Gaz de schiste : les Jeunes Socialistes mèneront la bataille culturelle et politique

Les débats sur l’opportunité de l’extraction de gaz de schiste deviennent de plus en plus récurrents en France. Les Jeunes Socialistes soutiennent les déclarations du Premier Ministre Jean-Marc Ayrault à ce sujet : “La position du gouvernement français consiste à travailler à préparer la transition énergétique, et le gaz de schiste n’est pas dans l’équation du gouvernement”. Alors qu’en Pologne un village tout entier se mobilise contre l’extraction de gaz de schiste par la Compagnie Chevron et qu’il en est de même en France contre le “permis de Brive” qui a vocation à rechercher des hydrocarbures, deux députés français, MM. Lenoir et Bataille, ont rendu le 6 juin 2013 un rapport qui se résume à l’apologie des gaz de schiste, copié-collé des éléments de langage des lobbys pétroliers.

Le rapport Lenoir : un ramassis de mensonges

“Il est possible d’utiliser la fracturation hydraulique sans nuire à l’environnement”

Le rapport dépeint les qualités de la fracturation hydraulique, seule technique connue et maîtrisée pour extraire ce gaz, qui consiste à casser la roche avec un liquide constitué d’eau, de produits chimiques et de sable. Or, ces additifs semblent avoir disparu du rapport, qui certifie que les produits indispensables au procédé de fracturation sont tous non toxiques et ose même affirmer que “la France possède toutes les compétences scientifiques, techniques et industrielles, à tous les niveaux de la filière, pour créer une filière de fracturation propre”. Les jeunes socialistes réfutent cette affirmation, tout comme le site américain FracFocus, qui répertorie la composition des additifs chimiques utilisés pour la fracturation hydraulique sur plus de 45 000 puits.

“Les solutions existent pour extraire les hydrocarbures non-conventionnels avec un impact acceptable sur l’environnement”

Voilà comment faire une opération de déguisement lexical. C’est comme cela qu’on passe de “gaz de schiste” à l’appellation d’”hydrocarbures non-conventionnels”. De même, le gaz de schiste ne serait plus nocif pour l’environnement s’il était “maîtrisé”, alors qu’il est scientifiquement prouvé qu’il entraîne la pollution de la nappe phréatique, des fuites de méthane à l’effet de serre puissant ainsi que des risques accrus de radioactivité et de cancers. C’est donc ça, un “impact acceptable sur l’environnement”. Les Jeunes Socialistes tiennent à rappeler qu’une telle politique irait à l’encontre des recommandations du GIEC et des engagements de la France à l’échelle internationale en matière climatique et que les émissions de gaz à effet de serre produisent le dérèglement climatique à l’origine de maux environnementaux, sociaux et sanitaires graves.

Les gaz de schiste : le mirage de l’indépendance énergétique

“Cela permettrait de desserrer le nœud coulant du déficit commercial.”

Le pétrole représente 85% de nos importations, ce qui est à l’origine du déficit de la balance commerciale française. Bien sûr, les Jeunes Socialistes réaffirment la nécessité de sortir rapidement du tout-pétrole, mais pas pour substituer une énergie fossile à une autre, quelle qu’elle soit et quelle qu’en soit la technique d’extraction. Nous connaissons une multitude de sources d’énergies qui n’impactent pas l’environnement : les énergies marine, éolienne, hydraulique, solaire, etc, qui permettent de produire l’énergie dont nous avons besoin. Nous n’accepterons pas de reporter une stratégie viable et durable pour des intérêts court-termistes de lobbys attachés au productivisme.

“Exploiter pour financer la transition énergétique”

Les deux parlementaires proposent, à l’instar du nouveau Président du MEDEF, Pierre Gattaz, de “financer la transition énergétique par les retombées financières éventuelles de l’exploitation des gaz et huiles de schiste”. Cette idée est aberrante, l’exploitation d’une énergie fossile épuise la planète et accélère la dégradation de la biosphère. Cela va à l’encontre d’une transition énergétique qui serait soutenue par une fiscalité écologique bonifiant les comportements durables et taxant les surplus de carbone, pour affecter ces recettes à l’adaptation des ménages et secteurs les plus fragiles. Cela nécessite de mettre fin aux avantages fiscaux accordés aux secteurs et activités polluantes notamment celui sur le diesel, d’instaurer une contribution climat-énergie aux frontières de l’Europe, de promouvoir une éco-redevance poids lourds, de généraliser la taxe d’aménagement au profit de la biodiversité, de favoriser l’efficacité et la sobriété énergétique par la réduction de nos consommations et l’adaptation de nos appareils.

L’exemple des Etats-Unis

L’économiste Thomas Porcher a rappelé qu’aux Etats-Unis, 500 000 puits avaient été forés entre 2005 et 2012, c’est-à-dire 1 toutes les 8 minutes, pour 600 000 emplois créés, soit 1,2 emplois seulement par forage. Pour créer 100 000 emplois en France d’ici 2020, il faudrait donc forer 90 000 puits dans le Gard, l’Ardèche, les Cévennes et l’Ile-de-France (30 par jour). Ce serait une catastrophe pour le tourisme dans ces régions. L’intérêt social est minime face à l’intérêt capitalistique quand on sait que les multinationales gazières et pétrolières n’investissent que dans 2,35 emplois pour gagner 1 million de dollars. Si l’exploitation des gaz de schiste était autorisée, les populations devraient faire face à la pression des lobbys pour déménager de leur lieu d’habitation, l’immobilier se dévalorisant au final dans un rayon de 2km autour du forage. Les concentrations plus élevées de méthane dans l’eau des sous-sols nuiraient aussi fortement à la qualité des espaces agricoles français. Le désastre écologique est donc aussi un désastre social.

Après 3 rapports successifs citant le gaz de schiste comme élément de la compétitivité (rapport Gallois, rapport Beffa, rapport Bataille-Lenoir), le nouveau président du MEDEF et d’autres interventions viennent imaginer hors de toute étude concrète le gaz de schiste comme énergie d’avenir alors que leur exploitation n’a jusqu’ici fait preuve que de leur dangerosité environnementale et sociale, et de leur inefficacité économique. Pour gagner en compétitivité, il faut sortir du tout-pétrole et investir massivement dans les énergies renouvelables pour cesser de trouver des réponses dévastatrices court-termistes. Les Jeunes Socialistes soutiennent le Président François Hollande et le ministre Philippe Martin dans leur refus catégorique des gaz de schiste et rappellent leur attachement à la loi de juillet 2011 qui interdit l’exploitation, l’expérimentation et l’exploration des gaz de schiste.

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