Discours de Laura Slimani lors du Meeting de lancement des élections Européennes au Cirque d’Hiver

Seul le prononcé fait foi

Chers amis, chers camarades,

Cher Jean-Christophe
Quel plaisir d’être avec vous tous ce soir pour lancer cette grande campagne européenne, si importante pour ma génération.

Le 6 mai nous pensions que nous avions tout gagné. Nous rêvions de voir la gauche au pouvoir nous l’avions.

En 2 ans, nous avons eu des satisfactions, des actes forts et des promesses tenues.

Nous avons eu des résultats, un chômage des jeunes qui baisse depuis 10 mois, 60 000 postes dans l’éducation nationale, des moyens en plus pour la justice qui sont aujourd’hui préservés.

Mais nous avons aussi ce sentiment que malgré notre vote du 6 mai,
cet ouvrier de Lorraine ne retrouvera pas d’emploi,
cet enfant du Limousin enchainera les petits boulots en intérim à Paris,
cette prof du Var n’aura toujours pas les moyens de payer cette année, ni l’année prochaine, une maison de retraite à sa mère qui vieillit.

Si chaque jour nous voyons qu’une politique de gauche est différente d’une politique de droite, nous voyons aussi que nous avons besoin d’être majoritaires en Europe pour véritablement changer la vie.

La commission européenne fait des recommandations budgétaires que nous attendons tous les trimestres comme le condamné attend son bourreau. Et les gouvernements européens se plient à ces bouts de papier qui piétinent la vie des européens depuis 5 ans.

Est-ce que nous nous engageons pour ces feuilles qui disparaitront ?

Je ne crois pas. Tous ici nous sommes engagés pour des femmes et des hommes, pour eux, qui contrairement à un pourcentage de déficit, naissent, grandissent, vieillissent et meurent, eux qui respirent, souffrent, travaillent et aspirent au bonheur.

Toi Martin, les jeunes socialistes savent que tu t’engages pour les femmes et les hommes d’Europe qui n’en peuvent plus de souffrir.
Alors tu peux nous faire confiance pour mobiliser tous les jeunes le 25 mai.

Je vous dis cela car 66% des jeunes se sont abstenus lors des élections municipales.

70% aux dernières européennes.

Cette abstention elle est réfléchie.

Les jeunes se sont abstenus parce qu’ils pensent que nous ne pouvons rien faire pour eux.

Trop souvent nous avons dit cela. Que nous ne pouvions pas. Qu’il n’y avait qu’une seule politique possible. Qu’il fallait avancer par petits pas. On voit bien où cela nous a menés.
Alors il est l’heure de dire que cette fois ci, nous changerons l’Europe.

Il est l’heure de dire aux jeunes : cette élection c’est la vôtre.

C’est celle où vous pouvez refuser d’être la génération sacrifiée.
Celle où vous pouvez vous inventer un nouveau destin.
C’est celle où vous pouvez redonner tout son pouvoir à votre bulletin de vote du 6 mai.
Car pour l’instant le destin des jeunes c’est d’être la génération la plus qualifiée de l’Histoire, la plus mobile, la plus flexible, une génération solidaire, européenne, engagée.

Mais la génération qui subit le plus le chômage, les stages et la précarité.

Alors moi je veux bien que certains disent le chômage des jeunes, « c’est la faute au SMIC ». Mais quand 29% des jeunes sont payés au SMIC, qu’ils ne peuvent pas avoir accès au RSA, qu’ils sont la catégorie la plus pauvre de la population, c’est tout simplement un scandale, de dire que les jeunes devraient être moins payés simplement parce qu’ils sont jeunes.

Le patron du Medef, ce qui est sûr, c’est qu’il ne sait pas ce que c’est que de vivre avec le SMIC. Monsieur Gattaz, nous ne sommes pas un fardeau, nous sommes les forces vives de notre pays et de l’Europe. Et on ne peut pas dire que cela soit votre cas vu le mépris que vous avez pour les jeunes.

Moi je préfère vous dire :
heureusement qu’on l’a, le SMIC » qui protège les jeunes français de la précarité,
heureusement que l’Allemagne sous l’impulsion des sociaux-démocrates va mettre en place un salaire minimum,
et vivement que Martin Schulz soit président de la commission européenne pour que TOUS les jeunes européens puissent bénéficier d’un SMIC, et d’un vrai !
**
C’est toujours pareil : quand on commence enfin à harmoniser, certains veulent tout précariser.

L’excuse des libéraux, c’est qu’il n’y a pas d’argent. Qu’il faut réduire les dépenses. Et les salaires. Et la sécu. Et les services publics. Et les droits des femmes –oui, pour la droite européenne, les droits des femmes c’est en option.

Cette réduction aveugle est bien sûr un prétexte, car on voit bien que le rétrécissement à l’infini de la puissance publique cela fait exploser la dette et c’est inefficace.

