Ce que les jeunes attendent d’un gouvernement de gauche

Nous avons assisté cet après-midi à un discours déterminé et engagé pour la réussite de la France. Manuel Valls a exprimé un diagnostic à la hauteur de la gravité de la situation de notre pays et de la défiance vis à-vis des politiques qui s’est exprimée les 23 et 30 mars. Le Premier ministre a noté les déceptions et les attentes des classes populaires, des fonctionnaires, des habitants des quartiers populaires et des jeunes.

Les Jeunes Socialistes saluent un discours déterminé pour faire de la France un Etat exemplaire en matière de transition énergétique en amont de la conférence Climat en 2015. Ils seront aux côtés du gouvernement pour élaborer un projet de loi ambitieux, pour réduire significativement la part du nucléaire et d’énergies fossiles dans notre consommation d’électricité. La transition énergétique nécessite également des investissements importants auxquels nous serons vigilants, pour permettre le développement des énergies renouvelables et l’isolation du bâti. Par ailleurs, nous souhaitons que le refus de la France d’exploiter les gaz de schiste soit réaffirmé, malgré les pressions européennes et internationales à cet égard.

Certaines mesures annoncées vont donner de l’air aux travailleurs précaires et aux ménages modestes. Cela étant dit, les Jeunes Socialistes restent sceptiques vis-à-vis d’une politique qui a pour seul outil macroéconomique le rétrécissement de la puissance publique. En plus de la réduction significative des dépenses publiques annoncée, la baisse importante des cotisations sociales, si elle aura un effet direct sur le coût du travail et sur le pouvoir d’achat, représentera aussi un manque à gagner important pour la sécurité sociale et les politiques de redistribution.

A l’heure où les égoïsmes sociaux grandissent et où le besoin de présence publique sur les territoires se fait sentir, la gauche doit être attentive aux conséquences de long terme de ces politiques sur le modèle Républicain auquel les Français sont attachés.

Par ailleurs, nous souhaitons appeler le gouvernement à être particulièrement attentif à ce que les 30 milliards versés aux entreprises ne puissent en aucun cas financer une augmentation des dividendes. Au contraire, dans le cadre du « pacte de solidarité » des mesures concernant l’encadrement des salaires, l’interdiction des stock options (engagement de campagne de François Hollande) ou des parachutes dorés seraient un signal donné de la justice dont nous faisons preuve dans le redressement de la France.

Nous attendons également plus de précisions sur les garanties du pacte en matière d’emploi, de formation, et d’augmentation des salaires, qui restent trop évasives. En effet, les carnets de commande des entreprises ne se rempliront que par une reprise de l’emploi et de la consommation des ménages.

Enfin, nous serons particulièrement attentifs aux actes pris pour poursuivre et amplifier la priorité jeunesse. Au moment où les jeunes sont dans une grande attente vis-à-vis des politiques, il est indispensable de prouver par les actes que notre gouvernement est entièrement mobilisé pour faire en sorte que les jeunes vivent mieux en 2017 qu’en 2012.

Ainsi, nous attendons avec impatience que le gouvernement réaffirme qu’il poursuivra l’augmentation des bourses étudiantes dès 2014, garantira de la création des 60 000 postes dans l’Education Nationale et réalisera son plan pour l’éducation prioritaire. C’est ce que nous comprenons dans l’affirmation de Manuel Valls : « chaque enfant, quel que soit son milieu social, doit bénéficier des mêmes opportunités ». Malgré l’instrumentalisation par les maires de droite, la réforme des rythmes scolaires doit permettre à chaque enfant de s’épanouir à l’école de manière égale.

Les jeunes des quartiers populaires ne voient pas la répercussion concrète sur leur vie de la politique menée. Leur insertion sur le marché du travail est d’autant plus importante qu’ils subissent parfois deux fois plus le chômage que l’ensemble des jeunes. C’est pourquoi nous proposons de créer 100 000 emplois d’avenir en plus en 2014 (au lieu des 50 000 prévus) et de les leur ouvrir plus largement, notamment dans le domaine de la transition énergétique. Nous voulons également remettre au centre du débat toutes les mesures qui permettent de lutter activement contre les discriminations : CV anonymes, attestation de contrôle d’identité notamment.

2014 est une année d’élections européennes. Les Jeunes Socialistes saluent la volonté de Manuel Valls de mener un bras de fer à l’échelle de l’Europe afin de desserrer l’étau de l’austérité imposé par la droite de Merkel et Barroso. C’est aujourd’hui non pas un risque d’inflation mais de déflation qui guette le continent. Le premier objectif des Etats européens doit donc être de relancer l’emploi, par des investissements et la transition énergétique notamment. Les Jeunes Socialistes s’y attacheront tout au long de la campagne européenne, qui sera déterminante pour l’avenir de la politique menée par la France.

Le nouveau temps du quinquennat qui s’ouvre est crucial pour la France. Les Jeunes Socialistes prendront donc toute leur part aux débats à gauche car nous devons aux jeunes une politique qui réponde à leurs attentes, fondée sur les aspirations exprimées le 6 mai 2012. Nous serons là pour soutenir chaque mesure positive, et pour rappeler chaque jour à la gauche qu’elle ne saurait gouverner durablement sans mettre la justice sociale et l’égalité au cœur de ses politiques.

Préparez le changement: restez informés!

Commentaires

Soyez le premier à réagir !

Réagissez !

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.