Discours de Thierry Marchal-Beck lors du Rassemblement de la Génération Changement

Discours de Thierry Marchal-Beck lors du Rassemblement de la Génération Changement le 5 Mai 2013.

 

Mes chers amis,
Mes chers camarades,

Cela fait un an que nous avons gagné l’élection présidentielle tournant la page de dix ans de droite, de casses sociales, d’explosion des déficits et du chômage, d’augmentation des pollutions, de stigmatisations et d’attaques à des droits fondamentaux.

Cela fait un an que grâce à l’action du Président de la République et de Jean-Marc Ayrault, nous avons pu commencer à écrire un nouveau chapitre. Celui du redressement de la France, celui du retour de la justice, celui de la reconquête de nouvelles libertés et de la réaffirmation permanente de l’égalité.

Un an.
Un an cela mérite de se retourner, de regarder le chemin parcouru, de voir ce qui va bien mais aussi ce qui va moins bien.
Entendre l’impatience, l’exigence toujours plus forte de changement, quand tant reste à accomplir ; et repartir de l’avant avec plus de ferveur, car le temps presse.

C’est pour cela que nous sommes venus à Soustons pour ce séminaire de travail entre la « Génération Changement » et les ministres.

Alors je tiens à remercier tous ceux qui ont permis à ce que la « Génération Changement » puisse poser toutes ses questions et faire entendre ses espérances.

Merci à Gladys, animatrice fédérale des Landes, à Jean-Yves le maire de Soustons, à Renaud Lagrave, à Henri Emmanuelli.

Merci aux permanents et au service d’ordre du Parti Socialiste, toujours à nos côtés.

Merci au Premier Secrétaire du Parti Socialiste, Harlem Désir, pour sa confiance.

Merci aux ministres qui ont fait le déplacement et merci à tous les Jeunes Socialistes qui répondent à chaque fois présents quand il s’agit de faire entendre la voix de la jeunesse de France.

Ce n’est pas un anniversaire, mais un point d’étape. Chaque jour qui passe est un rappel de ce pourquoi nous avons besoin que la gauche agisse.

Nous avons besoin que la gauche agisse face aux 5 millions de chômeurs: oui, notre pays se porte mieux d’avoir mis en œuvre les contrats de générations, les emplois d’avenirs, les emplois francs.

Nous avons besoin que la gauche agisse, face à l’effondrement de la consommation des classes populaires alors que le pouvoir d’achat des plus riches explose : voilà pourquoi on a augmenté le SMIC et l’allocation de rentrée scolaire et proposé un grand plan de lutte contre la pauvreté.

Nous avons besoin que la gauche agisse, car la France, patrie des Lumières et de la Révolution française, est devenue un pays où votre naissance, votre origine sociale, détermine votre place dans la société et votre réussite professionnelle.

C’est pour cela que nous sommes si fiers d’un gouvernement qui a refait de l’éducation sa priorité.
La plus grande richesse d’une nation, c’est l’instruction de ses enfants. Des enseignants plus nombreux et mieux formés, des rythmes scolaires repensés, un accès à l’enseignement supérieur favorisé avec des places réservées pour les jeunes de bac pro ou de bac techno.

Cela semble une évidence, mais il aura fallu attendre que la gauche prenne le pouvoir pour que cela devienne une réalité.

Je ne m’éterniserai pas sur le bilan : tant de choses ont été faites dans tant de domaines.

Notre pays, dans le long parcours de convalescence qui est le sien, se porte mieux non seulement car nous recourons aux bons remèdes, mais aussi parce que nous avons mis fin à certains maux.

Avez vous pensé à ce que serait la France avec Sarkozy ?

La France irait-elle mieux si Copé était devenu ministre de l’Intérieur, et sautait sur son siège en parlant de pains au chocolat ?

La France irait-elle mieux si elle avalait les remèdes austéritaires du docteur Fillon : suppression de 2 fonctionnaires sur 3, plus trois points de TVA, et retraite à 65 ans ?

La France irait-elle mieux si on appliquait la dernière lubie de l’UMP, la baisse de 12% de salaires pour tous les salariés avec les 39H payées 35 et l’abrogation des heures supplémentaires ?

La France irait-elle mieux si nous étions encore dirigés par Monsieur Fillon qui, bien entendu, n’est pas homophobe mais a voté contre la dépénalisation de l’homosexualité en 1981, contre le Pacs en 1998 et contre le mariage pour tous en 2013 ?
La France irait-elle mieux si Claude Guéant était ministre du Budget et payait les cabinets ministériels à coup de grosses coupures ?