La véritable raison des politiques austéritaires, c’est que la droite veut laisser carte blanche à finance. La crise ? Mais quelle crise ? La responsabilité des agences de notations ? Ah bon ? Le renflouement des banques par les Etats ? De quoi parlez vous ? Les bonus des banquiers ? comment, ça existe ça ?

Face à cette droite faussement naïve, quel bonheur de voir que Martin Schulz, notre candidat, ait décidé de s’attaquer enfin à la finance pour la remettre à sa place. Car ce n’est pas Jean Claude Juncker, le VRP des paradis fiscaux, qui va s’attaquer à la finance mondiale.

Oui mais « on ne peut rien faire. »
Voilà les 5 mots qui empêchent nos concitoyens d’y croire. Si on ne peut rien faire, on ne se présente pas aux élections.

Notre campagne européenne cela doit être celle du faire, car on PEUT faire.

Chaque année nous perdons 1000 milliards d’euros dans l’évasion et la fraude fiscale en Europe. Alors qu’allons nous faire avec Martin Schulz ? Nous allons faire en sorte que les entreprises paient leurs profits là où elles les font.

Et ces 1000 milliards, nous allons les Ré-cu-pé-rer.
Comme pouvons et nous devons, réduire massivement nos émissions de gaz à effet de serre.

Comme nous pouvons garantir de manière contraignante l’égalité salariale femmes-hommes et d’ailleurs nous avons commencé à le faire en France.

La droite nous dit : d’abord on réduit, ensuite on redistribue.

Mais ce n’est pas dans 3 ans que les jeunes ont besoin d’un emploi, c’est maintenant.
C’est maintenant que les Etats ont besoin des eurobonds pour mutualiser leurs dettes.
C’est maintenant que nous avons besoin d’une taxe pour ralentir la finance et renflouer nos budgets.
C’est maintenant que les jeunes espagnols portugais grecs irlandais, au lieu d’être condamnés à l’exil, doivent avoir le droit de travailler dans leur pays.

Il y a une communauté de destin des jeunes européens, entre le jeune Français qui enchaine les CDD et le jeune allemand qui enchaine les minijobs.

Entre l’étudiant tchèque qui dort dans sa voiture, et l’étudiant espagnol qui s’est vu supprimer sa bourse Erasmus.
Entre cette jeune irlandaise qui n’a pas le droit d’avorter, et cette jeune catalane qui demain peut être vivra dans la même peur de tomber enceinte.

Avec les jeunes socialistes portugais, allemands, belges, italiens, irlandais, autrichiens, espagnols et bien d’autres, nous avons mené une campagne commune en 2012 dès la victoire de la gauche, « Rise-up » car nous savions que l’Europe était notre premier défi.

Ce soir d’ailleurs, je tiens à saluer la présence de Johanna Uekermann, présidente des Jeunes socialistes allemands, Ciaran Garrett, président des jeunes travaillistes irlandais.

Nos parents ont vécu la guerre froide, nos grands parents ou arrière grands parents ont vécu la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui on ne donne pas aux jeunes la chance d’aimer l’Europe. Alors que l’Union est née de l’horreur du passé, ma génération vit dans la peur de demain.

Nous avons fait l’Europe pour la paix, mais que reste-t-il du rêve européen ?
Si les jeunes savent qu’ils peuvent construire leur avenir en Europe, alors seulement pourront-ils l’aimer et se battre pour elle.

Trop souvent les sociaux-démocrates ont renoncé. Nous avons le candidat, nous avons le projet, nous avons l’énergie collective. A l’heure où nos concitoyens sont tentés par l’extrême droite sur tout le continent, nous n’avons pas le droit de renoncer. Nous n’avons pas le droit de laisser entendre qu’il n’y aurait qu’une politique possible, parce que c’est l’Europe du progrès, sur tous les plans, qui fera reculer ceux qui ne laisseraient, au final, que des regrets.

Cette fois ci cela doit être la bonne.

La victoire est possible.
Le rapport de force gauche droite se jouera à 1, 2,5, 10, 20 eurodéputés.
20 eurodéputés, c’est deux meetings en Hongrie, un bus itinérant dans la Ruhr, deux porte-à-porte en Irlande, un appel de vous tous à vos amis, et un grand rassemblement des jeunes socialistes européens le 3-4 mai au Pavillon Baltard.

Martin, nous sommes prêts à agir avec toi pour que les jeunes européens vivent mieux en 2019 qu’en 2014.

Notre victoire est nécessaire, elle est indispensable et elle est possible.

Notre victoire tient à ces millions de militants de gauche en Europe, à
Ces millions de jeunes européens qui diront non à l’austérité,
ces millions de petits retraités qui voteront pour des pensions plus élevées, ces millions de femmes qui voteront pour leurs droits,
ces millions d’internautes qui voteront pour leurs données personnelles,
ces millions d’ouvriers qui voteront pour protéger leur emploi

Ces dizaines de millions de citoyens qui voteront pour une Europe de gauche.

Il est temps, de changer d’Europe.

Préparez le changement: restez informés!

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