Il y a 30 ans… une marche faisant progresser l’égalité !

Le 15 octobre 1983, la marche pour l’égalité et contre le racisme partait de Marseille. A l’origine de la marche il y a les affrontements entre jeunes et policiers dans les quartiers populaires de l’est Lyonnais.

A ce moment, la crise qui engendre de nombreuses fermetures d’usines et son lot de licenciements vient aggraver les tensions sociales et provoque le départ de nombreux habitants des quartiers populaires. Les policiers et les médias qui tendent alors à criminaliser les modes de vies des jeunes des quartiers populaires créent l’amalgame entre revendications sociales, petite délinquance et grand banditisme. D’autre part, depuis sa défaite en 1981, la droite choisit d’attaquer le gouvernement principalement sur l’immigration et la sécurité. En septembre, cela permet au Front National d’effectuer sa première percée aux élections municipales partielles de Dreux en accédant au second tour.

Dans un climat de haine, des habitants du quartier des Minguettes à Venissieux (Rhones) choisiront de s’adresser a la France entière par une grande marche, sur le modèle de Martin Luther King et de Gandhi en portant deux revendications : la création d’une carte de séjours valable 10 ans et le droit de vote des étrangers. Le 15 octobre, 32 personnes lanceront la marche à Marseille. Mille kilomètres plus tard, ce sont 100 000 personnes qui marcheront pour l’égalité et contre le racisme à Paris le 3 décembre. Le même jour, François Mitterrand accorde la possibilité d’une carte de séjour valable 10 ans.

Cet événement transforma la société française en permettant aux héritiers de l’immigration postcoloniale d’être reconnus et d’accéder à de nouveaux droits.

Depuis 30 ans les inégalités se creusent. Les dix années de droite qu’a subi la France entre 2002 et 2012 n’ont rien arrangé. Les comportements islamophobes et racistes sont de plus en plus nombreux, l’extrême droite gagne du terrain et des discours impliquant l’incompatibilité de l’islam avec la culture française sont entrés dans les têtes. Pour éviter les reproductions du passé, il est nécessaire de se souvenir. Nous saluons donc le travail de mémoire et d’histoire dans les quartiers populaires qu’à lancé le ministre de la Ville, François Lamy.

Au delà de la mémoire, il nous est nécessaire de continuer le combat pour l’égalité. Nous devons pousser le gouvernement à agir pour combattre efficacement toutes les discriminations, à faire entrer dans le droit commun les jeunes et ceux qui sont encore considérés comme des citoyens de seconde zone dans nos quartiers populaires, à lutter contre l’idée qu’un peuple ou une culture puisse être par essence marginale ou délinquante. Nous devons continuer à défendre la priorité jeunesse, la refondation de l’école, l’attestation de contrôle d’identité, le droit de vote des étrangers et continuer à inventer les droits de demain. Nous devons continuer à faire de notre mouvement promoteur de l’égalité dans la loi et dans les têtes.

Préparez le changement: restez informés!

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