Conférence de Presse du Président de la République : la Priorité Jeunesse réaffirmée mais un cadre économique et budgétaire contraignant et sans changement de modèle

Lors de sa conférence de presse du 14 Janvier, le Président de la République a clairement rappelé l’engagement pour la jeunesse.

La Priorité Jeunesse réaffirmée

L’objectif que les jeunes vivent mieux en 2017 qu’en 2012, est au coeur de l’action quotidienne de la majorité. Les annonces de François Hollande s’inscrivent dans une continuité : faire de l’école un lieu d’égalité avec un plan pour l’éducation prioritaire et l’acte 2 de la refondation de l’école, poursuivre l’augmentation historique des bourses étudiantes pour améliorer les conditions de vie des jeunes, proposer à plus de jeunes un service civique, ajouter 50 000 emplois d’avenir aux 100 000 déjà existant, rapprocher le RSA et la Prime pour l’Emploi. Toutes ces mesures sont autant de signaux positifs du Président de la République à destination de tous les jeunes de France qui verront encore leur situation s’améliorer tout au long de cette année.
 
C’est d’abord cette priorité jeunesse que nous retenons des propos de François Hollande.

Celle-ci ne peut se transcrire dans la réalité de façon durable et efficace qu’à la condition que nous ne fassions pas de la réduction des dépenses publiques une règle aveugle. Nous posons la question de notre capacité à poursuivre et amplifier la priorité jeunesse par l’extension du RSA aux moins de 25 ans, la mise en place progressive d’un parcours d’autonomie pour les jeunes en formation, et l’accès de tous les jeunes, quel que soit leur lieu de résidence, à des services publics de qualité, dans un cadre de rétrécissement sans précédent de l’Etat.
 
Ainsi, au delà du soutien total de toutes les mesures engagées par le gouvernement pour la priorité jeunesse, nous souhaitons que leur pérennité et leur amplification soient garanties malgré les perspectives macroéconomiques présentées.

L’offre ne suffit pas

A l’heure où les démocrates américains étudient une augmentation massive du salaire minimum, où le gouvernement allemand pose les bases d’un salaire minimum dans tout le pays, et où une ministre de Merkel parle d’une semaine de 32h pour les jeunes parents, les Jeunes Socialistes posent la question de la pertinence d’une politique économique qui se fonderait uniquement sur l’offre. Nous n’oublions pas que les PME représentent 99,9% des entreprises en France et 52% de l’emploi salarié[1], et qu’à ce titre les déclarations du patron de la CGPME concernant l’absence de demande suffisante pour remplir les carnets de commande ne sont pas anodins.
 
Les assises de la fiscalité des entreprises devront en outre poser non pas seulement la baisse des cotisations des entreprises, mais bien la justesse de leur imposition. En effet, comment accepter aujourd’hui qu’une grande entreprise paie, en raison des multiples exonérations fiscales dont elle bénéficie, bien moins d’impôts en proportion qu’une PME ?
 
De façon similaire, si nous pouvons entendre que le coût du travail puisse nuire à la compétitivité de certains secteurs, notamment industriels, des entreprises pourvoyeuses d’emplois non délocalisables ne peuvent bénéficier des mêmes exonérations que que celles étant soumises à la compétition internationale, et ce facteur devra être pris en compte pour plus de justice et d’efficacité. De même, le coût du capital devrait aussi faire débat lorsque l’on sait que la part du travail dans la valeur ajoutée a perdu 12 points ces 30 dernières années tandis que le poids des dividendes a doublé.
 
Alors, à Pierre Gattaz qui ose encore demander plus, nous opposons la nécessité que les contreparties apportées par les entreprises soient à la hauteur des efforts fournis par l’ensemble de la population.

Des contreparties exigeantes doivent être au rendez-vous

Faire du CDI la norme, mettre fin au temps partiel subi, augmenter les bas salaires, investir massivement dans la recherche et le développement, favoriser la formation des salariés, adopter des modes de production respectueux de l’environnement, encadrer les salaires et rémunérations, celles-ci doivent pouvoir être précisément définies et donner lieu à des sanctions si elles ne sont pas respectées.
 
Les Jeunes Socialistes souhaitent donc que chaque centime d’euro d’exonération soit utile à la création d’emploi et à sa qualité. Attachés au système de protection sociale, nous serons vigilants à ce que le retrait de la branche famille des cotisations patronales ne soit pas synonyme de réduction de ses prestations, si utiles quand les inégalités s’accroissent. Par ailleurs ce changement doit être plus que jamais l’occasion d’engager la fusion entre l’impôt sur le revenu et la CSG pour plus de justice. 
 
A l’écoute de la société engagée et des syndicats, nous prendrons toute notre place dans les débats qui vont s’ouvrir sur la fiscalité, sur l’emploi et sur les entreprises.

Interroger notre modèle économique

Mais nous souhaitons également interroger plus globalement le modèle économique que ces annonces semblent renforcer. Les perspectives annoncées en matière d’emploi, même s’il elles paraissent élevées compte tenu des faibles variations du niveau d’emploi, sont faibles au regard du nombre de chômeurs en France et de travailleurs à temps partiel subi, qui si on les additionne, sont plus de 9 millions.
 
Ce constat doit être l’occasion de remettre en cause un système économique à bout de souffle tant économiquement que socialement et écologiquement.
 
Ce débat ne peut avoir lieu qu’à l’échelle européenne, c’est pourquoi nous saluons la volonté du chef de l’Etat d’en faire une priorité des mois à venir. Lancer une grande entreprise européenne de la transition énergétique peut être un élément de relance écologique fort, créateur d’emplois non délocalisables et utiles. L’harmonisation fiscale et sociale, par le haut, de la France et de l’Allemagne, sont une nécessité pour mettre fin au dumping social et fiscal en Europe, auquel un coup d’arrêt a déjà été donné avec l’encadrement de la directive travailleurs détachés.
 
C’est pourquoi la campagne des élections européennes sera l’occasion de remettre clairement en cause les choix austéritaires de la droite européenne. Dans le rapport de force qui existe avec les droites européennes et les nationalistes réactionnaires, nous serons aux côtés du Président pour faire progresser l’Europe démocratique du progrès et des solidarités.

Préparez le changement: restez informés!

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