Remboursement de l’optique : pour un réengagement de l’Assurance maladie obligatoire !

Il y a quelques jours, la Cour des Comptes préconisait le déremboursement du matériel optique par l’Assurance maladie. Nous nous réjouissons de la réaction immédiate de la ministre des affaires sociales qui a très vite déclarée refuser cette évolution. Nous appelons au contraire à un réengagement de l’Assurance maladie pour faire face aux inégalités d’accès aux soins, très importantes en matière d’optique

Un recul progressif de l’Assurance Maladie

Cette proposition nous parait étonnante dans la mesure où le remboursement de l’Assurance maladie est déjà minime – pour ne pas dire quasi-inexistant – en la matière. En effet, elle ne prend en charge, en moyenne, qu’entre 1.5% et 3% des dépenses optiques ! La Cour des Comptes n’est pas dupe : elle connait très bien cette situation, et donc l’impact faible qu’aurait sa mesure dans les faits. C’est la logique sous-jacente, celle d’un nouveau désengagement de l’Assurance maladie, qui doit nous alerter.

Les marges énormes des opticiens pèsent sur les prix

Le constat fait par la Cour des Comptes est sans appel : les lunettes sont trop chères car les marges des opticiens sont énormes. Toutes les comparaisons démontrent que les lunettes sont beaucoup plus chères en France que dans les autres pays, du fait d’ententes (peut être implicites) entre les gros acteurs du marché. Ce coût est supporté par les assurés via deux canaux : le reste à charge (ce que ni l’assurance maladie, ni la mutuelle ne prend en charge : ce que l’acheteur doit payer de sa propre poche), et le contrat de mutuelle, dont le prix augmente.

Le prix élevé des lunettes pèse doublement sur l’assuré

D’abord, une part importante du prix des lunettes reste à la charge de l’assuré : environ 25%. Cela est d’autant plus injuste que ce reste à charge (après remboursement de la mutuelle) varie fortement en fonction de la mutuelle de l’assurée, qui peut prendre en charge l’ensemble des frais ou une faible part selon les cas.

Ensuite, l’augmentation du prix des lunettes pèse sur les mutuelles, qui déboursent de plus en plus en remboursement optique, ce qui se répercute… sur les assurés. En effet, pour compenser cette hausse des dépenses, les mutuelles n’ont d’autre choix que d’augmenter le prix de leurs forfaits payés par leurs assurés.

La situation est donc très injuste, d’autant plus que certains – certes de moins en moins nombreux – ne bénéficient pas de couverture complémentaire et doivent donc prendre en charge entièrement leurs lunettes.

Les réseaux de soins : un pas dans le bon sens mais insuffisant

L’année dernière, les députés socialistes ont autorisé la mise en place de réseaux de soins. Cette loi permet à une mutuelle de signer un accord avec un opticien, offrant ainsi à ses clients des tarifs préférentiels chez l’opticien avec qui elle a un accord. Ce dispositif va dans le bon sens mais nous parait très insuffisant car la capacité des mutuelles à réguler le marché optique est insuffisante.

Pour le réengagement de l’Assurance Maladie !

Pour faire face à cette situation, il nous semble indispensable que l’Assurance Maladie se réengage afin de réguler le secteur et de mieux rembourser l’optique, équipement de première nécessité, dont se passent pourtant de nombreux assurés pour des raisons financières. L’intervention de l’Assurance maladie aurait pour effet, comme dans de nombreux domaines, une régulation plus importante des prix.

Préparez le changement: restez informés!

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