux Etats souverains, viables et sûrs, sur la base des frontières de 1967, est rendu impossible.
Aucune paix durable ne pourra émerger d’une situation de détresse sociale et de misère éco- nomique. Alors que près de 50% de la population gazaouie est sans emploi, il est urgent que la France et plus globalement l’Union Européenne et les Nations Unies, défendent la mise en place d’une politique de développement économique qui rompe avec la logique de blocus aujourd’hui promue par le gouvernement Israélien.
Nous exprimons également notre solidarité et notre soutien à nos jeunes camarades israé- liens et palestiniens, du Meretz et du Fatah notamment, dans leur mobilisation pour la paix, face aux lynchages et aux menaces, auxquels ils doivent trop souvent faire face dans leur propre pays en manifestant pour la fin des hostilités et l’établissement d’une paix durable.

Par ailleurs, dans ce conflit comme dans d’autres, l’aodption par l’Union Européenne d’une position commune sont un enjeu important. C’est notamment à travers l’Europe que la France pourra continuer à compter sur la scène internationale.
Dans l’immédiat, la responsabilité de la France est de porter, sans hésitation aucune, ce mes- sage de paix, basé sur le droit international et la reconnaissance réciproque de deux Etats souverains, afin de contribuer à une réconciliation entre les peuples israélien et palestinien. C’est ce message qui a fait la spécificité de la diplomatie française et lui a permis de poursuivre le dialogue avec toutes les parties prenantes de ce conflit, mais c’est surtout le seul qui per- mettra d’apaiser les tensions sur cette question dans notre propre pays. Si les évolutions ré- centes du discours du Gouvernement sont un signe encourageant dans sa volonté de mettre un terme aux opérations militaires en cours, la diplomatie française devra poursuivre sans relâche son action pour faire respecter le droit international et contribuer à une paix durable sur la base de deux Etats.
Les Jeunes Socialistes soutiennent les manifestations pour une paix juste et durable mais ne seront jamais présents aux côtés d’antisémites. Nous appelons le gouvernement à ne faire preuve d’aucune tolérance face à toute forme de discrimination et de racisme, quels qu’en soient les motifs, afin que chacun puisse avoir confiance dans la République.
Face aux extrémismes, à la montée de l’antisémitisme ou de l’islamophobie qui dépassent très largement le conflit israélo-palestinien mais s’en nourrissent, le message du Gouvernement et des responsables politiques dans leur ensemble, se doit d’être exemplaire : seul un discours républicain fédérateur et inclusif sera porteur d’espoir et garant du principe de laïcité, ainsi que de la promesse républicaine d’égalité.
Fidèles à nos convictions humanistes, internationalistes, de gauche, les Jeunes Socialistes poursuivront leur combat pour une paix durable au Proche-Orient, respectueuse du droit international et de la dignité des personnes, et continueront à réaffirmer les valeurs du pacte républicain dans notre pays. Nous affirmons la nécessité de débattre publiquement de ce conflit, sans l’importer en France, mais en appuyant les valeurs républicaines et en luttant contre toutes les discriminations.

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