Une perspective européenne pour le peuple ukrainien

Alors que se tenait hier la 11ème mobilisation massive de l’opposition ukrainienne à Kiev qui a obtenu l’amnistie des 234 militants arrêtés depuis décembre, les Jeunes Socialistes apportent leur soutien aux demandes de renforcement des droits humains et de démocratie en Ukraine dans un rapprochement avec l’Union européenne.

Il y a dix ans, la révolution orange donnait lieu à de nombreuses manifestations politiques, déjà soutenues par l’ancienne Premier Ministre Ioulia Timochenko et Viktor Iouchtchenko, ancien Président ukrainien, contre l’élection de Viktor Ianoukovitch à la tête du pays avec l’appui russe. L’Ukraine est aujourd’hui à nouveau traversée par un vaste mouvement de contestation qui s’intensifie au fur et à mesure des jours et des semaines. Alors que le sort de l’Ukraine, pays de 46 millions d’habitants, aura un impact majeur sur notre voisinage, il est primordial de s’intéresser à la situation dans laquelle elle est aujourd’hui qui marque un tournant dans son histoire.

En effet, le gouvernement ukrainien du Premier Ministre Mykola Azarov, membre du Parti des régions, a renoncé le 21 novembre 2013 à un accord d’association avec l’Union Européenne. Plusieurs milliers d’ukrainiens sont alors descendus dans la rue pour manifester leur mécontentement. Les principales revendications des manifestants étant la reprise des négociations dans le cadre d’un véritable rapprochement avec l’Union Européenne (UE), mais également la libération de prisonniers politiques dont l’ancienne Premier Ministre Ioulia Timochenko.

Au sein de la contestation, on retrouve tant des jeunes et notamment des étudiants – une jeunesse qui se sent profondément européenne et refuse de voir leur pays se dicter sa politique par Moscou – que des vétérans de la Révolution orange – qui dénonçaient déjà les conditions frauduleuses dans lesquelles le Président serait arrivé au pouvoir. Les trois principaux partis d’opposition sont également parmi les contestataires du régime en place, dont des mouvements plus nationalistes. Nous devons donc regarder avec vigilance la diversité de l’opposition, et la meilleure réponse à apporter à des groupuscules qui tenteraient de s’accaparer de la mobilisation est d’y donner un débouché politique démocratique.

Des rapports complexes avec l’Union Européenne face à un pouvoir pro-russe

Déjà, en 2011, la Cour européenne des Droits de l’Homme avait condamné la mise en détention de l’ancienne Premier Ministre Ioulia Timochenko et dont les conditions de détention avaient fait polémique à de nombreuses reprises. En juin 2012, l’UE avait à nouveau fait pression sur le gouvernement ukrainien pour la libération de cette dernière à l’occasion de l’Euro de football, alors co-organisé par l’Ukraine et la Pologne. Sa libération est devenu de fait un enjeu essentiel des négociations sur la signature d’un accord d’association entre l’UE et l’Ukraine. Le Président ukrainien a donc toujours privilégié, jusqu’ici, sa relation avec la Russie au détriment d’une intégration européenne plus poussée. La Russie, de son côté, est allée jusqu’à menacer l’Ukraine à plusieurs reprises de représailles – économiques notamment – en cas de signature de cet accord UE-Ukraine, alors que Catherine Ashton, la Représentante de l’Union Européenne pour les Affaires Etrangères, se rendait à Kiev.

La nécessité d’une réponse européenne face aux aspirations démocratiques

L’Union Européenne doit répondre aux aspirations démocratiques d’un peuple qui se tourne vers elle face à un pouvoir qui nie l’État de droit, fait le choix de la répression et cherche uniquement à se calquer sur le modèle russe.

Nous condamnons la répression sans précédent, avec des centaines de blessés et l’intervention des forces de l’ordre sur un parti d’opposition. Celle-ci a amplifié le mouvement de mobilisation de masse dans les rues de Kiev, au premier rang desquels les jeunes. Cette jeunesse ukrainienne qui manifeste, majoritairement diplômée, revendique ce lien avec l’Union Européenne et a été profondément choquée par les agressions et la répression des manifestants.

Contrairement à ce qui peut se dire du côté d’une partie de la diplomatie américaine, c’est donc bien le rôle de l’UE d’accompagner le peuple ukrainien dans ces revendications. Nous restons toutefois vigilants face au détournement et à l’instrumentalisation politique dont pourrait faire l’objet cette vague de contestations.

Le Ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a affirmé que la France avait clairement indiqué sa préférence pour un rapprochement de l’Ukraine de l’UE. Martin Schulz, candidat du PSE à la Présidence de la Commission Européenne et actuel Président du Parlement européen a indiqué, quant à lui, que l’usage de la force contre des manifestations pacifiques en Ukraine est tout simplement inacceptable.

Un pas a été franchi avec l’abrogation des lois “anti-manifestants” ainsi qu’avec la démission du Premier Ministre ukrainien Mykola Azarov. Cela étant, la situation politique et sociale ukrainienne reste tendue. Il est essentiel que l’Union européenne accompagne ce mouvement pacifique et démocratique, soit ferme à l’égard du pouvoir ukrainien pour prévenir d’autres tentatives de dérives de la part de gouvernements conservateurs ou nationalistes qui voudraient s’inspirer de telles pratiques, et se doter d’une politique extérieure commune plus ambitieuse pour ses voisins les plus proches.

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