La France irait-elle mieux si la droite forte, plagiant le FN, s’attaquait à la laïcité en imposant une charte avec on ne sait quoi dedans de relatif aux-dits « musulmans » ?

Si tout n’est pas parfait dans l’action de la gauche au pouvoir, si on peut toujours améliorer, réajuster, intensifier notre action, ce à quoi nous nous employons, une chose est sûre, notre pays va bien mieux que quand il était dirigé par cette droite arrogante, cynique et sûre d’elle-même.

Alors qu’ils ne sont plus au pouvoir, ils ont continué à abîmer la France. Le bonheur des mariages, des adoptions pour tous les couples qui vont pouvoir être célébrés dans notre pays ne nous fera pas oublier le déferlement de haine et de violence que la droite a permis.

Nous n’oublierons pas avec qui ils ont osé manifester.
Nous n’oublierons pas les violences qu’ils ont cautionnées.
Nous n’oublierons pas cette alliance objective, de plus en plus naturelle, entre le Front National et l’UMP.
Nous n’oublierons pas Caroline Fourest pourchassée, Erwan Binet menacé et le visage tuméfié aux multiples fractures de Wilfried et de tant d’autres jeunes.

Alors je le demande solennellement au Ministre de l’intérieur, nous vous en appelons à dissoudre le GUD, les jeunesses nationalistes et tous ces groupes identitaires dont l’existence-même menace notre République.

Alors depuis douze mois, nous faisons mieux que la droite, c’est bien, mais j’ai envie de dire que ce n’est ni très difficile, ni ce pour quoi nous avons été élus.

Nous avons été élus, car nous nous sommes adressés aux classes populaires, aux jeunes de ce pays, aux mères célibataires, à toutes celles et à tous ceux qui travaillent ou qui aspirent à travailler et pour qui la vie reste trop dure.

Les français ne connaissent pas le mot « fatalité ». Personne ne cherche d’excuse et nous savons que sans effort, rien n’est possible.

Gouverner, c’est difficile. Lutter contre le chômage, c’est difficile. Renouer avec le progrès, permettre à chacun d’être maître de sa vie, c’est difficile.
La seule chose qui est facile en politique, c’est de renoncer.
Alors ne renonçons pas.

Empruntons le chemin difficile.

Prenons ce chemin, car c’est ce à quoi aspire la jeunesse de France, mais aussi la jeunesse européenne toute entière.

Pas une semaine sans que mes homologues irlandais, portugais, espagnols, belges, grecs, catalans, allemands, autrichiens ne nous interpellent sur le leadership que peut prendre François Hollande face à Angela Merkel.

Nous sommes une génération qui croit en la gauche et en la politique du gouvernement mais nous avons besoin de gagner ce bras de fer européen.

Oui, nous voulons voir nos camarades socialistes et écologistes allemands remporter les élections en septembre 2013.

Oui, nous partageons les mots de Sigmar Gabriel qui affirme que la politique d’austérité de Merkel a conduit l’Europe à l’anorexie.
Oui, pour ma génération Merkel c’est l’équivalent de Tatcher dans les années 1980, sauf que là ce ne sont plus des mineurs anglais qui meurent mais des salariés qui se suicident, des refus de soins qui explosent et l’espérance de vie qui s’effondre à Athènes, à Nicosie, à Lisbonne.

Certes, Merkel n’est pas la seule responsable, c’est toute la droite européenne, celle de Cameron, celle de Baroso, celle de Sarkozy qui l’est. Pour eux, la crise est une opportunité pour privatiser, démanteler les systèmes de sécurité sociale, et baisser les salaires.

Nous sommes fiers quand le Président de la République remporte des batailles, du plan de relance en juillet dernier, à cette semaine où la commission européenne a désavouée Merkel sur le rythme de réductions des déficits.
Dans les prochaines semaines, le bras de fer ce sera sur le budget européen.

Alors soyons clairs : au sujet du budget européen, pas d’accord vaut mieux qu’un mauvais accord.
Et certains compromis sont la pire des compromissions, alors que certains « non » sont fondateurs.

