Journée internationale de la Francophonie – Rencontre avec Jonathan Dawance, nouveau président des Jeunes Socialistes belges

Bonjour, merci d’avoir accepté cet entretien, les Jeunes Socialistes français et les Jeunes Socialistes belges entretiennent de bonnes relations de longue date.

Le 20 mars est la journée internationale de la francophonie. L’Organisation internationale de la francophonie rassemble 57 Etats dans le monde et le français est parlé par 220 millions de personnes. Pour François Hollande, “la langue française n’appartient pas à la France”, selon toi, quel rôle la langue française peut-elle jouer, dans le monde dans les années à venir ?

Face à la mondialisation grandissante et au ‘tout-anglais’, il est important pour les Jeunes Socialistes de défendre la langue française. En tant que francophones, nous partageons également une histoire commune et une même culture: nous aimons les même livres, les mêmes auteurs, le même cinéma, les mêmes humoristes, la même musique, …La langue fait partie de notre identité.

La Francophonie peut être vue comme un contre-point à la globalisation grandissante. Tous ces peuples, unis car parlant la même langue, doivent s’attacher non seulement à défendre cette langue mais aussi à défendre la diversité culturelle dans son ensemble.

Nous devons profiter de ce ‘vecteur commun’ comme un outil pour maintenir des relations entre ces pays afin de développer des politiques communes sur le plan culturel, sociétal et économique. Le français est un passeport vers les 5 continents, il nous permet de nous ouvrir vers le monde.

Inévitablement, les liens sont encore plus forts avec la France, pays voisin de la Belgique. Nous constatons en effet que nos politiques nationales sont liées. L’opinion politique des français a une influence sur l’opinion politique belge et inversement. Le résultat de vos élections aura certainement un impact chez nous. Je vous souhaite donc une belle réussite pour les prochaines municipales car, de toute évidence, cela influencera nos prochaines élections régionales et fédérales.

Tu viens d’être élu il y a quelques semaines à l’occasion du congrès des Jeunes Socialistes, quelles sont les priorités de ton nouveau mandat ?

En effet, le bureau des Jeunes Socialistes a été renouvelé le 22 février dernier et j’ai été élu au poste de Président avec, pour me soutenir, une équipe motivée et unie. J’ai trois priorités pour le Mouvement des Jeunes Socialistes belge.

Tout d’abord, le travail sur le terrain avec les Fédérations sera mon cheval de bataille afin d’augmenter le nombre de nos adhérents. Plus nous serons nombreux, plus nous renforcerons notre position sur l’échiquier politique et nous pourrons porter au plus haut la voix des Jeunes socialistes tant au sein de notre mouvement qu’auprès des citoyens.

Ensuite, je souhaite renforcer l’action commune jeune. L’action commune est le lieu où l’ensemble des associations amies du PS se réunissent pour coordonner leurs actions afin de défendre un projet de société de gauche et progressiste. Cette action commune existe aussi chez les jeunes. Développer ces liens entre organisations de jeunesses partageant les mêmes valeurs permettra d’amplifier le message de la jeunesse progressiste.

Enfin, les Jeunes Socialistes de France le rappellent plus haut dans cette interview : nos deux organisations ont noué au fil des années des liens très forts. Je mets donc également un point d’honneur à maintenir de bonnes relations avec les Jeunes Socialistes français mais aussi avec l’ensemble des organisations de gauche au niveau européen et mondial. La campagne « Rise Up » est très enrichissante à tout point de vue, il faut continuer dans ce sens-là !. Ensemble, nous sommes plus forts !

Peux-tu nous parler de la situation des belges en ce moment suite à 2 années de gouvernement d’union nationale avec le premier ministre socialiste Elio di Rupo ?

Nous arrivons aujourd’hui en fin de législature, l’heure est donc au bilan. Les français s’en souviennent peut-être encore : la formation de notre gouvernement a été très compliquée et a duré… 541 jours! En Belgique, un parti n’est jamais seul au pouvoir. Il doit négocier avec d’autres partis politiques afin de former une majorité. Elio Di Rupo a finalement réussi à trouver une coalition et a pris la tête du « gouvernement Papillon », nom dû au grand nombre de couleurs politiques le composant : orange (chrétiens-démocrates), bleu (libéraux) et rouge (socio-démocrates).

Nous étions alors en pleine crise : l’Europe imposait ses premières mesures d’austérités, les entreprises mettaient la clé sous la porte… Malgré ce contexte difficile et la coalition gauche-centre-droit (difficile à imaginer n’est-ce pas?), le travail du Parti Socialiste a porté ses fruits : notre Premier Ministre a réussi à limiter l’impact de la crise sur les citoyens. Nous avons pu maintenir notre système de sécurité sociale ainsi que la qualité de nos services publics et le pouvoir d’achat des citoyens.

Quel est votre positionnement par rapport aux réformes portées par la droite ? En quoi votre autonomie participe à renforcer le MJS et son message auprès des jeunes, vis-à-vis du Parti et du gouvernement ?

Les Jeunes Socialistes Belge sont tout à fait autonome par rapport au Parti Socialiste. Nous tenons très forts à notre indépendance car les Jeunes Socialistes belges ne sont pas toujours d’accord avec leurs ainés. Etant dans un gouvernement de coalition, le Parti Socialiste doit parfois faire des concessions. Cette indépendance nous permet de toujours garder un œil critique sur l’action du PS mais également d’avoir des positions très fortes contre les mesures voulues par la droite.

Par exemple, la droite s’est battue ces derniers mois pour limiter le chômage dans le temps. Dès janvier 2015, près de 50 000 demandeurs d’emplois vont être exclus du chômage. Contraint par un accord de gouvernement, le PS a du accepter cela. Les Jeunes Socialistes manifestent contre cette réforme du chômage. Nous sommes bien évidemment suivis par le Parti qui a déposé au Parlement une série d’amendement pour lutter contre cette réduction dans le temps des allocations de chômage.

Malgré notre autonomie, nous avons toujours été un aiguillon pour le Parti Socialiste. Je repense notamment au droit de vote à 18 ans dans les années 60 qui a été un grand combat des Jeunes Socialistes. A l’époque, le PS n’était pas d’accord avec nous et pourtant…

Le 25 mai 2014 auront lieu les élections locales, les élections législatives fédérales belges et les élections européennes. Quel sont les messages que le MJS belge va délivrer dans chacune de ces campagnes ?

En effet, le mois de mai 2014 sera crucial pour tous les belges. Le premier message et le plus important que nous diffusons auprès des jeunes est celui d’aller voter ! Lors des dernières élections communales en 2012, le taux d’abstention a explosé (entre 20 à 25%). En Belgique, le vote est obligatoire. Les Jeunes Socialistes rappellent que voter est un devoir, cela fait partie de notre mission de citoyen mais voter, c’est avant tout un droit !

Ensuite, nous voulons aussi montrer que les jeunes ont une voix et qu’ils comptent bien la faire entendre ! L’emploi des jeunes est une priorité pour les Jeunes Socialistes. Nous défendons par exemple la Réduction Collective du Temps de Travail et le passage à 32h/semaine, seule mesure capable, à nos yeux, de créer de l’emploi de manière durable et ainsi d’enrayer la montée du chômage. Les Jeunes Socialistes se positionnent également sur des sujets liés à la santé, à l’écologie, à la mobilité, au logement, etc. Vous trouverez toutes nos propositions pour les élections sur notre site internet ! Les Jeunes Socialistes sont également présents dans de nombreux débats de société comme la légalisation du cannabis.

Préparez le changement: restez informés!

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