Discours de Laura Slimani Forum « Le Progrès face aux idéologies du déclin »

Chers amis, chers camarades,

Merci d’abord, Guillaume, d’avoir si brillamment organisé ce forum sur le progrès.
Merci, Harlem, notre premier secrétaire, de lancer notre parti dans des réflexions passionnantes.

Se demander ce qu’est le progrès, c’est s’interroger sur le sens de notre action, c’est savoir pourquoi, nous socialistes, nous nous levons le matin.

Quand on a 20 ans, le progrès c’est d’abord un paradoxe. Nous sommes l’une des générations qui connaissons des progrès techniques et économiques des plus fulgurants.

En 10 ans nous sommes passés du modem à la 4G, en 10 ans, nous sommes passés des téléphones fixes aux portables, aux tablettes et aux oreillettes. En 10 ans nous sommes passé d’une société du tout papier à une société du tout dématérialisé.

Tous les jours de nouvelles applications, fonctionnalités, options, nous permettent d’être plus efficaces, d’aller plus vite, d’effacer la distance et d’être plus productifs.

Et pourtant, ma génération c’est aussi celle qui sait qu’elle vit moins bien que les précédentes. Je pense à cette amie à moi, diplômée d’une grande école d’arts, qui n’a aujourd’hui ni droit au statut d’intermittent ni au RSA. Ce sont ces jeunes, deuxième, troisième génération issus de l’immigration qui ne voient pas les perspectives de réussite alors qu’ils sont aussi diplômés que les jeunes des beaux quartiers. Ce sont ces jeunes dont les parents sont ouvriers en CDI, et qui sont interimaires, précaires, ou stagiaires.

Alors pour nous le progrès, c’est un peu comme un beau cadeau, mais que l’on n’aurait pas le droit d’ouvrir.

La question ce n’est donc pas de savoir si nous vivons dans une ère de progrès. La question est : quel est le progrès que nous voulons ?

Je suis née en 1989. Ma génération ne connait que l’Europe unie dans la diversité. Le « plus jamais ça » de l’après seconde guerre mondiale garde bien sûr toute sa force. Mais il n’a pas la même emprise sur nos esprits, nous qui n’avons connu que l’Europe unifiée où la paix est une évidence.

En Europe il y a de la recherche, de l’innovation, de la création, plus que partout dans le monde.

En Europe les salaires baissent, mais nous créons plus de richesses que jamais. En Europe nous émettons toujours autant de CO2, mais nous avons les technologies vertes, les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. En Europe 25% des jeunes sont au chômage, mais ils n’ont jamais été aussi qualifiés.

Cette Europe c’est celle de l’UMP, l’Europe des possibilités éteintes. C’est l’Europe des néolibéraux qui nous font aller à reculons. Eux qui se disent modernes et qui veulent la concurrence de tous contre tous, délocaliser dans des pays pauvres pour polluer plus, démanteler les droits, travailler plus pour gagner moins et supprimer les allocations chômage.

Le progrès, en Europe et en France, n’est donc ni acquis ni naturel, il faut se battre pour le gagner et pour le garder. Les possibilités sont là, mais ce sont les choix collectifs des femmes et des hommes, ce sont nos choix, qui font le progrès.

C’est nous, qui pouvons faire un SMIC Européen. C’est nous qui pouvons faire la transition énergétique. C’est nous qui pouvons reprendre notre destin des mains des marchés financiers.

La révolution française, n’est pas arrivée naturellement. La déclaration des droits de l’homme et du citoyen n’est pas arrivée naturellement. Les congés payés ne sont pas arrivés naturellement. Ces progrès ont été le résultat de choix et de combats politiques, difficiles parfois, justes toujours, des femmes et des hommes.

Donc la question du progrès, finalement, c’est celle de notre responsabilité et de notre volonté à nous, socialistes qui sommes au pouvoir.
Alors nous ne nous excuserons pas d’être de gauche et d’avoir choisi notre camp, et nous résisterons aux conservatismes, car nous sommes socialistes.

Nous sommes les enfants des communards, nous sommes les enfants des suffragettes et des grévistes de 1936, nous sommes les enfants du Conseil National de la Résistance et de la déclaration de Philadelphie, des 343 salopes, des marcheurs de 83 et des quechuas de Bolivie qui ont fait de l’eau un bien commun.

Nous sommes les enfants de ces femmes et ces hommes qui ont choisi le chemin du progrès.

Il n’y a pas de fatalité à ce que des personnes doivent se prostituer.
Il n’y a pas de fatalité à ce que certains se fassent contrôler à longueur de journée.
Il n’y a pas de fatalité à ce que la jeunesse européenne vive moins bien que ses parents.

Le progrès est à notre portée chers camarades, et notre gouvernement, nos ministres et nos députés lui donnent un sens chaque jour.
Oui, le progrès a un sens, lorsque nous créons une tranche supplémentaire de l’impôt sur le revenu, et ce sens c’est la justice.

Oui, le progrès a un sens lorsque 92 mille jeunes étudient dans de meilleures conditions grâce à l’augmentation des bourses, et ce sens c’est la mobilité sociale.

Oui le progrès a un sens, lorsque nous permettons à 10 000 étrangers en plus cette année d’être acceptés sur notre territoire, et ce sens c’est l’humanisme.

Tous ces choix ce sont les nôtres et nous les faisons en sachant qu’ils vont à contre-courant de l’idéologie xénophobe, raciste et égoïste qu’a diffusé la droite sur notre société.
A nous de reconstruire la France, à nous de donner à l’avenir le sens que nous souhaitons.

Demain nous ferons le progrès si nous permettons aux 30% de jeunes payés au SMIC de gagner 50 euros de plus par mois pour s’acheter des bouquins.
Demain nous ferons le progrès si nous réussissons le pari de réduire de 30% nos émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2020.
Demain nous ferons le progrès si nous mettons en place une allocation d’autonomie pour qu’aucun jeune en formation n’ait à se salarier.

Le progrès il ne faut pas l’attendre, il faut le provoquer. Il faut rendre légitime, réel, aux yeux de nos concitoyens, l’action de la gauche au pouvoir.

En allant, par exemple, chaque jour à la rencontre des jeunes pour promouvoir la Refondation de l’Ecole.

Monsieur le ministre, les conservatismes s’expriment lorsqu’on tente de les briser, alors continue car tu peux en être sûr, garantir une éducation de qualité à tous les enfants de France, s’adapter à leurs rythmes chronobiologiques, faire de l’école un lieu d’égalité et de partage plutôt que de compétition, créer de la mobilité sociale : tu mènes une grande réforme de progrès et les Jeunes Socialistes te soutiennent !

Etre pour le progrès c’est promouvoir toutes les réformes de gauche du gouvernement, car elles changent la vie et qu’elles sont des relais pour aller encore plus loin. Alors oui, nous irons devant les lycées, les facs et à la sortie des entreprises pour défendre les emplois d’avenir, la taxation des contrats précaires, la politique de la ville, l’égalité salariale et la carte scolaire. Nous mènerons la bataille politique à chaque instant car les Français doivent savoir que le progrès de retour et quelle meilleure preuve de cela que la baisse du chômage des jeunes depuis 5 mois.

Oscar Wilde disait :

« Le progrès n’est que l’accomplissement des utopies. »
Alors chers camarades, gardons nos utopies et rendons-les concrètes. C’est ce que les jeunes socialistes feront avec force et détermination chaque jour de la gauche au pouvoir.

Préparez le changement: restez informés!

Commentaires

Soyez le premier à réagir !

Réagissez !

Vous devez être connecté(e) pour rédiger un commentaire.