Qui pourrait en effet penser que l’on viendra à bout des 25 millions de chômeurs européens avec un budget à la baisse pour les cinq années à venir ?
Nous avons besoin d’un budget audacieux pour une Europe de l’emploi, une Europe sociale, une Europe des investissements.
Nous avons besoin d’un budget européen avec des recettes propres que cela soit une taxe sur les transactions financières de 1% ou par une taxe carbone aux frontières de l’Europe.
Nous avons besoin d’une Europe qui soit le fer de lance de la lutte contre les paradis fiscaux et cela commence par la fin du secret bancaire en Autriche, au Luxembourg, et la fin des anomalies fiscales que sont Jersey, Andorre et Monaco.
Dans cette bataille politique difficile, vous aurez le soutien de tous les jeunes socialistes, de tous les indignés, de tous les représentants des générations « 600 ou 800 euros » de toute l’Europe qui n’en peut plus.

Nous comptons sur vous, car l’avenir de notre génération en dépend.

L’avenir de notre génération, mais aussi de celles qui viennent.

Renouons avec le rêve français, cette promesse républicaine qui veut que chaque génération puisse vivre mieux que la précédente, cette promesse républicaine qui veut que le mérite plutôt que la naissance détermine votre place dans la société.

Aujourd’hui ce rêve est mis à mal.
Il est mis à mal quand un jeune lycéen aux résultats prometteur n’ose pas dire à ses parents qu’il souhaite faire un BTS à l’autre bout d’un département car il sait qu’ils n’en n’ont pas les moyens.
Il est mis à mal quand une jeune étudiante a toutes les qualités pour réussir mais arrive épuisée à des examens car elle travaille 30H par semaine et que la bibliothèque pour elle n’est jamais ouverte.

C’est pour cela que nous attendons tant de l’ouverture des négociations sur l’engagement 39 du Président : une allocation d’études et de formation pour les jeunes dans le cadre d’un parcours d’autonomie.

Nous savons que tout ne peut pas être fait tout de suite, mais avançons par étape et avec ambition.

Prenons l’engagement de doubler le nombre de boursiers pour 2017.

Augmentons les bourses pour ceux qui ont le moins.

Garantissons une montée en puissance progressive :
200 millions en septembre 2013, 400 en 2014, 600 en 2015, 800 en 2016 pour atteindre l’augmentation de plus de 1 milliard des bourses pour les étudiants avant la fin du quinquennat.

Si nous faisons cela tout en mettant en œuvre les emplois d’avenirs pour les jeunes sans formations, tout en investissant dans une « garantie-jeunes » pour accompagner au sein des missions locales ceux sortis du système éducatif sans qualification. Nous permettrons ainsi à chaque jeune de pouvoir reprendre son avenir en main, de créer, d’innover, de travailler et de participer au redressement du pays.

A ceux qui disent : « on ne peut pas, pas tout de suite, ou alors pas trop vite, c’est la crise », répondons-leur : « justement c’est parce que c’est la crise qu’il faut investir dans la jeunesse ».

C’est parce que c’est la crise que nous devons nous donner les moyens d’obtenir 100% d’une génération qualifiée et 50% à la licence.

Ces moyens, nous les avons.

Oui, il faut remettre en cause la demi-part fiscale pour les jeunes majeurs, et ainsi récupérer plus de 500 millions d’euros, parce que ce mécanisme est profondément injuste.

Est-il normal, que dans notre pays, des parents gagnant 7000€ par mois vont bénéficier de 2050€ de déductions fiscales car ils ont un fils étudiant, alors qu’un jeune boursier à l’échelon 0 ayant des parents qui gagnent 4 fois moins bénéficiera simplement de l’exonération des frais d’inscription à l’université ?

Oui, nous pouvons augmenter les droits de succession, car les plus grandes inégalités dans notre pays ne sont pas des inégalités de revenus mais de patrimoines. Là aussi, nous pouvons récolter 500 millions.

Voilà comment obtenir le milliard qui va nous permettre d’atteindre les 50% d’une classe d’âge à la licence.
Donc d’obtenir les générations les mieux formées de l’histoire de notre Nation.
Donc de nouer un pacte de confiance avec la jeunesse qui ne demande pas l’aumône, mais juste l’opportunité de réussir.

Innover, créer, inventer, penser en permanence, dans chaque action que l’on prend, à là où nous voulons conduire la France, l’Europe et le monde dans les 20 années qui viennent.

Là encore, depuis un an beaucoup a été fait, des mesures ont été engagées.

