La Tunisie, premier pays du monde arabe à inscrire l’égalité femmes hommes dans sa Constitution

Depuis le 8 janvier, la Constitution tunisienne stipule désormais que « tous les citoyens et les citoyennes ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Ils sont égaux devant la loi sans discrimination aucune ». Cet article adopté sous la pression des opposants laïques face au parti islamiste majoritaire Ennhada est un grand pas en avant pour les droits des femmes en Tunisie, et soulève l’espoir que d’autres avancées suivront pour faire progresser l’égalité.

Si les associations féministes tunisiennes reprochent à ce texte sa formulation réductrice et l’absence de référence à l’égalité dans la sphère privée, il n’en demeure pas moins que la reconnaissance de l’égalité entre les femmes et les hommes dans la sphère publique est un progrès inédit dans le monde arabe.

Un autre article a été voté avec une victoire du camp « démocrate » sur les islamistes après des jours de négociations. C’est l’article 45 qui stipule : “L’Etat garantit les droits acquis de la femme et œuvre à les soutenir et à les développer. Il garantit l’égalité des chances entre l’homme et la femme dans l’exercice des différentes responsabilités. Il œuvre à la réalisation de la parité dans les assemblées élues. L’État prend les dispositions nécessaires à l’élimination de la violence qui s’exerce contre la femme”. Il a été adopté avec 116 voix pour, 32 abstentions, 40 contre. C’est une belle victoire pour les féministes, malgré le chemin sinueux que constitue tout le parcours de l’adoption de la Constitution tunisienne.

Ces avancées n’ont été rendues possibles que par la mobilisation des Tunisiennes, qui se sont insurgées en août dernier contre la tentative d’Ennhada d’inscrire dans la Constitution la notion de complémentarité entre les femmes et les hommes. Cette vague de mobilisation ainsi que la ténacité de l’opposition laïque ont non seulement permis d’évacuer cette idée, mais aussi d’imposer à Ennhada des compromis progressistes, notamment sur les droits des femmes.

Saluons par ailleurs les autres victoires législatives de l’opposition et de la société civile tunisienne, qui ont empêché l’entrée de la charia dans la nouvelle Constitution et sont parvenues à faire adopter les « libertés d’opinion, de pensée, d’expression et d’informations » ainsi que la notion d’État garant de « la liberté de conscience et de croyance et le libre exercice du culte » malgré celle d’Etat « gardien de la religion ». D’autres échecs existent comme l’inscription de l’enseignement public de l’identité arabo-musulmane. Mais nous retenons avant tout l’article 6 qui énonce la liberté de conscience, de croyance et la neutralité des lieux de cultes, adopté suite à des menaces d’un député islamiste sur un élu de gauche.

Les Jeunes Socialistes se félicitent de ces libertés nouvelles, et se déclarent ainsi solidaires de nos camarades des mouvements progressistes, notamment des jeunes, dans leurs batailles pour ouvrir une nouvelle voie démocratique, qui œuvre pour la justice sociale et l’égalité.

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