Quand le MEDEF rate son jeu d’acteur, la gauche soutient la culture

Non content de refuser de s’engager sur des contreparties dans le cadre du pacte de responsabilités, le syndicat des patrons s’attaque à la culture. Le MEDEF a ainsi profité d’une séance de négociations sur l’assurance-chômage pour proposer de supprimer le régime spécial des intermittents du spectacle et d’aligner leur système d’indemnisation chômage sur celui du régime général.

Les Jeunes Socialistes déplorent les propos tenus par le patronat et rappellent la nécessité de conserver un statut spécifique pour ces métiers qui amènent à travailler dans la discontinuité[1]. La France compte plus de 100 000 intermittents qui exercent aujourd’hui des emplois où la précarité est souvent la règle et les conditions de travail très spécifiques (travail de nuit, grande mobilité…).

Aurélie Filippetti, Ministre de la Culture a affirmé suite à ces déclarations l’attachement de l’Etat au régime des intermittents et déclaré « le MEDEF veut tuer la culture » dans une interview publiée par le Parisien. Les Jeunes Socialistes se réjouissent de sa position et sont à ses côtés pour lutter contre la précarité et assurer la pérennité de la production culturelle française.

Il paraît important de rappeler l’apport du secteur culturel dans l’économie française. Alors que le MEDEF et la Cour des comptes mettent en avant le supposé déficit de l’assurance chômage de 1 milliards d’euros supplémentaire, l’Unédic et un rapport parlementaire estiment le « surcoût » du régime à 320 millions d’euros. De plus, la culture contribue à hauteur de 3,2 % du PIB[2], soit sept fois la valeur ajoutée de l’industrie automobile. L’impact sur les territoires doit être également souligné et pris en compte, les retombées financières des festivals ou des établissements culturels sont de 4 à 10 fois plus importantes que l’investissement de départ.

Une réflexion doit par ailleurs être engagée afin de remédier aux inégalités instaurées par le protocole de 2003 et ainsi garantir une meilleure équité dans les règles d’accès et d’indemnisation des intermittents. La réforme de 2003 a provoqué une plus grande précarité de l’emploi culturel, rendant plus difficile, en particulier pour les artistes, l’accès au statut d’intermittent.

Ainsi, les Jeunes Socialistes espèrent qu’un véritable débat aura lieu avec les partenaires sociaux. Mettre en place un plafonnement mensuel à 4600 euros environ[3], du cumul des salaires et des indemnités chômage est un premier pas vers un régime plus juste.

Afin d’assurer plus de stabilité aux salariés intermittents, d’autres solutions telles que le rétablissement de la « date anniversaire » (calcul des droits pour 507 heures sur douze mois) sont envisageables. La lutte contre la précarité concerne également les employeurs qui doivent assumer leur part de responsabilité. Il est nécessaire de recourir à des contrats d’intermittence seulement lorsque d’autres types de contrats (CDD, CDI..) sont inadaptés. Le secteur du cinéma et de l’audiovisuel concernées par des abus doivent être encadrés. S’engager dans une lutte contre la permittence devient essentiel afin d’éviter que des employeurs appliquent le régime des intermittents à des emplois permanents ou quasi-permanents.

La position du MEDEF illustre une fois de plus, la fracture idéologique qu’il existe entre notre modèle de société et celui des néo-libéraux : sous couvert de faire baisser les dépenses publiques, ils se permettent de mettre à mal les fondements de notre société et de traiter l’art et la culture comme de simple marchandises.

C’est parce que la culture est le socle de notre société que les Jeunes Socialistes réaffirment l’importance de sauvegarder le système français et assurent leur soutien au gouvernement dans sa volonté de défendre ce régime spécifique.

[1] «Le travail par projet est inhérent à notre activité», Jacques Peskine, président de la Fédération des entreprises du spectacle vivant, de la musique, de l’audiovisuel et du cinéma

[2] Rapport publié en janvier 2014 par les ministères de la culture et de l’économie

[3] Correspondant à 175 % du plafond mensuel de la sécurité sociale

Préparez le changement: restez informés!

Commentaires

Soyez le premier à réagir !

Réagissez !

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.