Banque publique d’investissement, politique de réindustrialisation, développement de l’économie sociale, affirmation de nouveaux modes de production avec l’agro-écologie et de nouveaux modes de distribution avec les circuits-courts : voilà des jalons qui sont déjà posés.

Nous avons aussi renoué avec les appels d’offres dans l’éolien, notamment off-shore ou marée motrice et nous venons de lancer un plan de rénovation du bâti, car nous savons que l’énergie la moins chère est celle que nous ne consommons pas.

Tout cela va dans la bonne direction, mais j’en parlais encore cette semaine avec le Premier ministre : pour ma génération, la question sociale et écologique ne font qu’une.

Que cela soit dans ma Lorraine natale ou sur mes terres du Nord-pas-de Calais nous savons plus que d’autres que ceux qui subissent le plus les pollutions, le dérèglement climatique, qui voient leurs espérances de vies diminuer et les maladies chroniques augmenter, ce sont les classes populaires.

C’est l’ouvrier qui dépend de sa voiture pour travailler qui subit l’explosion du coût de l’énergie, c’est la mère célibataire gagnant à peine le SMIC qui subit la volatilité des prix des denrées alimentaires.

La preuve en est, si cela restait nécessaire, que les déchets nucléaires ne seront jamais entreposés à proximité de beaux quartiers ou en lisière de propriété des dirigeants d’Areva ou d’EDF.

La tâche qui est devant nous est un défi de taille pour ma génération et pour la France.
Comment permettre de réduire drastiquement les gaz à effet de serre ?
Comment permettre de diminuer le chômage massivement, alors qu’il nous faut décarbonner notre économie ?

Enfin, et cet élément ne peut-être ignoré si nous voulons résoudre l’équation qui se pose à nous : comment fait-on pour relancer la machine économique quand, à chaque fois qu’il y a un frémissement de reprise, cela se traduit par une explosion du coût de l’énergie, des matières premières et des minerais rares, sapant cette reprise économique ?

Face à cette équation à multiples inconnues, nous Jeunes Socialistes souhaitons exprimer une double conviction.

Notre première conviction, c’est que la dette climatique est bien plus dangereuse que la dette monétaire.

Quand 88% du déficit de notre balance commerciale est dû aux importations d’énergies et que nous importons pour 50 milliards d’euros de pétrole par an, la meilleure façon d’assurer la compétitivité de notre économie, c’est de garantir notre indépendance énergétique.

C’est pour cela que nous souhaitons investir comme cela n’a jamais été fait dans les économies d’énergies et les énergies renouvelables.
Qui peut penser que c’est normal que le photovoltaïque soit plus développé en Allemagne qu’en France, on ne va pas me dire qu’il y a plus de soleil en Bavière que dans Les Landes.

Le meilleur pacte de compétitivité possible, c’est la transition énergétique.

Nous avons besoin d’investissements dans l’isolation des bâtiments, dans la voiture du futur, dans les transports en commun.

Nous avons besoin d’investissements massifs dans un réseau électrique intelligent où la rencontre des technologies du numériques avec celles des énergies renouvelables permettra à notre pays d’avoir un monde d’avance.

Nous avons besoin d’une fiscalité écologique redistributive avec une contribution climat-énergie pour taxer le bilan carbone des importations, et un tarif extérieur commun activé pour relocaliser nos usines.

Nous les socialistes pouvons inventer cette économie à faible teneur en carbone et à forte teneur en emplois.

Notre deuxième conviction est que dans un monde fini, où l’énergie coûte cher, où les ressources naturelles et les matières premières sont limitées, il ne peut pas y avoir de croissance illimitée.

Mais parce que l’humanité est créative et que le progrès lui est infini, aujourd’hui alors que la croissance est nulle, nous détruisons 150 000 emplois par an du fait des gains de productivité.

C’est cela le progrès : prendre moins de temps pour fabriquer ce dont nous avons besoin, et plus de temps pour ce qui fait le sel de la vie des femmes et des hommes : la culture, les loisirs, les amis, la famille, l’amour.

Et parce que nous ne reviendrons pas à des taux de croissance de 4% sur plusieurs années pour résorber le chômage ; nous devons renouer pleinement avec une conquête historique de la gauche : la réduction du temps de travail.

C’est le rôle de la famille socialiste de poser cette question alors que le gouvernement est en action. Renouer avec la réduction du temps de travail, que cela soit sur l’année avec une 6ème semaine de congés payés, sur la semaine avec les 32H, sur la vie avec la retraite à 60 ans ou sous d’autres formes avec des semestres sabbatiques tous les 3 à 5 ans.

