Discours de Laura Slimani au meeting « Défendre la République contre les extrémismes »

Chers amis, chers camarades,

C’était un après-midi d’été. Des jeunes refaisaient le monde dans un cadre idyllique, un monde plus juste, plus solidaire et plus écologiste. Et un homme arriva. Il voulait les anéantir pour protéger sa soi-disant identité. Il avait une arme. Il en tua 86. L’insoutenable. Le cauchemar. Le massacre.

C’était un après-midi d’été à Utoya, il y a un an et demi.

Quand je pense à ces jeunes travaillistes norvégiens, nos camarades, je me souviens aussi des propos immondes de Laurent Ozon, alors conseiller de Marine Le Pen, qui justifiait l’injustifiable par la soit disant explosion de l’immigration en Norvège.

Madame Le Pen, vous aurez beau sortir ceux qui montrent au grand jour votre idéologie, vous ne tromperez pas les Français.

Les Français doivent connaître vos amitiés particulières avec le nationaliste Serge Ayoub.
Les Français doivent savoir que le FN veut cantonner les femmes au foyer et ruiner nos villes.
Les Français doivent savoir que le FN veut doubler le prix de l’essence avec la sortie de l’euro.

Et les Français ont vu Angers, le 11 novembre et la une de minute. Ils connaissent votre vision étriquée de la France.

Mais la France de tous les jours ce n’est pas la vôtre. La France des communes, la France des bureaux, la France de nos écoles, de nos quartiers et de nos campagnes elle est métissée.

Ma génération a grandi avec la libération de la parole raciste. Ne soyons pas naïfs, l’UMP a une grande responsabilité dans la libération de la parole raciste. Nous nous souvenons tous des propos incessants sur le hallal, le voile et les moutons qu’on égorge. Nous nous souvenons tous du soi disant rôle positif de la colonisation. Tout cela c’était la droite, cette droite qui ne comprend pas la France et ma génération.

Car ma génération ne connaît que le métissage. Nous sommes une génération européenne et méditerranéenne. Pour nous le métissage c’est la vie. Une société qui ne se mélange pas, c’est une société qui se meurt. Et si la France est admirée dans le monde c’est parce que c’est aussi la terre de toutes celles et ceux, et j’en fais partie, qui sont issus de l’immigration.

Que serait la France sans cet enfant dont les deux parents avaient immigré de Bessarabie, dans l’actuelle Moldavie, et qui a aboli la peine de mort en 1981.

Non madame Le Pen le problème ce n’est pas l’immigré. Le problème c’est vous, oui c’est vous, qui prétendez que le précaire ira mieux s’il s’en prend au pauvre et que le pauvre ira mieux si il s’en prend à l’étranger. Vous qui opposez, vous qui divisez, vous qui affaiblissez.

Alors depuis un an la gauche agit.
Et après ces années où l’UMP a enfoncé la France, nous ne nous excuserons pas d’être de gauche.

Nous sommes fiers de généraliser le tiers payant, de l’égalité salariale et du doublement des naturalisations.
Nous sommes fiers des emplois d’avenir, de la garantie jeunes et de l’augmentation des bourses.
Nous sommes fiers de la transparence, de la parité et du non cumul des mandats.

Personne n’a le monopole de la désespérance sociale. La différence c’est que certains en font un outil de haine alors que nous en faisons un motif d’action.

Notre action c’est la refondation de l’école pour permettre à tous les enfants de France de s’émanciper.
Notre action c’est la loi sur la reprise de sites rentables qui redonnera du pouvoir aux salariés de ce pays.
Notre action ce sera je l’espère l’augmentation du SMIC, une allocation d’autonomie et l’attestation de contrôle d’identité.

Notre action est fidèle à la France, ce pays où l’on peut tomber malade sans risquer de perdre son emploi. La France, ce pays où l’école est gratuite pour tous et laïque pour chacun. La France, ce pays où nous avons la sécurité sociale, les congés payés, le droit de disposer de son corps et le mariage pour tous.
***
La France, qui doit aussi être lucide face à l’antisémitisme des années 30 et 40, face à son violent passé colonial et face aux crimes racistes des années 1980.

Mais la France, surtout, ce pays où le racisme est inlassablement combattu car c’est ici que l’on a écrit pour la première fois, que les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. C’est aussi cela, notre devoir de socialistes, en le faisant ce soir par les discours, mais aussi dans les mois à venir par les actes.

Il n’y a pas les arabes, les noirs, les asiatiques, les roms et les portugais, il y a la France qui accueille.

Il n’y a pas les chômeurs, les travailleurs, ceux qui se lèvent tôt, ceux qui se couchent tard, il y a la France qui se bat.

Il n’y a pas les jeunes paresseux, les jeunes courageux et les jeunes précaires, il y a la jeunesse qui espère.

Il n’y a pas ceux qui défendent la France et ceux qui ne la défendent pas. Il y a la République et nous sommes tous la République.

Alors oui, les Jeunes Socialistes continueront d’aller sur tous dans tous les territoires, dans toutes les cités, dans tous les quartiers et dans tous les villages pour populariser l’action du gouvernement.

Oui, nous continuerons de pousser la gauche à être ambitieuse,
Oui, nous serons les boucliers de la République, et
Oui nous sommes armés : nos armes ce sont la liberté, l’égalité et la fraternité.

Préparez le changement: restez informés!

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