Intervention de Laura Slimani lors du Conseil National du Parti Socialiste le 14 Juin 2014

Seul le prononcé fait foi

Chers amis, Chers camarades,

Les Jeunes Socialistes ont fait campagne avec force et énergie pour les élections municipales et européennes, vous le savez.

Mais si la baffe du 25 Mai a été dure, elle ne les a pas surpris pour autant.

Il faut d’abord dire que si le vote FN progresse, ce n’est pas lui qui est le plus important (7% des jeunes) mais bien l’abstention à 73%.

Nous assistons à une génération entière qui construit son rapport au politique dans l’abstention. Et si vous vous abstenez de cette manière à 20 ans, il n’y a aucune raison pour que vous vous mettiez à vous réveiller en voulant voter à 30 ans.

Cette génération rejette non pas la démocratie mais le manque de démocratie. Elle rejette un double verrouillage démocratique.

D’abord le sentiment que celles et ceux qui nous dirigent ne nous ressemblent pas du tout. Combien d’employés et d’ouvriers à l’Assemblée Nationale ? Combien de personnes issues de l’immigration ? Combien de médecins, d’énarques, de sauts fonctionnaires ou d’avocats par contre ?

Et combien de moins de 30 ans ? C’est simple, zéro. Et notre famille politique a sa part de responsabilité, car la France a 60 ans, elle en a 40, mais elle a aussi 20 ans.

Alors je le dis, ce n’est pas acceptable que les jeunes aient servi trop souvent d’affichage puis d’ajustement entre les deux tours pendant les élections municipales. Je veux par ailleurs féliciter tous les Jeunes Socialistes qui ont été élus le 30 Mars. Je le dis aussi, quand 25% des jeunes sont au chômage en Europe et que nous subissons les premiers l’austérité sur le continent, il est inconcevable que le Parti Socialiste ne présente aucun moins de 40 ans en position éligible pour les élections européennes.

Mais ce verrou, nous pouvons l’ouvrir. En faisant en sorte que nos élus sortants soient renouvelés à 50% lors des élections régionales. En faisant le non cumul des mandats dans le temps, en les limitant à 2 mandats consécutifs, ce qui est amplement suffisant.

Avec les Jeunes Socialistes nous irons tout au long du mois de Juin à la rencontre des jeunes qui veulent bouger la gauche avec nos propositions.

Enfin, refuser l’oligarchie c’est aussi prendre garde aux nominations qui apparaissent déconnectées des réalités.

Pardonnez mon ignorance, mais je ne connaissais pas Jacques Toubon avant jeudi. Alors comme beaucoup de Jeunes Socialistes je suis allée voir qui c’était. Quelle n’a pas été ma surprise de voir qu’il avait 73 ans. Alors je me suis dut qu’il avait dû faire des choses remarquables pour être nommé à un tel poste à cet âge.

Vous savez ce que j’ai trouvé ? Un homme remarquable, qui s’est prononcé contre la loi sur l’abolition de la peine de mort, mais aussi contre la dépénalisation de l’homosexualité ou encore contre la première loi sur le harcèlement sexuel. Et puis enfin, bouquet final, un homme qui a tenté de faire amnistier des commandos anti-IVG en 1995. Alors ayons un peu de courage pour faire la République avec ceux qui la défendent.

Le second verrou, non moins important, c’est celui qui nous donne le choix de mener des politiques différentes. La situation présente en est un exemple édifiant. Personne ne nous dit vers quel projet de société nous voulons aller, mais combien de fois entend-on à longueur de journée que « nous n’avons pas le choix » parce qu’aujourd’hui les critères budgétaires sont plus importants que les choix exprimés dans les urnes.

C’est cela précisément qui mine la démocratie. Parce que quoi qu’il arrive, il paraît que nous n’avons pas le choix de baisser de 50 milliards la dépense publique, et que nous n’avons pas le choix d’en donner 41 aux entreprises privées sans contrepartie. Mais nous les Jeunes Socialistes pensons que la politique c’est précisément se donner le choix.

Oui être socialiste c’est d’abord être fiers de toutes les réformes de gauche parce que personne ne les soutiendra si ce n’est pas nous : réforme pénale, ESS, hausse du nombre d’emplois d’avenir, droits des femmes, et aussi, chers camarades, la loi ALUR, pour faire notamment l’encadrement des loyers. Il faut être fiers de ces lois, et il faut les défendre face aux lobbies.

Etre socialiste c’est se dire que l’on préfère donner un tout petit peu moins à la grande distribution et continuer d’augmenter les bourses chaque année pour aller vers une allocation d’autonomie universelle et individualisée.

Etre socialiste c’est se demander où se reproduisent les inégalités pour les combattre : à l’école, qu’il nous faut donc préserver et transformer, mais surtout par le patrimoine qu’il faut taxer et redistribuer.

Etre socialiste c’est ne pas voter pour Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission Européenne.

Etre socialiste c’est, à l’heure où des femmes et des hommes meurent déjà à cause du réchauffement climatique en Bosnie, se dire qu’il est impensable que les déficits passent avant la transition énergétique.

Bref, être socialiste, c’est vouloir, au plus près de la société, non pas s’y adapter, mais la transformer.

Préparez le changement: restez informés!

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