Ouvrons le débat du rapport des socialistes à la croissance, au temps de travail, car c’est en posant les bonnes questions que l’on apportera les bonnes réponses.

Chers amis,

Je souhaite m’adresser à travers vous à la jeunesse de notre pays. A celle qui est en colère et qui espère. A celle qui a le cœur qui bat à gauche, qui ne veut en aucun cas mettre en difficulté le gouvernement mais qui souhaite clairement que cela aille plus loin.

Je souhaite m’adresser aux jeunes qui veulent voir la gauche réussir car nous savons trop bien qui est là en embuscade. C’est le Front National de Marine Le Pen celui qui prétend être pour l’égalité mais qui souhaite dérembourser l’IVG ; celui qui prétend ce soucier des salariés mais qui en sortant de l’Euro va doubler le prix de l’essence et ruiner la France ;
celui qui prétend respecter la laïcité mais qui n’a rien à redire des prières de rues des catholiques intégristes devant des cliniques ou aux portes de l’Assemblée ;
celui qui prétend respecter la République mais qui avec la « préférence nationale » porte atteinte à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.
Bref, ce Front National en embuscade, il est fidèle à son histoire. Celle de l’extrême droite sexiste, xénophobe, anti-laïcité, anti-égalité et qui cultive la peur des autres.
Comme vous je vois bien ce péril monter, et je sais qu’il n’y a pas de salut sans réussite de la gauche et sans union de la gauche.

Agissons parce que nous avons conscience de la gravité du moment mais aussi parce que nous savons la force de nos espérances.

Alors oui, je tiens à m’adresser à vous, car les larmes qui ont coulé sur nos joues le soir du 6 mai, elles avaient un goût sucré et nous avions l’intime conviction que nous pouvions déplacer des montagnes.

Ces larmes au goût sucré ont coulé à nouveau, il y a une semaine à peine, quand la loi sur le mariage et l’adoption pour tous les couples a été adoptée.

Cette loi, c’est aussi votre conquête. Celle de Jeunes Socialistes qui en 1994 portaient le combat pour l’union civile quand tant, même à gauche, hésitaient sur le Pacs. Celle de jeunes socialistes qui de 2002 à 2007 se sont employés à convaincre d’abord chez les socialistes de l’utilité du mariage pour tous avant de le porter dans la société.

Jeunes de France, certains combats mettent quelques mois à être remportés, d’autres mettent des années, mais une chose est sûre, c’est que nous faisons toujours avancer la gauche, la France et le monde en les menant.

Alors ne demandez jamais l’autorisation à quiconque d’accomplir ce en quoi vous croyez.

Si vous pensez qu’il n’est plus tolérable d’accepter une telle pauvreté dans une société d’une telle abondance, alors continuons de porter l’augmentation des salaires avec le passage immédiat au SMIC à 1500 € brut.

Si vous pensez que dans une République des égaux, il n’y a pas de place pour le sexisme, alors continuons de lutter contre les violences faites aux femmes, les écarts de salaires et portons le service public de la petite enfance.

Si vous pensez que ce n’est pas acceptable que des femmes et des hommes vivent dans notre pays sans titre de séjour à la merci des mafias et des patrons-voyous, alors portons la régularisation des travailleurs sans-papiers.

Si vous pensez que la République ne peut pas accepter de discriminations en son sein, et qu’elle doit les combattre sans relâche, alors portons l’attestation de contrôle d’identité.

Si vous pensez que notre République doit être exemplaire et que les socialistes doivent donner l’exemple, alors portons le non-cumul des mandats dès 2014.

Le réel ne doit jamais restreindre l’idéal, et la gauche n’a rien à gagner à restreindre le champ des possibles.

Chers amis,

Il n’y a rien que nous ne pouvons accomplir.
Il n’y a rien à craindre, sauf la crainte elle-même.

Nous sommes la génération du 6 mai, nous sommes la Génération Changement.

Rien ne nous arrêtera si nous le voulons, rien ne nous arrêtera si nous nous engageons.

Et si nous continuons de faire vivre l’idéal qui nous porte, si nous continuons à faire entendre les mots d’égalité, de liberté, de fraternité, alors la France sera plus grande, plus forte.
Alors nous pourrons dire : « le rêve français, nous n’y avons pas seulement cru, nous l’avons réalisé ».

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